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Analyse

Valorisation de la biomasse de l’olivier
Le Maroc sur les traces de l’Espagne et l’Italie

Par L'Economiste | Edition N°:4710 Le 17/02/2016 | Partager
La gestion environnementale et la valorisation des co-produits…une priorité
Comment la filière entame sa transition stratégique

Les surfaces plantées d’oliviers sont en constante progression. Au niveau national, le Plan Maroc Vert prévoit, dans 5 ans, une surface totale de 1,2 million d’hectares
 

Alors que le Maroc prépare la COP22, prévue en novembre, l'exploitation de matières premières disponibles, comme la biomasse ou la gestion de déchets agro-industriels sera la condition sine qua non pour concevoir un plan de production  durable. Telle est la conviction des experts de l’Agro-pôle olivier ENA de Meknès qui veulent innover, développer, et promouvoir les bonnes pratiques de durabilité ainsi que les énergies renouvelables. Dans ce centre de recherches, l’intérêt s’est porté sur les volets «procédés, produits et co-produits» de l’olivier. Ils se penchent actuellement sur la valorisation de la biomasse pour la production de l’énergie. L'objectif du projet est la recherche et la dynamique de systèmes d'économie circulaire, basse en carbone et en combinaison industrielle pour une meilleure exploitation de ressources, plus efficace.  «Notre point de départ pour cet ambitieux  programme concerne les acquis et les expériences étrangères (espagnoles et italiennes) en matière de valorisation des sous-produits de l’olivier pour la protection de l’environnement et la production de l’énergie.

L’évaluation et les opportunités de valorisation de gisement disponible de la biomasse de l’olivier de Meknès et sa région, est aussi notre objectif principal», souligne Noureddine Ouazzani, directeur de l’Agro-pôle olivier. Selon lui, «ces dernières années, de nouvelles technologies ont fait leur apparition au niveau international en matière de trituration des olives dans le but d’accélérer le rythme de transformation, de maximiser le taux d’extraction de l’huile et surtout d’améliorer la qualité de l’huile d’olive». Ces technologies de trituration  ont donné la possibilité de développement de nouvelles technologies de valorisation énergétiques des résidus agro-industriels. Ainsi, dans la région de l’Andalousie, à titre d’exemple, les résidus agricoles issus de l’olivier, des serres ou des vignobles sont très importants.

En témoignent ses 18 usines de biomasse, en plus de 17 autres installations de biogaz situées dans les décharges et dans les stations d'épuration d'eaux résiduelles. Grâce à ces équipements, le potentiel de biomasse de l’Andalousie avoisine les 4.000 kilotonnes-équivalent pétrole par an. «Les technologies de cogénération et de gazéification permettent de transformer la biomasse de l’olivier en énergie renouvelable (une unité de gazéification consommant 1.500 T de grignons et produisant 100 Kw électriques et 160 Kw thermiques)», précise Ouazzani. «Le Sud de l’Espagne est en tête dans l'utilisation de biomasse thermique, avec un recensement (septembre 2015) de 26.372 installations qui représentent une puissance thermique installée de 1.589,5 MW, et compte quatorze fabriques de granules/pellettes», argumente-t-il d’après diverses publications locales, sur le projet de l'Andalousie. «C'est également la première région en matière de production de biocarburants, avec onze centrales opérationnelles, sept de biodiesel, deux de ETBE et deux d'hydrobiodiesel», selon la même source. Au Maroc, la filière oléicole vit une phase transitoire avec la cohabitation de systèmes traditionnel, semi-moderne et moderne. Ces techniques et technologies imposent des défis d’ordre environnemental à relever, particulièrement pour les margines, les grignons humides et même, les résidus liquides des unités de trituration. Notons que l’olivier et les sous-produits dérivés de sa culture (élagages, feuilles, tourteaux, olive et noyau) constituent la principale source de biomasse. Ils pourront être utilisés afin d’obtenir des combustibles de chaleur élevée.

De plus, les nouvelles orientations stratégiques de la filière oléicole, mises en place par le ministère de l’Agriculture, encouragent la transition. «Elles répondent à une oléiculture moderne respectueuse de l’environnement», affirme Ouazzani. Selon lui, l’enjeu pour la filière oléicole marocaine est double puisqu’il lui faut à la fois convertir et moderniser les unités de trituration en faisant appel aux innovations technologiques et mettre en œuvre des plans de gestion environnementale et de valorisation des co-produits de l’olivier. Ceci étant, le process de trituration avec ses différents systèmes (traditionnel, semi-moderne, système à 2 phases ou à 3 phases) génère des sous-produits, à savoir les margines et les grignons, qui représentent des problèmes potentiels pour l’environnement ou pour la collecte et la gestion (pollution des cours d’eau, nappe phréatique, réseau public d’assainissement, transport, etc.).

 Si, généralement, le traitement des grignons issus des systèmes à presse et à 3 phases ne pose pas de problèmes, vu leur valorisation industrielle pour l’extraction des huiles qu’ils contiennent, et l’élaboration des substrats solides utilisés comme combustibles, le problème des margines et des grignons humides est toujours d’actualité et de manière inquiétante au Maroc. Pour l’éradiquer, la valorisation constitue une solution de durabilité.

L’expertise européenne

Dans le domaine de la valorisation des sous-produits de l’olivier, l’expertise européenne est remarquable. «Le secteur de trituration en Italie, à titre d’exemple, est caractérisé à 90 %, par le système 3 phases, quasiment 85% des margines sont épandues sur les terres agricoles comme engrais, et 10% utilisées pour compostage», constatent les experts de l’Agro-pôle olivier. Aussi, les lois italiennes autorisent-elles l’épandage des grignons humides issus du système 2 phases sur les terres agricoles. De leur côté, les espagnoles, avec un secteur de trituration à 99% en système 2 phases, proposent la valorisation énergétique des sous-produits/biomasse de l’olivier (grignons épuisés, noyaux et bois de taille). C’est l’innovation la plus recommandée pour les sous-produits du système 2 phases. Elle est considérée comme le point fort de la filière oléicole espagnole, où la biomasse est estimée annuellement à 600.000 tonnes équivalent pétrole (20% des besoins de l’énergie en Andalousie).

Youness SAAD ALAMI

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