×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    Pétrole: Baisse des cours, les effets pervers

    Par L'Economiste | Edition N°:4650 Le 19/11/2015 | Partager
    La baisse des prix du pétrole, des effets insoupçonnés sur la stabilité du monde
    Le baril est actuellement à près de 44 dollars, un minima historique
    Moyen-Orient, Afrique…des pays en difficulté suite à la dégringolade des cours

    Un champ d’anciens derricks en Azerbaidjan. La baisse des cours ne rend aucun service aux économies de certains pays exportateurs comme l’Algérie ou le Nigeria (Ph. Britannica)     
     

    Et rebelote! Les cours du baril de pétrole ont recommencé leur chute, après une période d’accalmie. La pause a été courte, en septembre, ils avaient même dépassé la barre des 60 dollars. Mais coïncidant plus ou moins avec l’intervention de la Russie en Syrie, les cours ont replongé pour atteindre actuellement les 44 dollars. «Personne n’aurait osé prédire un baril en dessous des 100 dollars il y a seulement quelques années», affirmait Mouaffac Harb, journaliste et consultant politique libanais lors d’un des panels du forum Medays dont la huitième édition s’est clôturée samedi dernier à Tanger. Le baril Brent avait flirté avec les 130 dollars entre 2011 et 2014, mais depuis le second semestre 2014, les cours se sont dramatiquement effondrés. «Le marché du pétrole a connu une profonde mutation dernièrement en devenant extrêmement volatile», explique Abbas Al Naqi, secrétaire général de l’Organisation arabe des pays exportateurs de pétrole, OAPEC. Un des plus grands consommateurs, la Chine a vu sa demande baisser des suites du ralentissement du rythme de croissance de son économie, explique ce dernier. La demande aux USA elle aussi a changé. Jadis en tête de liste des pays importateurs, l’oncle Sam avait commencé à exploiter les puits de pétrole de schiste bitumineux dans des zones jugées non rentables jadis mais qui l’étaient devenues à cause de la hausse des cours. La méthode utilisée, le «fracking» ou fracturation hydraulique, réputée nuisible à l’environnement, n’a pas découragé les Américains, entraînant une suroffre de la production et une baisse des prix. Côté américain, cette tactique ne semble pas près de s’arrêter. «Le pétrole issu du «fracking» continuera d’être exploité aux USA, sauf si les cours descendent trop bas», explique Mark Ellenbogen, ancien diplomate et président de la Fondation Global Panel. Certaines voix accusant même l’Arabie saoudite d’augmenter la production afin de maintenir les prix bas et d’obliger les Américains à reprendre leurs importations. Pour Al Naqi, cette affirmation est sans fondement. «Les cours du baril ne sont en aucun cas une arme économique, ils sont réglementés par la loi de l’offre et de la demande», explique le responsable de l’OAPEC.
    Mais les effets de la chute du baril de pétrole, s’ils font le bonheur des automobilistes à la pompe, peuvent avoir des effets vicieux sur le développement de certaines régions du globe terrestre.
    C’est le cas au Moyen-Orient par exemple. «Le manque à gagner des monarchies pétrolières du Golfe est d’environ 300 milliards de dollars sur l’année 2015, selon les prévisions d’un rapport du FMI», avance Khalid Ibrahimi al Fadhala, président de l’institut Derasat au Bahrein d’où le besoin pour ces pays d’augmenter leurs revenus pétroliers pour faire face à leurs programmes d’investissements structurants. Dans d’autres pays exportateurs, comme en Afrique, la situation est encore plus alarmante avec des conséquences insoupçonnées sur la stabilité des régions productrices de pétrole. C’est le cas au Nigeria. La baisse du cours du pétrole et le rétrécissement des budgets constituent une véritable tragédie avec des effets directs sur la lutte du régime d’Abuja contre le mouvement radical Boko Haram, insiste Al Naqi. Même scénario pour l’Algérie dont la chute des cours a entraîné une réduction drastique de son programme d’investissement.

    Croissance mondiale: Peu d’effets de la baisse du pétrole

    Selon le Fonds monétaire international, la baisse des prix du pétrole constatée depuis la moitié de l’année 2014 n’aura finalement que peu d’effets sur la croissance mondiale. Elle devra se limiter à environ un demi-point lors de la période 2015-2016, selon une note publiée en juillet dernier. Selon cette institution internationale, d'autres phénomènes devraient réduire la portée de cette baisse. C’est le cas du ralentissement de la croissance dans les pays émergents et en développement, ainsi que les risques géopolitiques dont le conflit syrien. Parmi les causes de la baisse des cours du brut, le Fonds cite la hausse de la production au sein de l’Opep avec l’Arabie Saoudite, la Libye et l’Irak, mais aussi de pays non appartenant à cette organisation comme les USA avec le schiste bitumineux. Associée à la baisse de la demande en Europe et en Asie, elle a entraîné le baril vers les plus bas niveaux. 

    Ali ABJIOU

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc