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Evénement

Agriculture: Dans la Chaouia, rien ne va plus

Par L'Economiste | Edition N°:4698 Le 01/02/2016 | Partager
Vers une récolte en dessous de la moyenne
La région connaît une année de sécheresse sur trois
Le Plan Maroc vert jugé insuffisant

Ils ont perdu le sourire. Et, du coup, aussi l’optimisme qu’ils affichaient il y a encore deux mois. Les agriculteurs de la

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Chaouia n’ont plus aucun espoir de réaliser une récolte du niveau de celle de la saison 2014-2015. La production céréalière de la région avait alors dépassé les 110 millions de quintaux.  
En effet, l’absence de pluies et l’irrégularité des précipitations a eu un effet négatif sur l’ensemble des cultures. Le déficit pluviométrique a atteint son plus bas niveau. Résultat: toutes les cultures d’automne sont affectées. Les champs qui, en principe et avec des pluies régulières devaient être verts, ont pris aujourd’hui un teint jaunâtre à cause du soleil et de la gelée matinale. Face à cette situation, de nombreux fellahs ont choisi de lâcher leur bétail dans leurs champs. Au moins que les premières pousses d’orge, de blé dur ou de blé tendre servent à nourrir les bêtes.
Ce manque de pluies n’augure rien de bon sur la croissance de cet exercice quand on connaît le poids de l’agriculture dans l’économie régionale. L’influence de ce secteur sur l’organisation macro-géographique du territoire est considérable. Toutefois, le paysage agricole de la région est diversifié et dispose, malgré certaines contraintes, d’atouts qui méritent d’être valorisés pour éviter de revivre les mêmes scénarios catastrophes à chaque fois que la pluie se fait désirer.
Ceci étant, les principales caractéristiques de l’agriculture dans cette région sont très variées. D’abord, une population agricole attachée à l’exploitation traditionnelle: plus de 8 exploitants sur 10 (soit 84% exactement) résident sur place. Ensuite, une superficie agricole utile (SAU) considérable: 13% de la superficie agricole utile nationale, soit environ 960.000 hectares. Celle-ci est répartie de façon inégale dans l’espace: 62% de la surface est concentrée dans la province de Settat et des exploitations relativement étroites à cause de la parcellisation des terres (avec une moyenne unitaire qui oscille entre 7 et 12 ha dans 67% des communes rurales). L’irrigation est fortement limitée: elle ne couvre que 3% de la surface agricole utile, soit seulement 28.800 hectares. Enfin, la céréaliculture est prédominante, représentant 80% des cultures dans la région.
A cela, il faut ajouter un système de production dominé par trois types d’activités: le blé, l’orge et l’exploitation des parcours. Et aussi une mécanisation des exploitations qui reste insuffisante dans une région à dominante agricole.
On le sait, l’essentiel des risques qui pèsent sur la production agricole au niveau de la région est d’origine climatique. En effet, les changements climatiques limitent les ressources hydriques et accentuent l’effet des aléas pluviométriques avec des probabilités de périodes de sécheresse. Il a été démontré que la région Chaouia-Ouardigha connaît une année de sécheresse sur trois. Les précipitations accusent des fluctuations interannuelles avec des variations allant de 33% à 35%. C’est le cas actuellement à mi- saison.
La région ne manque cependant pas de ressources en eau. Les apports pluviométriques sont estimés à près de 7 milliards de mètres cubes par an. Le barrage Al-Massira (35 km au sud-est de Settat) compte parmi les plus grands au Maroc et en Afrique avec une capacité de retenue de 2,8 milliards m3. Mais, la région n’en profite pas autant (ou pas du

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tout) que pouvaient l’espérer les agriculteurs.
L’état de l’agriculture dans la région met donc en relief un système de production traditionnel qui tend à se limiter exclusivement aux potentialités de l’exploitation. Cela dénote de l’absence d’une vision intégrée pour le développement de ce secteur. Et ce malgré les apports du Plan Maroc vert jugés insuffisants par les fellahs d’une région à fort potentiel agricole.
C’est ce qui fait dire à de nombreux agriculteurs que l’effort doit être dirigé vers l’objectif d’assurer une bonne production malgré les aléas climatiques et les caprices de la météo. Cela reste du domaine du réalisable notamment par la remise en question de la vocation traditionnelle de l’agriculture dans cette région par le biais d’une réduction de la suprématie de la céréaliculture en bour. Autrement dit, encourager l’irrigation par tous les moyens (goutte-à-goutte, pivots, canaux d’irrigation…).
Chaouia-Ouardigha dispose également de 159.000 ha de forêts naturelles à base de chêne liège (10,8% du national), de thuya (2,7% du national) et de chêne vert (1% du national), en sus des reboisements en feuillus et résineux (43.000 ha de superficies soit 7% des reboisements recensés à l’échelle nationale). Néanmoins, ce potentiel se trouve dans un état de forte dégradation due à la surcharge animale, voire à l’extension d’une céréaliculture aléatoire pratiquée sur les meilleurs sites pastoraux.

 

Agro-industrie

Elles sont plus de 130 entreprises agro-industrielles qui sont en activité dans la région. Elles représentent 38% du tissu industriel et 14% de l’emploi industriel de la région. La filière réalise 255 millions de DH à l’export de produits provenant de la région. La production se monte à 2,5 milliards de dirhams, soit l’équivalent de 28% de la production industrielle régionale. Les produits phares du secteur agroalimentaire sont les céréales, la viande rouge, la volaille, la charcuterie, les boissons, l’huile de table, le lait et ses dérivés.

Jamal Eddine HERRADI

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