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Culture

Umberto Eco, l'autre bataille contre le fanatisme

Par L'Economiste | Edition N°:4714 Le 23/02/2016 | Partager
L'écrivain et philosophe s'éteint à l'âge de 84 ans
Le «Nom de la Rose», une consécration mondiale traduite en 43 langues

Tous les hommages qui sont rendus à Umberto Eco dressent le portrait d’un homme engagé, aussi bien dans son enseignement à l’université de Bologne que dans ses prises de position publiques
(Ph. AFP)

«Telle est la magie des langues humaines, que par un humain accord elles signifient souvent, avec des sons identiques, des choses différentes»... «ce sont les inquisiteurs qui créent les hérétiques».... «J'ai l'impression que l'enfer c'est le paradis regardé de l'autre côté.»... et bien d'autres citations du célèbre roman d'Umberto Eco, «le Nom de la Rose», qui vient de tirer sa révérence. Ce thriller médiéval, traduit en 43 langues, a été une révélation mondiale. Sorti en 1980, le roman a été adapté au cinéma en 1986 par Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle du frère Guillaume de Baskerville, l'ex-inquisiteur chargé d'enquêter sur la mort suspecte d'un moine dans une abbaye du nord de l'Italie. Umberto Eco plante son histoire au cœur de l'obscurantisme religieux et doctrinal, à l'époque des grandes hérésies et des plus grandes heures de l'inquisition.
 Ce livre qui, tout en possédant un ancrage historique, aborde des problématiques qui traversent les siècles et que nos sociétés vivent aujourd'hui: le fondamentalisme, le rapport à l’interdit... Eco aborde aussi le thème du rire, longtemps problématique dans le monde chrétien et sur lequel s’interrogent les milieux universitaires et monastiques. Le rire aussi comme une arme contre l'oppression, hier comme aujourd'hui. «Le devoir de qui aime les hommes est peut-être de faire rire de la vérité, faire rire la vérité, car l'unique vérité est d'apprendre à nous libérer de la passion insensée pour la vérité», écrit-il. Ce pionnier de la sémiotique  (la science des signes) et théoricien du langage était un universitaire, linguiste et philosophe. Il a enseigné dans plusieurs universités, en particulier à Bologne où il a occupé la chaire de sémiotique jusqu'en octobre 2007, date à laquelle il a pris sa retraite. Après Le Nom de la rose, il a notamment écrit Le Pendule de Foucault (1988), L'île du jour d'avant (1994) et La mystérieuse flamme de la reine Loana (2004). Son dernier roman, Numéro zéro, publié en 2014 est un polar contemporain centré sur le monde de la presse. «Professeur surdoué, «vulgarisateur génial», «érudit le plus célèbre du monde»: les qualificatifs, selon les connaisseurs,  ne sont pas exagérés.
Tous les hommages qui lui sont rendus dressent le portrait d’un homme engagé, aussi bien dans son enseignement à l’université de Bologne que dans ses prises de position publiques. Celui pour qui l'écriture était «un jeu d'enfant qu'il ne prenait pas au sérieux», laisse derrière lui un colossal  héritage. o
S.J.

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