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    Pourquoi les enfants abandonnent l’école

    Par L'Economiste | Edition N°:4663 Le 08/12/2015 | Partager
    Du primaire au bac, 70% se perdent en cours de route
    Le tiers le fait parce qu’il ne l’aime pas!
    La distance parcourue, l’échec scolaire et la pression des proches sont également déterminants

    L’école publique peine à retenir les élèves.

    Les filles rurales quittent l’école d’abord parce qu’elle est trop éloignée de leur domicile (22,8% des sondées). Le désamour de la scolarité, c’est la deuxième raison (20,8%), suivie du refus d’un membre de la famille (17,7%) (Ph.  bziouat)
     

    Chaque année, des milliers d’enfants la quittent. Sur 100 enfants qui rentrent au primaire, seuls 30 décrochent leur baccalauréat. Combien de fois a-t-on répété ces phrases. Mais sait-on exactement pourquoi les enfants quittent l’école? L’Observatoire national du développement humain (ONDH) s’est penché sur la question, grâce à une enquête auprès de 8.000 ménages (année de base: 2012), dont les résultats ont été publiés en 2014. Les 6-17 ans interrogés ont déclaré pour près du tiers (31,9%) qu’ils n’aiment pas l’école! C’est la principale motivation de l’abandon scolaire relevée par l’enquête. «C’est au niveau du passage entre le primaire et le collège que nous enregistrons le plus fort taux de déperdition. Il s’agit souvent d’enfants qui ont été maintenus au primaire par leurs parents, même s’ils ne s’y retrouvaient pas. Une fois au collège, ils essaient de persévérer la première année. Mais constatant qu’ils ne peuvent pas suivre les cours, ils n’aiment pas cette situation et décident d’abandonner», explique le ministre de l’Education nationale, Rachid Benmokhtar. En effet, difficile pour un enfant qui ne comprend pas grand-chose aux cours d’aimer être en classe. Malheureusement, 76% des enfants de la 4e année du primaire sont en situation d’illettrisme. C’est-à-dire qu’ils savent lire et écrire, sauf qu’ils ne comprennent pas du tout le sens de ce qu’ils déchiffrent. Complètement déboussolés, beaucoup préfèrent quitter le système.
    La deuxième raison évoquée par les sondés est l’éloignement de l’école. 13,6% de ceux qui ont arrêté leur scolarité l’ont fait parce qu’ils doivent  parcourir chaque jour de longues distances avant d’arriver en classe. Evidemment, ils sont plus nombreux à le déclarer en milieu rural, et plus particulièrement les filles rurales (22,6%).
    L’échec aux examens et/ou l’exclusion, c’est le troisième facteur de déperdition (12,1%). Les garçons y sont plus sensibles que les filles. 16,6% d’entre eux disent avoir laissé tomber les études après un échec scolaire, contre seulement 8,3% des filles. La famille est également  souvent responsable de l’arrêt de la scolarité. 12% de ceux qui ont mis fin à leur cursus ont été obligés de le faire sous la pression d’un membre de leur famille. Qu’il s’agisse des villes ou de la campagne, les filles sont plus concernées par ce phénomène (18,3%, contre seulement 4,4% pour les garçons).

    42,8% des garçons de 6 à 17 ans qui ont quitté les bancs de l’école l’ont fait parce qu’ils ne l’aiment pas. Cette part est de seulement 22,8% du côté des filles. Les garçons sont aussi plus nombreux à avoir abandonné leur scolarité suite à un échec dans un examen ou après avoir été exclus. Les filles, quant à elles, sont plus nombreuses à arrêter l’école en raison de la distance parcourue, ou sous la pression d’un membre de la famille

    10,5% des 6-17 ans pensent, par ailleurs, que la scolarité n’est pas importante! A leurs yeux, l’école n’est pas un ascenseur social et ne leur apporterait pas de valeur ajoutée. D’ailleurs, 4,6% préfèrent (ou y sont contraints par leurs proches) apprendre un métier ou aider dans des activités professionnelles, au lieu de rester sur les bancs de l’école.
    D’autres facteurs sont relevés, mais restent marginaux. Comme la cherté des frais de scolarité, la nécessité d’aider aux travaux ménagers, l’engagement dans une activité lucrative, ou encore l’obligation de se marier pour les filles.
    Les principaux facteurs d’abandon sont intrinsèques à l’école elle-même. «Nous devons présenter une offre qui plaît mieux aux enfants. Si nous arrivons à améliorer la qualité et à doter les élèves des compétences de base leur permettant de suivre les cours plus facilement, nous réduirions de manière drastique les déperditions», estime le ministre. Une approche pédagogique obsolète, des manuels scolaires dépassés, des contenus abstraits, des disciplines cloisonnées,… la tutelle a du pain sur la planche.  Cette année, un nouveau curriculum pour les 4 premières années du primaire sera expérimenté dans 82 établissements scolaires (un par délégation provinciale). Par ailleurs, un guide relatif à une nouvelle méthodologie d’apprentissage de la lecture pour les deux premières années du primaire sera distribué. La nouvelle méthodologie sera déployée dans 90 établissements pour commencer, avant d’être étendue à 700 écoles partout au Maroc. Les enseignants pour leur part seront mieux sélectionnés et mieux formés.
    Cela dit, cette fois-ci sera-t-elle la bonne? Une multitude de réformes antérieures ont été menées mais arrêtées en cours de route en raison du changement de gouvernement.

     

    La formation professionnelle, une seconde chance

    Il est clair que la formation professionnelle n’est pas pour les ratés du système. Il s’agit d’un cursus offrant une alternative pouvant ouvrir la voie à de brillants parcours. Les enfants qui, par exemple, ne se retrouvent pas à l’école, ou dont les parents ne souhaitent pas qu’ils poursuivent leur scolarité, pourraient s’orienter vers la formation professionnelle. Grâce à des cursus courts, les élèves peuvent décrocher des diplômes précieux qui maximiseront leurs chances de trouver un emploi, dès l’âge de 15 ans. Cette année, un parcours «Découverte des métiers» devrait être expérimenté au primaire. Quelque huit filières professionnelles seront également lancées dans 15 collèges (600 élèves). La formation sera alternée entre les collèges et des centres de formation professionnelle. La première année du collège, les élèves passeront 25% de leur temps dans les centres de formation professionnelle, contre 50% la deuxième année et 75% au cours de la troisième. Ils auront ensuite le choix entre le marché du travail, le baccalauréat professionnel (2.800 élèves cette année), et l’enseignement général.

    Ahlam NAZIH

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