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Finances-Banques

Chris De Noose: «Les taux bas sont nuisibles à l’épargne»

Par L'Economiste | Edition N°:4714 Le 23/02/2016 | Partager
Les épargnants poussés à revoir leur stratégie
Le contexte actuel pèse sur les revenus de la banque de détail

Chris De Noose, directeur général de l’Institut mondial des Caisses d’Epargne et banques de détail: «Les taux anormalement bas, et ce pendant une longue période, nous inquiètent. C’est une situation qui est nuisible à l’épargne, et surtout l’épargne à long terme»  (Ph. L’Economiste)
 

La petite forme de la banque de détail n’est pas seulement le problème des établissements de crédit marocains. L’environnement de taux bas pèse sur les revenus de cette ligne de métier dans les établissements européens notamment. «Les taux anormalement bas pendant une longue période nous inquiètent», confie Chris De Noose, directeur général de l’Institut mondial des Caisses d’Epargne et banques de détail (WSBI). Pour les membres de WSBI, les situations sont différentes selon les pays. L’institution, qui a tenu dernièrement à Marrakech le Forum des Caisses d’Epargne postales, regroupe plus de 100 membres dans 80 pays. Elle a entre autres pour mission de favoriser l’inclusion financière dans les pays d’intervention de ses membres. La rencontre de Marrakech a donné lieu à la création du groupe Mena qui sera présidé par Al Barid Bank. Sa principale tâche sera de coordonner les efforts des différents membres de WSBI dans la région pour y renforcer l’inclusion financière.

- L’Economiste: WSBI regroupe plusieurs institutions. Quelle est la situation financière de vos membres?
- Chris De Noose: La santé financière de nos membres dépend bien entendu de plusieurs facteurs, dont le contexte macroéconomique, le poids de la régulation et de la supervision. Comme nous avons 110 membres dans 80 pays, il y a beaucoup de situations différentes. Mais je peux vous dire que nos institutions se battent chaque jour pour gagner et garder la confiance des clients et optimiser par ce biais, la rentabilité.

- Vous semblez très inquiet pour 2016 et 2017 en raison de l’environnement de taux bas...
- Les taux anormalement bas, et ce pendant une longue période, nous inquiètent effectivement. C’est une situation qui est nuisible pour l’épargne, et surtout l’épargne à long terme. Elle pèse aussi sur les marges bénéficiaires des banques qui vivent de la différence entre le taux de rémunération de l’épargne et le taux d’intérêt sur les crédits. Nos membres sont spécialisés dans ce métier de la banque de détail et sont donc bien plus impactés que les banques d’investissement qui tirent leurs profits surtout des activités de marché.

- La régulation a beaucoup changé depuis 2008 à tel point que vous parlez de tsunami. Les banques ont-elles suffisamment tiré les leçons de la crise?
- Nous n’avons pas eu à tirer des leçons de la crise puisque ce ne sont pas les banques de détail qui l’ont provoquée. Et dès lors, nous estimons que la régulation nous touche injustement et bien plus fortement que les institutions qui ont un profil de risque plus élevé.

- Ce point de vue est-il unanime au sein de vos membres?
- Il y a un consensus sur les objectifs stratégiques de lobbying au sein de WSBI. Nous sommes une association de banques qui sont actives au niveau local et régional et nous estimons que la régulation et la supervision doivent prendre en compte l’ancrage local et les spécificités régionales. Nous ne favorisons pas l’uniformité des règles, bien au contraire.

- L’une de vos missions est de favoriser l’inclusion financière. Quel est le dialogue avec les régulateurs, surtout sur les marchés très étroits?  
- Le dialogue avec les régulateurs se passe très bien. Depuis plusieurs années, les autorités se rendent en effet de plus en plus compte de l’importance de l’inclusion financière non seulement pour l’individu, pour la cohésion sociale  mais également pour le développement macroéconomique du pays.

- Quels principaux blocages à l’accès aux services financiers relevez-vous dans la région Mena?
- Je dirais qu’un des défis est d’atteindre les populations qui vivent dans les zones rurales. Un réseau de distribution dans des zones peu peuplées représente évidemment un coût non négligeable. Il y a aussi le défi de la technologie, qui peut diminuer les coûts, mais qui ne peut pas faire disparaître la relation humaine qui doit rester le point d’ancrage de la relation avec le client. Enfin, il y a la régulation qui doit protéger le consommateur mais qui ne doit pas étouffer l’initiative économique ni l’innovation.
Propos recueillis par Franck FAGNON
 

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