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    Régions

    Fès: Les propriétaires des maisons d’hôtes inquiets

    Par L'Economiste | Edition N°:4672 Le 21/12/2015 | Partager
    Ils dénoncent la concurrence déloyale des riads non classés
    Pour eux, les Online Travel Agency encouragent l’informel

    Haro sur les agences de voyages et de réservation en ligne. Les hôteliers de Fès ne mâchent pas leurs mots quant aux surnoms dont ils les affublent, les qualifiant à l’unanimité de concurrents plus que déloyaux. «Toutes ces Online Travel Agency (OTAS) contribuent à grossir les rangs des fraudeurs», matraque Farid Lahlou, président de l’Association des riads et maisons d’hôtes de Fès (ARMH). «Nous commençons à le penser car, depuis des années, nous n’avons cessé d’alerter ces sites sur le fait qu’ils commercialisent en ligne des établissements non classés et qu’ils font courir des risques aux clients de ces riads ou maisons d’hôtes non reconnus par le ministère du Tourisme marocain», martèle-t-il.
    Selon lui, la réponse de ces sites, très connus au demeurant, serait toujours la même arguant qu’ils ne sont pas responsables de l’état de la réglementation en vigueur et que c’est au pays de faire le ménage. Ils se retrouvent donc souvent à commercialiser des établissements non conformes aux lois.
     Pour les professionnels, ces agences de voyages virtuelles se sucreraient «avec des commissions juteuses prélevées sur les réservations en ligne, de 17 à 25%, voire 30%, toutes payées à l’étranger». «Pour la médina de Fès, à ce jour, sur les principaux sites connus, près des deux tiers des riads ou maisons d’hôtes mis en ligne ne respectent pas les normes!», constatent les adhérents de l’ARMH. Ils qualifient cette situation d’«énorme scandale». Surtout en ces temps troublés. Car, selon eux, «les maisons non autorisées font courir un risque sécuritaire non négligeable aux touristes». Pourtant, la loi marocaine est claire et connue de tous: «Un hébergement touristique doit, en plus d’avoir une autorisation d’exploiter délivrée par la commune, faire l’objet d’une décision de classement». Ce dernier document est le seul qui rende légale l’activité d’hébergement touristique.
    A Fès, des dizaines d’autorisations de complaisance ont été octroyées, en 2011, quand la ville succombait à peine à la mode des maisons d’hôtes. Ce qui a encouragé le non-respect des normes architecturales, d’hygiène et de sécurité ainsi que les pratiques délictueuses de fraude à la TVA, fraude aux taxes de séjour et à la taxe de promotion touristique, non-déclaration des personnels à la CNSS ou sous-déclaration des salaires…
    Aujourd’hui, le nombre d’établissements non classés est majoritaire en médina. «Ils  pratiquent des tarifs si bas qu’ils constituent une concurrence totalement déloyale car impossible à tenir par les riads classés et réputés. Certains viennent de mettre la clé sous le paillasson, d’autres sont obligés de licencier du personnel», souligne Lahlou. Concrètement, pour un touriste qui cherche un établissement sur Internet, il est totalement impossible de faire la différence sur ces portails entre un riad non classé à 20€ et un classé à 100€. En plus, les sites de réservation en ligne ne vérifient pas la réalité et la qualité des établissements qu’ils proposent.
    Beaucoup de ces maisons non classées mettent en ligne des photos qui ne correspondent pas à la réalité, l’hygiène y est plus que douteuse. Il suffit de lire les commentaires et avis des clients à leur retour: «Riad impossible à trouver, photos non conformes, ménage non fait dans les chambres, literie envahie de punaises ou de puces, arnaque sur les prix, aucun personnel présent la nuit, etc…».  Bref, des commentaires qui nuisent à l’image de la médina de Fès». Résultat: «Toute l’activité risque d’être compromise, si elle ne l’est pas déjà», avertit la corporation.
    Face à cette situation, l’ARMH de Fès propose un plan d’action immédiat avec un contrôle systématique de tous les établissements recevant des touristes, et une mise en demeure de régularisation des maisons d’hôtes non classées. Elle a adressé, à ce titre, un courrier au nouveau wali, Essaid Zniber, lui demandant la fermeture des maisons prêtes à louer dont l’autorisation serait postérieure à 2010, à moins qu’elles ne soient incorporées dans un cadre légal et se plient aux obligations incombant au secteur dans un avenir immédiat. Restera-t-elle lettre morte?

    Agressions et arnaques aussi..

    Les «hôtes» des maisons non classées sont souvent victimes d’arnaques ou d’agressions. Pour ce dernier volet, il faut noter que les touristes allemands agressés, fin octobre, séjournaient justement dans l’un de ces riads. D’où d’ailleurs le cri d’alarme de l’ARMH.
    Pour son président, «qui dit établissement non classé et donc illégal, dit aussi absence de fiches de police ou non-déclaration de toutes les arrivées, ce qui fausse les statistiques touristiques de la ville et rend impossible le contrôle des personnes ou leur sécurité. Ceci, au moment où les autorités viennent d’exiger le déploiement de vigiles, l’installation de portiques de sécurité et caméras de surveillance dans les hôtels de Fès, afin de contrôler l’accès aux établissements touristiques à l’occasion du réveillon. Une demande ferme qui intervient après l’arrestation d’une cellule terroriste qui prévoyait d’attaquer les sites touristiques de Fès et d’autres villes, à la veille du Nouvel an..

    La police lance un numéro d’urgence..difficile à retenir!

    Depuis le vendredi 18 décembre, il est désormais possible d’appeler la préfecture de police à Fès pour signaler une situation ou un comportement dangereux (agression, colis suspect). Il s’agit d’un numéro d’urgence joignable 24h/24 et 7j/7. «Le numéro d’alerte est le 0535941718», annonce Essaid Zniber, le wali de la région Fès-Meknès aux hôteliers de la ville de Fès. Ces derniers déplorent toutefois «la mise en service d’un numéro d’appel difficile à retenir». «Il aurait fallu prévoir un numéro vert ou un canal à 4 chiffres seulement, d’autant plus qu’il s’agit d’appel d’urgence…», expliquent-il. En tout cas, le wali les a sommés d’installer des portiques de sécurité dans leurs établissements avant le 20 décembre.
    Passé ce délai, ils n’auront plus la possibilité de programmer la célébration des fêtes de fin d’année. Cette mesure est de mise également dans les boîtes de nuit. «Car, le risque d’attentat est bien réel», précise le responsable.

    De notre correspondant,
    Youness SAAD ALAMI
     

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