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    Enseignement supérieur: Cadi Ayyad, un cas d’école

    Par L'Economiste | Edition N°:4640 Le 03/11/2015 | Partager
    Innover pour s’adapter aux nouveaux marchés
    La raison: 20% des diplômés de niveau supérieur sont au chômage
    L’exemple de l’UCA qui mise sur les langues et l’offre de formation

    Avec ses 65.000 étudiants inscrits l’année dernière,

    Au cours de la session d’accréditation 2014, l’offre a été revue en profondeur couvrant l’ensemble des diplômes universitaires en proportion variable. Les masters dominent avec 37%, reflétant la connotation recherche de l’UCA

    l’université Cadi Ayyad de Marrakech (UCA) fait partie du peloton de tête des plus grands campus du Maroc. Un bon exemple de l’enseignement supérieur public. Son président, Abdellatif Miraoui, conscient des problématiques enseignement-emploi, a procédé, au cours de la session d’accréditation 2014, à l’élaboration d’une carte de formation efficiente avec des objectifs explicites. Non redondance des filières, multiplication de passerelles, introduction de l’enseignement à distance ou ancrage dans les axes de développement nationaux et régionaux, le tout pour booster l’employabilité de ses étudiants. Il s’agit en effet de former des futurs responsables et cadres, à fortes cultures scientifique, technique et sociale. “Nous restons une université du savoir, notre premier rôle, mais aujourd’hui, c’est loin d’être suffisant, comme l’explique Miraoui. L’université n’est pas qu’un diplôme. Notre stratégie repose sur 3 angles essentiels: les langues, la maîtrise de l’outil numérique et la transmission à nos étudiants des clés du savoir-être et du savoir-vivre ensemble”. Pour lui, si certaines filières peinent à aboutir à un emploi, ce n’est qu’une question de formation.

    Pour cette rentrée 2015, l’université totalise 69.500 étudiants pour seulement 1.500 enseignants chercheurs, un taux de 46 étudiants par professeur. Un faible taux d’encadrement, comparé à la moyenne française qui est de 15, et à la moyenne américaine de 6 étudiants pour 1 enseignant
     

    “Notre pays a besoin de philosophes, psychologues, anthropologues, géographes ou sociologues, à condition de compléter le cursus par de solides bases en langues étrangères. Comment évoluer dans le métier de la sociologie par exemple en ne parlant qu’arabe?” Pour le président de l’UCA, ces filières dites en berne doivent exister à condition de les enrichir. “Les étudiants qui arrivent en faculté avec un faible niveau de français et d’anglais optent pour ce type de filière en arabe. En rester là ne mène pas aux emplois attendus aujourd’hui. C’est ainsi que la carte de formation a repensé une approche de la professionnalisation dans la construction de l’offre. Les étudiants en psychologie peuvent désormais se spécialiser dans la psychologie en entreprise par exemple, dont le marché de l’emploi a besoin. Notre stratégie numérique, nos salles informatiques en libre-service et la mise à niveau en langues de nos enseignants sont autant de chances pour l’étudiant de s’ouvrir sur le monde.”  A lui ensuite de fournir ses propres efforts. Le bilinguisme étant devenu un critère de sélection incontournable dans le monde de l’entreprise.

     

                                                             

    Diplômés et chômeurs

    Les universités produisent-elles des chômeurs? Si l’on s’en tient aux chiffres du chômage,

    Au Maroc, entre 2001 et 2013, le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur est passé de 311.349 à 715.943. Malgré ces chiffres croissants, seuls 20% des jeunes Marocains âgés de 18 à 25 ans étudient en université. A titre de comparaison, 29% des Tunisiens et 47% des Français suivent des études supérieures

    communiqués par le Haut commissariat au plan, le taux de chômage  national des diplômés ayant un niveau supérieur atteint les 20%. A cela plusieurs raisons. Sureffectifs dans certaines filières, absence de débouchés, niveau d’enseignement en berne, sans oublier les dysfonctionnements de la stratégie linguistique adoptée par l’école. En effet, cette dernière raison aboutit à un déphasage préjudiciable entre le secondaire et le supérieur. Résultat: il est plus facile de réussir son insertion professionnelle pour ceux qui maîtrisent le français, et donc à l’inverse plus difficile pour les arabophones. Le volet linguistique fait ainsi partie des handicaps. Autre frein à l’emploi, le manque de visibilité sur les profils dont le pays a vraiment besoin dans des secteurs particuliers. Il existe en effet une mauvaise adéquation entre les filières de formation proposées et les besoins du marché du travail. D’autant que les recruteurs visent aujourd’hui des profils qui cumulent diplômes, aisance en communication, polyvalence et culture générale. Pourtant, il faut faire face à un flux de bacheliers qui augmente de 6% chaque année, indique Miraoui. Ce même rapport indique qu’entre 2001 et 2013, le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur est passé de 311.349 à 715.943. Malgré ces chiffres croissants, seuls 20% des jeunes Marocains âgés de 18 à 25 ans étudient en université. A titre de comparaison, 29% des Tunisiens et 47% des Français suivent des études supérieures.

     

    A l’ère du numérique

    L’UCA vient de couronner certains de ses étudiants du L3 Eoles, une 3e année de licence en électronique et optique pour les systèmes embarqués. Il s’agit là d’une nouvelle offre, en double diplomation, coordonnée par l’université de Limoges et financée par l’Union européenne. Un diplôme qui répond parfaitement aux nouveaux besoins du marché du travail. Cette formation, entièrement réalisable à distance ou hybride, est une piste à suivre pour pallier la pénurie d’enseignants. En effet, l’établissement, comme de nombreux autres au Maroc, souffre d’un faible taux d’encadrement. Avec ses 69.500 étudiants cette année pour 1.500 enseignants chercheurs, son taux arrive à 46 étudiants par professeur, contre 15 en moyenne en France et 6 aux Etats-Unis. 

    Stéphanie JACOB

     

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