×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Tribune

    «Window dressing» ou le syndrome de l’année calendaire
    Par Abderrafi EL Maataoui

    Par L'Economiste | Edition N°:4675 Le 28/12/2015 | Partager

    Abderrafi El Maataoui, expert-comptable & doctorant chercheur en finance des marchés à l’ISCAE

    «Window dressing» ou «book cooking» sont des appellations «soft» qui désignent  des opérations comptables, surtout en fin d’exercice comptable,  visant à améliorer et à embellir le visage du bilan et du compte de résultat d’une entreprise cotée en Bourse.
    Largement utilisées par les managers et les gérants de fonds à l’approche de la clôture d’un exercice comptable, ces opérations  comptables peuvent avoir ou non des implications fiscales sur l’entreprise.
    Sur le plan du droit comptable, les entreprises sont soumises, en langage commun universel, à des principes comptables fondamentaux uniformes (principe de prudence, principe de coût historique, principe de séparation des exercices,...), à des méthodes identiques d’évaluation comptable, et à des règles similaires de présentation des états financiers. Néanmoins, le respect de cette standardisation n’exclut pas la possibilité de recourir à des dérogations comptables, justifiées objectivement ou subjectivement, permettant la recherche de la fameuse «image fidèle» des comptes. Ce faisant,  la marge offerte pour les opérations de «Window dressing» se trouve à la fois élargie et «légalement justifiée et justifiable» sous la responsabilité des dirigeants sociaux vis-à-vis des utilisateurs des états financiers. Par conséquent, les frontières entre le Window dressing et la «comptabilité créative» sont souvent poreuses et perméables.
    Sur le plan du droit fiscal, le recours à ces opérations, notamment les ventes d’actions à perte, pourrait permettre la constatation immédiate des moins-values dans le résultat de l’exercice qui se termine, et la réduction de la base imposable globale. Dans le cas inverse et abstraction faite du côté fiscal, certains opérateurs pourraient être intéressés par la vente des actions gagnantes pour constater les gains, contrebalancer des moins-values sur d’autres titres, ou équilibrer le résultat global.
    Sur le plan juridique, la grande majorité des opérations de «Window dressing» ne sont pas répréhensibles. Ce qui explique leur utilisation très partagée en plein jour et en toute quiétude, dans tous les marchés financiers internationaux. Par contre, certaines opérations pourraient s’avérer problématiques sur le plan juridique en induisant des abus notoires de la part des gestionnaires, notamment lors d’événements particuliers tels que les introductions en Bourse, les transmissions d’entreprises, les fusions, les réductions de dettes.
    En noyant les erreurs de placement et en se débarrassant à perte des actions à mauvaise performance, les techniques de «Window dressing» permettent aux gérants de fonds de présenter, en fin de période de reporting (trimestriel, semestriel ou annuel), des portefeuilles mieux garnis aux investisseurs actuels et futurs. Toutefois, si les conditions de rentabilité et de liquidité du marché le permettent, ces opérations n’ont aucune incidence sur la rentabilité réelle des fonds. Ensuite, les produits de ces ventes sont souvent réutilisés pour l’achat d’autres actions, présentes dans le portefeuille, ayant surperformé l’indice boursier global. Ce renforcement donnerait au passage l’impression que les choix de placement de ces fonds et leur rentabilité sont judicieux et en ligne avec la concurrence ou le marché dans sa globalité. Cette technique permet par la même occasion une recomposition du portefeuille, et le démarrage d’un nouvel exercice comptable sous de meilleures conditions.
    Les situations particulières des caisses de retraite et des compagnies d’assurances peuvent également militer en faveur de l’usage de techniques de «Window dressing» pour permettre l’équilibre bilanciel des emplois affectés obligatoires, et l’équilibre global du rendement constitué majoritairement des dividendes des titres détenus, des revenus fixes des bons de Trésor et des obligations, et des plus-values sur vente d’actions cotées.

    Repo – Repurchase Agreements

    L’exemple malsain de la banque new-yorkaise «Lehman Brothers» est un exemple édifiant parmi d’autres. A quelques jours des dates de clôture des périodes comptables en 2007 et 2008, la banque avait eu recours massivement, à coup d’un montant cumulé de 138 milliards de dollars,  à des opérations de vente d’actifs immobiliers à l’un de ses partenaires, via des contrats «Repo – Repurchase Agreements». Ces biens étaient rachetés plus tard à l’ouverture des périodes comptables suivantes. L’objectif ultime de ces opérations était de soulager le ratio d’endettement de la banque, de cacher l’endettement réel de la banque, et d’améliorer les équilibres financiers du bilan.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc