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Tribune

Gérer un monde de grandes puissances

Par L'Economiste | Edition N°:4660 Le 03/12/2015 | Partager

La compétition entre grandes puissances est aujourd’hui une réalité: les États-Unis

Javier Solana, ancien haut-représentant de la politique de sécurité et des Affaires étrangères de l’Union européenne, secrétaire général de l’Otan et ministre espagnol des Affaires étrangères, est actuellement président du centre ESADE pour l’économie globale et la géopolitique et membre émérite de la Brookings Institution (Ph. AFP)

sont en concurrence avec une Russie de plus en plus active et une Chine en plein essor. Le Moyen-Orient, la mer de Chine méridionale et l’Ukraine ne sont que trois des théâtres dans lesquels se manifeste cette nouvelle réalité.
En relisant le livre de l’ancien secrétaire d’Etat adjoint américain Strobe Talbott, The Great Experiment, j’ai eu l’impression que les racines de certaines dynamiques en cours aujourd’hui remontent à plus d’une décennie. L’ouvrage décrit une conversation intervenue en décembre 2000 entre le président sortant Bill Clinton et George W. Bush, récemment élu. Clinton dit que d’après la campagne électorale de Bush, les questions de sécurité qui semblent le préoccuper le plus sont Saddam Hussein et la mise en place d’un système antimissile de grande ampleur. «C’est tout à fait juste», lui répond Bush.
Ces questions furent mises en suspens lorsque survint une tragédie inattendue, sous la forme des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Ces événements entraînèrent une période de coopération internationale durant laquelle la solidarité contre le terrorisme prédomina. Ce fut l’époque où nous étions tous Américains dans l’âme et où Bush disait de Poutine qu’il était «très franc et digne de confiance».
La conjoncture changea ce même décembre, lorsque les Etats-Unis annoncèrent qu’ils se retiraient du Traité concernant la limitation des systèmes antimissiles balistiques (Traité ABM), de façon à construire un système de défense antimissile pour se protéger de la menace posée par les éventuelles capacités nucléaires de l’Iran. Ce revirement n’est pas passé inaperçu en Russie.
A l’époque, les Etats-Unis ne semblaient pas conscients de l’émergence d’un monde multipolaire, dans lequel il serait extrêmement difficile d’appliquer, sans graves conséquences, la politique dont discutaient Clinton et Bush en 2000. Lors d’un discours prononcé à la Conférence internationale sur la sécurité à Munich en 2007, le président russe Vladimir Poutine l’a dit clairement, rejetant avec véhémence l’intervention en Irak et surtout le projet de déploiement par les Etats-Unis d’un système de défense antimissile en Europe, le qualifiant d’agression envers la Russie et de violation de la politique européenne commune en matière de sécurité.
Au cours de l’été 2008, trois événements ont clairement mis en relief ce nouvel ordre multipolaire. La Chine a impressionné le monde en accueillant les Jeux Olympiques, renforçant son statut d’acteur international avec lequel compter. L’intervention militaire de la Russie en Géorgie – pendant les Jeux – montra au monde que le concept de sphère d’influence restait d’actualité pour le Kremlin. Et l’effondrement le mois suivant de la banque d’investissement américaine Lehman Brothers, entraînant une crise financière dont l’économie mondiale peine à se remettre pleinement, a démontré les vulnérabilités des économies avancées, tout en épargnant la Chine pour l’essentiel.
Plus à l’aise avec son statut de grande puissance, la Chine entrepris de relativiser la notion «d’émergence pacifique» évoquée par ses dirigeants depuis l’époque de Deng Xiaoping, en adoptant une politique étrangère plus musclée vis-à-vis de son voisinage. Se référant à des droits historiques supposés, la Chine commença à étendre ses revendications territoriales, ainsi que sa présence militaire, en mers de Chine orientale et méridionale. Les tensions atteignirent un point culminant en 2013 lorsque la Chine décréta unilatéralement une Zone d’identification de la défense aérienne (ZIDA), englobant des territoires revendiqués par la Chine, mais contrôlés par le Japon.
Une grande partie des pays concernés par les visées chinoises en mer de Chine ont signé des traités de sécurité avec les Etats-Unis, la principale puissance maritime de la région Pacifique depuis la Seconde Guerre mondiale. La déclaration de la ZIDA par les autorités chinoises fut donc perçue comme une provocation par les Américains. En élargissant ses revendications souveraines, la Chine étendait de fait ses prétentions en matière d’influence.
Il a fallu un certain temps aux institutions internationales pour s’adapter à cette nouvelle

Au cours de l’été 2008, trois événements ont clairement mis en relief ce nouvel ordre multipolaire. La Chine a impressionné le monde en accueillant les Jeux Olympiques, renforçant son statut d’acteur international avec lequel compter (Ph. AFP)

réalité d’un monde multipolaire. Le sommet du G20 à Séoul en 2010 a débouché sur un accord concernant l’augmentation des quotes-parts des pays émergents dans le Fonds monétaire international d’ici 2014. Mais le Congrès américain a refusé de ratifier cette modification et il n’a donc rien résulté de cet accord.
La Chine a donc décidé de prendre les choses en main, en jouant un rôle prépondérant dans la création de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures. Dans la foulée, la fragmentation des institutions internationales a semblé imminente – jusqu’à ce que les Européens décident de participer à la Banque asiatique d’investissement. Si les Etats-Unis s’y opposèrent dans un premier temps, et refusent toujours d’y adhérer, une position plus nuancée a été avancée à l’occasion d’une entrevue ultérieure entre le président chinois Xi Jinping et le président américain Barack Obama.
Dans l’intervalle, la Russie faisait valoir ses nouvelles ambitions en matière de politique étrangère sur le théâtre ukrainien. En violant les accords d’Helsinki au printemps 2014, Poutine a placé la politique étrangère de la Russie en opposition directe avec celle des Etats-Unis et de l’Europe. Il a adopté la même position en septembre dernier, en décidant d’intervenir dans le conflit syrien, garantissant que la Russie aura un rôle à jouer dans toute tentative d’établir la paix dans ce pays.
S’il fallait ne retenir qu’une leçon de tous ces événements, c’est qu’une diplomatie bien pensée et tenace reste un instrument extraordinaire pour résoudre les conflits. Elle reste le meilleur moyen de produire ces solutions de coopération inhibées par la confrontation.

 

10 ans après la chute du Mur de Berlin..

LE monde est bien différent aujourd’hui de celui que l’on aurait pu imaginer à la fin du siècle dernier, dix ans après la chute du Mur de Berlin. D’un point de vue historique, 15 ans peuvent sembler long ou court, selon l’intensité des changements intervenus. Au cours des quinze dernières années de concurrence croissante entre grandes puissances et d’une nouvelle instabilité au Moyen-Orient – dont le Printemps arabe, l’émergence du brutal Etat islamique, les conflits par procuration entre chiites et sunnites et d’indicibles souffrances humaines – le changement a été pour le moins intense. Mais la confrontation n’est qu’une partie du tableau. Des avancées prometteuses ont eu lieu sur deux fronts: la non-prolifération nucléaire, en particulier grâce à l’accord conclu avec l’Iran, et la lutte contre le changement climatique, sous la forme des préparations encourageantes à la conférence sur les changements climatiques qui se déroule aujourd’hui à Paris.

Traduit de l’anglais par Julia Gallin
Copyright: Project Syndicate, 2015.
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