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    Sortie de route des centres de visite technique

    Par L'Economiste | Edition N°:4646 Le 12/11/2015 | Partager
    SGS, Dekra, Révitex et Conaser, lourdement sanctionnés
    De la confiscation des cautions à la fermeture définitive

    Le spot publicitaire, réalisé par le ministère du Transport, et qui affirmait qu’il est devenu impossible de tricher à cause de l’interconnexion des centres de visite technique, a été vite retiré. Sur le fond, la réalité n’a pas changé (Ph. L’Economiste - les visages ont été modifiés)

    Najib Boulif n’y est pas allé du dos de la cuillère. Quatre des cinq réseaux de centres de visite technique (CVT) de véhicules ont écopé de lourdes sanctions. Ils se sont vu notifier la confiscation de la caution provisoire dont le montant varie entre 3 et 15 millions de DH, confirme le ministre chargé du Transport. Les comptes n’ont pas encore été débités, mais c’est juste une question de procédure. Sont concernés par cette décision SGS Aman’auto, l’allemand Dekra, les réseaux nationaux Révitex et Conaser.
    Pour le ministère du Transport, la sanction est justifiée par le fait que ces opérateurs n’ont pas respecté le cahier des charges. Les manquements portent sur l’engagement d’ouvrir un réseau minimum de 30 centres de contrôle technique et l’acquisition d’un minimum de 75 lignes de contrôle. Les écarts concernent également les failles relatives au logiciel et au système de qualité. Conaser a eu droit à la double peine. Pour avoir ouvert à peine 24 centres sur les 30 prévus, la société a perdu sa caution de 8 millions de DH (5 millions pour la construction des centres et 3 millions pour l’élaboration d’un logiciel de contrôle technique). Outre la perte de sa mise de départ, Conaser devra définitivement fermer. Les 20 centres affiliés, qui faisaient partie du réseau Conaser ont été répartis à travers les réseaux SGS (six), Dekra (deux), Révitex (six) et Salama (six). Selon non informations, il a intenté une action en justice contre le ministère pour «fermeture abusive». Mais il y a peu de chances pour qu’il gagne son procès vu que le cahier des charges est clair sur les engagements et l’échéancier de leur mise en œuvre.
    En fait, ces sanctions auraient dû être prononcées depuis longtemps (à l’époque de Karim Ghellab) étant donné que les opérateurs, du moins SGS et Dekra, n’avaient pas respecté tous leurs engagements. Son successeur Aziz Rabbah n’a pas osé sévir non plus. Et c’est Boulif qui se trouve maintenant acculé à trancher puisque les magistrats de la Cour des comptes mènent une enquête auprès du Centre national d’études et d’homologation (CNEH) (Voir L’Economiste du 20/07/2015). Selon son rapport préliminaire, Dekra aurait dû achever ses projets le 7 mars 2008 et SGS, le 7 mai 2008. Soit plus de 7 ans de retard. «De ce fait, les cautions de 15 millions de DH, déposées par chacun des réseaux, se trouvent épuisées. Ce qui devait entraîner leur confiscation». Les magistrats fustigent le CNEH qui n’a toujours pas pris les décisions qui s’imposent «à l’encontre des réseaux Dekra et SGS».
    Les responsables de centres de visite technique de véhicules sont actuellement en train de négocier une convention avec la tutelle pour une «grande mise à niveau du contrôle technique de véhicules». L’essentiel de cette réforme de la réforme porte sur l’élaboration d’un logiciel permettant le verrouillage du contrôle. «La convention est prête et nous espérons qu’elle sera signée d’ici quelques semaines pour qu’elle soit mise en œuvre avant l’été prochain», explique le responsable d’un centre de visite. En principe, un délai devrait été accordé aux opérateurs qui seront à la traîne. Ce délai ne devrait pas dépasser six mois sinon cela reviendrait à donner carte blanche à tous les abus.

                                                               

    Une réforme de la réforme

    La mise à niveau de la visite technique a été lancée en 2007 via un appel d’offres international pour la sélection de deux opérateurs. C’est ainsi que SGS Aman’auto et Dekra ont été sélectionnés. Le secteur a vu par la suite la création de trois autres réseaux de CVT : Salama, Conaser et Révitex.
    Cependant, le regroupement des CVT sous la coupe d’un opérateur n’a pas donné les fruits escomptés. Les visites techniques de complaisance sont toujours légion. Dans certaines villes, les autobus et les taxis s’auto-affranchissent de la visite technique alors qu’ils transportent chaque jour des centaines de milliers de passagers. Ces véhicules sont souvent impliqués dans des accidents graves pour des problèmes techniques, tels qu’un défaut de freins. La gestion du transport urbain relève des prérogatives des élus et en dernier ressort des walis. Mais ces derniers ferment souvent les yeux. «Le contrôle technique a enregistré une grande avancée par rapport au passé, mais la réforme présente encore des failles dans lesquelles s’engouffrent certains opérateurs. L’une des plus graves concerne le fait qu’il soit possible d’utiliser n’importe quel matériel car il n’y a aucune obligation d’utiliser un équipement homologué», affirme le responsable d’un centre de visite technique.
    Il y a environ un an, le ministre délégué au Transport a tenu une réunion à Casablanca avec les responsables des cinq réseaux et les experts du bureau Veritas. L’objet de la rencontre portait sur la communication des résultats d’audit des centres de visite technique. Le ministre s’est engagé à sortir le cahier des charges du matériel. Le document n’est toujours pas finalisé. Les opérateurs espèrent que cette condition soit incluse dans le cahier des charges.

    Hassan EL ARIF
     

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