Economie

Pourquoi la clémentine est non grata sur le marché US

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4693 Le 25/01/2016 | Partager
Une cargaison refoulée pour présence de la mouche blanche
Premier incident grave depuis 1991

Depuis vendredi dernier, l’export des agrumes est suspendu provisoirement à destination des Etats-Unis. A l’origine, le refoulement d’une cargaison de clémentine pour présence de larves de la mouche blanche (cératite). Du coup, «les livraisons qui ont reçu le connaissement à partir du 21 janvier seront interdites d’entrée sur le marché américain», confirme Ahmed Bentouhami, DG de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA). Mais Bentouhami se veut rassurant: «Le retour à la normale sera bientôt effectif». Des assurances ont été obtenues lors d’une réunion par visioconférence tenue jeudi 21 janvier avec les autorités sanitaires américaines. «Aucune transgression aux protocoles de contrôle adoptés conjointement par les deux autorités phytosanitaires marocaines et américaines n’ayant été constatée», est-il souligné. Néanmoins, pour lever la suspension des livraisons, des mesures complémentaires doivent être mises en place. Il s’agit notamment de renforcer la surveillance de l’insecte au niveau des vergers et des stations de conditionnement.
Pour ses exportations d’agrumes sur les Etats-Unis, le Maroc doit se conformer au protocole de traitement par le froid exigé par les autorités phytosanitaires américaines depuis 1991. «Aucune notification d’interception de présence de larves de la cératite n’a depuis lors été signalée», souligne le DG de l’ONSSA.
A noter que le dispositif est mis en place et supervisé par les autorités sanitaires américaines. Certes, le marché américain ne pèse pas lourd pour l’export de nos agrumes. Avec le Canada, il représente 12% environ mais l’image pourrait subir un coup.
La cératite, également appelée «mouche méditerranéenne des fruits», est un insecte de quarantaine pour les Etats-Unis. Il existe dans les pays du bassin méditerranéen, l’Afrique, l’Asie, l’Amérique latine et les Caraïbes et s’attaque à plus de 300 espèces de plantes hôtes tels les agrumes, le pêcher, le figuier, le manguier, le poirier... (Voir encadré).  
Pour le moment, la campagne des clémentines est terminée et il ne reste que quelque 20.000 tonnes des variétés Nour et Nadorcott à écouler sur le marché nord-américain. Et les opérateurs ont pris leurs dispositions pour les acheminer vers le Canada qui n’est pas un marché de quarantaine pour la mouche méditerranéenne.

L’épée de Damoclès

La mouche méditerranéenne pèse sur les exportations marocaines d’agrumes comme une épée de Damoclès. Même la Russie, devenue premier marché pour le Maroc, procède annuellement à des inspections sur place pour être au fait de la maîtrise par les professionnels du dispositif de lutte contre cératite. Pourtant, ce pays n’est pas un marché de quarantaine mais lié par des accords de libre-échange avec des pays exposés au ravageur.
Les dommages causés par la cératite sont des piqûres de pontes et des galeries dans les fruits engendrées par des femelles et des larves. Ces piqûres constituent une voie de pénétration des champignons et bactéries qui sont responsables de la décomposition et la chute prématurée des fruits. Ces dégâts constituent un obstacle majeur pour des exportations en raison de la dévalorisation de la marchandise. Sur agrumes, la cératite s´attaque surtout aux variétés précoces et celle de peau mince notamment la clémentine. La période à haut risque se situe en automne et en fin du printemps.

A. G.

 

 

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