Competences & rh

L’université marocaine et la diplomatie parallèle

Par L'Economiste | Edition N°:4658 Le 01/12/2015 | Partager
Consensus pour la création d’un observatoire dédié
Compenser les lacunes de la diplomatie traditionnelle

L’université marocaine est appelée à créer son propre observatoire de diplomatie parallèle. Il aura pour mission de constituer une base de données juridique, historique et diplomatique pour consolider  l’intégrité territoriale du Maroc. En amont il concourra à la création d’un cadre associatif regroupant les étudiants, lauréats et chercheurs étrangers qui ont côtoyé l’université marocaine. Il les sensibilisera à l’importance des coopérations bilatérales et à la rectitude de la position marocaine sur son intégrité territoriale. À cet effet l’université  pilotera des projets de recherche cohérents et pertinents pour appuyer l’effort diplomatique des différentes instances officielles. L’apport juridique et  scientifique est à mettre à exécution via l’organisation et la participation aux différentes rencontres internationales dans une perspective de discréditation  des thèses adverses, hostiles à notre pays. Une telle approche nécessite la création de centres de formation universitaires spécialisés dans la gestion des conflits internationaux, le suivi permanent des dossiers politiques et l’enrichissement des débats autour des dossiers d’actualité.    
Ce sont les principales recommandations qui ont ponctué les deux jours de débat (vendredi et samedi derniers) lors du colloque international initié par l’Université Mohammed Ier d’Oujda (UMP) sur l’Université marocaine et la diplomatie parallèle: situation, outils et contraintes. Un colloque organisé pour se mettre au diapason des nouveaux paris géopolitiques,  champs de recherche diplomatiques qui visent à compenser les lacunes qui ont caractérisé les formes classiques de diplomatie traditionnelle «À la diplomatie officielle publique s’ajoute un autre type de diplomatie latent et parallèle, effectué par des organismes officiels (parlementaires, universitaires, centres de recherche ...) ou par des organismes non gouvernementaux (ONG, acteurs associatifs et chercheurs)» explique Mohammed Benkaddour, président de l’UMP. Et d’enchaîner  «les chercheurs universitaires commencent à jouer un rôle important  dans la diplomatie contemporaine, en animant des séminaires et des  forums tout en assurant des formations pointues au profit  d’hommes d’affaires, politiciens, étudiants …etc.»  Il ressort aussi des différentes interventions que l’institution universitaire est appelée à opérer selon 4 axes. En premier lieu il s’agira d’établir la diplomatie parallèle comme axe de recherche scientifique et d’en définir la dimension juridique. Ensuite, il faudra développer les sciences politiques comme support de soutien à cette diplomatie parallèle. Puis de mettre en place les formes de coopération et de coordination entre l’université et les institutions diplomatiques officielles.

Entraves

Plusieurs difficultés entravent la contribution des chercheurs universitaires au renforcement d’une diplomatie non officielle  au service de l’intégrité territoriale: l’absence du sentiment de l’initiative chez les élites chargées de la gestion administrative et académique, leur incapacité de déplacement volontaire sans tenir compte des ordres et des occasions pour activer leurs fonctions dans le domaine de la diplomatie parallèle. Ceci est dû principalement au fait que l’université manque d’une vision claire concernant l’interaction avec les différentes causes nationales, d’autant plus qu’elle se renferme sur elle-même et se contente de son rôle traditionnel consistant en la transmission des connaissances et en la remise des diplômes sans ajouter aucune touche à l’activité de l’institution universitaire.

Ali KHARROUBI
 

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