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Société

Prévention du suicide des ados
L’ONG Sourire de Reda lance sa campagne 2016

Par L'Economiste | Edition N°:4698 Le 01/02/2016 | Partager

Xénia Halmov, spécialiste en formation des équipes intervenant en situation de crise suicidaire au Québec. Depuis 2012, elle intervient auprès de l’association «Sourire de Reda»

Créée il y a 7 ans, Sourire de Reda est la première association au Maroc qui intervient dans la prévention du suicide des adolescents. Dans un premier temps, l’ONG a monté «Stop silence», un chat anonyme et gratuit. Parallèlement, des campagnes de sensibilisation grand public et des actions de prévention sur le terrain essentiellement ciblées vers les jeunes ont été mises en place. Depuis 2012, Xénia Halmov, spécialiste en formation des équipes intervenant en situation de crise suicidaire au Québec, vient donner des formations bien spécifiques sur l’évaluation de la gestion et du risque suicidaire. Dans le cadre du lancement de la campagne 2016, qui débutera le 5 février, l’association l’a de nouveau invitée.

- L’Economiste: Comment prévient-on le suicide?
- Xénia Halmov: La prévention du suicide repose d’abord sur le fait de savoir détecter les signes de détresse. L’écoutant doit apprendre à  déceler ces signes révélateurs et pouvoir vérifier si cette personne pense au suicide. Il faut savoir qu’une personne dans cette situation est ambivalente. Il y a une partie d’elle qui veut mourir, mais il y a aussi une autre qui veut vivre. Elle voudrait juste que sa vie soit meilleure.
- Alors, quels sont les signaux de cette envie suicidaire?
- Il faut surveiller les changements de comportements. Par exemple, on dira à un adolescent de signaler quelqu’un qui maigrit, qui est cerné, pour qui ça ne va pas à l’école ou ailleurs aussi. L’isolement est un signe de détresse. Le sommeil est également un indicateur, certains dorment beaucoup ou pas du tout. Les signes de la dépression sont également à relever. Ce ne sont d’ailleurs pas toujours des signes classiques. Certains jeunes feront plus le clown, ils se mettent des masques. Ils peuvent aussi envoyer des messages vagues comme «je n’en peux plus», «la vie ne vaut pas la peine», «vous allez être mieux sans moi»… Ces messages indiquent qu’il est important pour l’écoutant de vérifier si la personne pense au suicide. Ensuite, il faut vérifier si elle a un plan suicidaire (où, quand, comment…). Il faudra à ce moment mettre l’accent sur la partie qui veut vivre. Pour l’aider, il faut l’amener à voir les bons côtés et les raisons de vivre.
- Comment en vient-on à se suicider?
- Cela peut être dû à une série d’épreuves ou encore de pertes induites par des symptômes de troubles mentaux. Quand le problème s’installe, la personne cherche des solutions. Seulement, moins les solutions fonctionnent, plus l’état de crise s’amplifie et plus la capacité à trouver des solutions diminue. Le suicide est alors perçu comme la seule façon d’arrêter de souffrir. On dit qu’une personne qui se suicide est celle dont les facultés sont affaiblies par la souffrance. Dans le cas de personnes impulsives, le processus peut se passer très vite. Il est important de disposer de plusieurs stratégies d’adaptation. Les gens qui ont grandi dans un cocon seront moins bien outillés devant l’adversité. Au niveau de l’éducation, il faut apprendre aux jeunes à développer leur répertoire de stratégies afin de pouvoir mieux s’adapter.
- De quelle façon opère un écoutant au sein de «Stop silence»?
- L’écoutant communique avec le jeune par chat. Il faut d’abord qu’il établisse un lien de confiance avec lui. Ensuite, il faut prendre connaissance de ce qui fait souffrir ce jeune puis vérifier s’il pense au suicide, si c’est très urgent et même s’il est en train de passer à l’acte. Il faut vérifier les facteurs de risque. Lorsque nous nous assurons qu’il n’y a pas de danger immédiat, à ce moment là, nous allons travailler sur son ambivalence en lui montrant qu’il a des forces, des qualités, des ressources en lui, et autour de lui et en l’encourageant à les utiliser.
- Comment se déroulent vos formations au Maroc?
- Une partie de la formation est basée sur l’écoute de façon générale. Comment écouter, accueillir, poser les questions tout en restant chaleureux. Savoir quand poser les questions sur le suicide, évaluer l’urgence, ramener l’espoir… Cette fois-ci, par exemple, j’ai dispensé une formation en deux temps sur deux week-ends et j’ai accompagné les écoutants durant des écoutes réelles ou fictives pour mettre en pratique des techniques afin qu’ils intègrent la façon de travailler. Au cours de l’année, nous ferons de la formation continue par Skype.

Propos recueillis par Aïda BOUAZZA

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