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Analyse

Tourisme
Pourquoi le plan Azur réduit la voilure

Par L'Economiste | Edition N°:4714 Le 23/02/2016 | Partager
Saïdia, Taghazout, Lixus… les stations redimensionnées
Bientôt des low cost sur Ouarzazate et Agadir

Dès le départ, les concepteurs du plan Azur étaient trop ambitieux. La conjoncture difficile l’a prouvé. De plus, l’erreur aura été de vouloir tout faire:  la conception, l’aménagement-développement, la commercialisation, l’animation… Saïdia en a payé les frais (Ph. L’Economiste)
 

«Bientôt des compagnies low cost avec des vols sur Ouarzazate, Agadir… à partir de destinations comme la Russie, l’Allemagne, l’Europe centrale, l’Europe du Nord…», annonce Lahcen Haddad, ministre du Tourisme. Même s’il y a des lignes qui ne remplissent pas, les retombées économiques de ce choix seront importantes pour les villes et régions ciblées. Au lendemain de la nomination de Hamid Addou à la tête de la RAM, Lahcen Haddad estime que la compagnie nationale devra consentir encore plus d’efforts pour faire jouer le maximum de synergies possibles avec les opérateurs du tourisme. D’autant plus que le tout nouveau PDG de la RAM est un ancien DG de l’ONMT, qui est conscient des attentes de la corporation du tourisme et des principales villes en termes de transport aérien. «La RAM doit travailler en bonne intelligence et faire jouer des synergies avec le secteur», soutient le ministre. Pour y arriver, il va falloir, estime Lahcen Haddad, commencer par revoir le contrat-programme qui lie la compagnie nationale et l’Etat et qui limite le champ d’actions de la RAM envers le secteur du tourisme. «Nous sommes en train de réfléchir avec les professionnels du secteur et des tour-opérateurs pour voir la possibilité de créer une ou deux compagnies low cost avec une petite flotte», annonce le ministre. Lahcen Haddad n’exclut pas de monter des opérations avec Air Arabia: «C’est tout à fait légitime  de travailler avec une compagnie nationale comme Air Arabia qui a beaucoup d’ambitions». Aux yeux de Lahcen Haddad, il y a tellement d’exemples à l’international qui ont fait leurs preuves dans l’aérien. C’est notamment le cas d’Egypt Air avec les compagnies low cost, de Transavia avec Air France ou encore le modèle turc avec British Airways et d’autres compagnies avec de toutes petites flottes.

Sur un tout autre registre, l’heure est à la diversification du produit, la durabilité, l’accélération et la redynamisation des investissements, le redimensionnement du plan Azur, le recadrage de la Vision, la mise en place d’un fonds de garantie… Autre chantier prioritaire, l’apurement de l’encours des crédits en souffrance. «Ce sont pour la plupart des crédits consentis depuis 2008-2009. Aujourd’hui, il faut dynamiser l’investissement». 400 millions de DH peuvent générer quelque chose comme 13 à 14 milliards de DH d’investissements. Les opérateurs attendent la mise en place d’un fonds de restructuration pour régler tous les problèmes de projets ou hôtels qui ont des difficultés de financement. «Le fonds de restructuration devra donner plus de visibilité aux investisseurs et régler des problèmes de projets en souffrance… Ce sont essentiellement des hôtels à Saïdia, Taghazout, Ouarzazate,  Marrakech, Agadir…», annonce le ministre. Le fonds de restructuration devrait assainir quelques projets au cas par cas pour donner plus de visibilité.  Sur le chantier des stations balnéaires, la priorité est de lancer Taghazout (dans le Souss). Le démarrage est prévu entre 2017 et 2018. Pour Lahcen Haddad, la station Taghazout n’a pas de problème. Le chantier est bien avancé: «la station Taghazout n’est plus en retard. Il y a un hôtel et un golf qui sont prêts. Un autre hôtel est en construction». En revanche, sur la station Lixus (Larache), il y a effectivement du retard compte tenu des problèmes rencontrés par le groupe Alliances. «J’ai demandé à Alliances de redimensionner ses programmes ou de trouver un repreneur. Autrement, nous chercherons un nouvel entrant, un investisseur marocain ou étranger. Toutes les options restent ouvertes», confie le ministre.

Sur la station pilote du plan Azur, Saïdia (l’Oriental), la capacité est de l’ordre de 6.000 à 7.000 lits. Six ans après le lancement de cette première station partie ex nihilo dans l’Oriental, le concept ne prend pas encore à cause justement de la saisonnalité et d’une offre mal animée et surtout une forte dominance de la composante  immobilière. Le hors-site et l’arrière-pays ne sont pas encore connectés à la station. S’y ajoutent des problèmes liés à l’assainissement (des odeurs), au commerce, à la connectivité, au désenclavement aérien… «Nous sommes en train de travailler sur le site de Saïdia. Nous venons de régler  le problème de l’assainissement, il n’y a plus d’odeurs. Nous avons redimensionné la Marina. Nous sommes en train de construire deux autres hôtels, un aquaparc… La médina a été transférée de la SAS. Nous ne voulons pas communiquer sur Saïdia, tant que nous n’avons pas tout finalisé», soutient Lahcen Haddad.  Six ans après le lancement du plan Azur, le ministre de tutelle reconnaît que les concepteurs étaient «trop ambitieux». S’y ajoute une conjoncture économique des plus difficiles, qui a brimé l’élan des arrivées et des investissements.

2 à 3 stations pour commencer

Tous les experts s’accordent à dire que la première mouture du plan Azur  manquait d’expertise en matière de conception, de taille, de capacité, d’aménagement… «L’on ne peut pas faire à la fois dans la conception, l’aménagement-développement, l’animation… et prétendre maîtriser l’ensemble», analyse un ancien membre de l’Anit (Association  nationale des investisseurs touristiques). Pour sortir de cette impasse, la tutelle a décidé de revoir l’offre, de manière à réduire la voilure du plan Azur. «Nous avons décidé de redimensionner l’offre, en allant plutôt vers 2 ou 3 stations. Le reste sera programmé pour les moyen et long termes», annonce Lahcen Haddad.

A. R.
 

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