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Economie

Sécheresse atmosphérique et inondations en alternance…

Par L'Economiste | Edition N°:4698 Le 01/02/2016 | Partager
Une situation probable pendant au moins 30 ans!
Agriculture: il faut revoir le mode de gestion de l’eau

Mohammed-Saïd Karrouk: «Globalement, la sécheresse comme la pluie ne se présentent plus de la même manière. Les mécanismes ont changé»
 

Tout un débat est soulevé sur les enjeux du changement climatique actuel. Du fiasco de Copenhague à la réussite du Paris pour la COP21, un seul discours revient à l’esprit: il y a urgence car le réchauffement  climatique menace la  planète. Mohammed-Saïd Karrouk, professeur de climatologie à l’Université Hassan II à Casablanca et membre du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), révèle dans cet entretien ses prédictions pour le Maroc. Le climatologue résume la situation en une sécheresse atmosphérique avec des inondations en alternance fort probables. C’était le cas en 2015 et début 2016 où plusieurs régions ont connu des températures dépassant les 40 °C. En août, de fortes précipitations ont été enregistrées notamment à Marrakech. Il faut donc bien s’attendre à tous les extrêmes.

- L’Economiste: Le Maroc est-il menacé par le changement climatique?
- Mohammed-Saïd Karrouk: Les scientifiques ne parlent plus de changements climatiques, mais du climat qui a changé, c’est différent. J’opte, pour ma part, pour l’option du nouveau climat par rapport à la manière dont nous évoluons. Ce nouveau climat est défini par la hausse de la température stockée dans les océans. Le réchauffement des mers reste un bon indicateur du réchauffement climatique. La planète continue à se réchauffer y compris au Maroc qui a vécu une période de sécheresse dans les années 1980-1990. L’est et le sud-est du Royaume sont des régions où la hausse des températures devra sévir.
- Faut-il envisager des scénarios catastrophes? Si oui, lesquels?
- Nous vivons dans une situation de sécheresse. Le nouveau climat a évolué vers une circulation atmosphérique dans nos régions. Elle a d’ailleurs changé en devenant plus méridienne que zonale. En clair, la chaleur qui vient du sud pousse vers le nord, ce qui crée une onde positive chaude (qui a été palpable en Afrique du Nord, mais aussi en Europe de l’Ouest). Puis une onde négative froide (situation vécue en Turquie, dans les Balkans et même au Moyen-Orient avec de la neige à l’horizon). Les travaux récents confirment les relations étroites entre circulation atmosphérique et évolution globale du climat. Le nouveau climat est caractérisé dans nos régions par cette alternance de la chaleur et du froid.  Dans ce cas, il faudrait s’attendre à de fortes pluies, voire des inondations. Le climat actuel risque de se poursuivre pendant au moins trente ans.
- Comment optimiser la gestion de l’eau?
Je ne suis pas sûr que le Maroc va manquer d’eau! Je sais qu’il y a un nouveau cycle et une nouvelle distribution de cette ressource, mais elle ne sera pas rare. Il faut traiter la question à plusieurs niveaux. La ressource d’une part, puis l’écoulement d’autre part. A part la question des ressources, c’est la gestion qui pose problème surtout à l’agriculture. Il y a la gestion des barrages également.
- Quelles solutions voyez-vous pour sauver la campagne agricole actuelle?
- Le calendrier agricole, la culture, la manière avec laquelle  nous traitons l’agriculture … sont autant de phénomènes à prendre en compte. Il n’y a pas que l’eau ou la température. C’est vrai que les exploitants de céréales et les éleveurs se plaignent. Mais la question qui se pose, si nos barrages sont pleins à plus de 60%, pourquoi les agriculteurs n’en profitent pas? Selon plusieurs études, 85% de l’eau est utilisée pour l’agriculture. Les 15% qui restent sont consommés par le tourisme, l’industrie et l’utilisation ménagère.
- Quelle évaluation faites-vous du plan Maroc Vert?
- C’est un plan qui imagine le Maroc comme une grande ferme. Mais à mon avis, il n’a pas réservé de place ni pour l’agriculteur, ni pour sa famille, ni pour le secteur lui-même, ni pour l’évolution future de l’agriculture. Il faudrait le mettre en débat.
Le secteur doit être structuré dans une politique globale du pays tout en prévoyant des périodes de crise et des plans pour agir.

Phénomène El Niño

Le phénomène El Niño a participé à la hausse de la température cette année. Face à El Niño, il y a des sécheresses au Maroc. Quand il y a La Niña (se caractérise par des températures de surface de la mer anormalement basses), il y a des inondations. Statistiquement, au Maroc il y a eu 50% des années sèches (jusqu’aux années 90) et sur les 50% qui restent, nous avons vécu des années normales, moyennes et excédentaires, selon le climatologue.

Propos recueillis par Fatim-Zahra TOHRY

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