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    Entrepreneuriat, enseignement, recherche et innovation

    Par L'Economiste | Edition N°:4633 Le 23/10/2015 | Partager

    Ahmed Driouchi est professeur d’économie et doyen de l’Institut d’analyse économique et des études prospectives (IEAPS) à l’Université Al Akhawayn à Ifrane. Il est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages et articles liés à l’économie de la connaissance au Maroc et dans les pays arabes et méditerranéens

    Les réformes économiques entreprises ces dernières années, en vue du développement des marchés et des initiatives privées parallèlement à la libéralisation et la modernisation des économies, ont imposé une nouvelle vision et une nouvelle dynamique de l’entrepreneuriat.  Des politiques économiques insistant sur le rôle déterminant de l’entreprise privée et sur des réformes donnant une plus grande place aux mécanismes compétitifs des marchés avec un plus grand désengagement de l’Etat des sphères de production, ont été mises en place. De telles réformes ont inclu le développement d’une large gamme d’incitations, de privatisations, d’externalisations et de réhabilitation de l’entreprise privée avec une plus grande ouverture de la sphère de l’entrepreneuriat. La situation du marché de l’emploi a aussi contribué à la mise en œuvre de mécanismes de soutien à la création de nouvelles entreprises. Ceci a généré une panoplie d’institutions et de programmes destinés à la promotion de l’emploi et la création d’entreprises. L’Etat, le privé et les associations ont ainsi accéléré leurs engagements pour la promotion de l’entreprise et de l’entrepreneuriat.
    L’entrepreneuriat est ainsi devenu nécessaire et l’entrepreneur est de plus en plus perçu comme étant cet agent économique qui mobilise ses idées et ses moyens compte tenu des législations en vigueur, pour contribuer aux efforts de production, de distribution et de consommation. Ainsi, il a été aussi bien compris que la taille de l’entreprise à créer n’est pas forcément large mais peut s’élargir progressivement avec le temps et avec les succès réalisés. L’autre élément est que la sphère de l’entrepreneuriat a été progressivement ouverte notamment à travers les processus de recherche et d’innovation avec l’insistance sur les supports apportés ou susceptibles d’être apportés par les systèmes éducatifs formels et informels en plus des mécanismes institutionnels spécifiques. Dès lors, l’entrepreneuriat est devenu un objet d’étude, de formation et de recherches, malgré les déficits encore saillants entre autres dans la connaissance du domaine de l’entrepreneuriat lui-même. Les recherches en sciences sociales ne pourraient qu’aider à élucider les différents revers liés aux perceptions et connotations données aux entrepreneurs et à l’entrepreneuriat dans différentes localités et contextes(1).
    De plus amples recherches permettent ainsi de connaître les dimensions sociologiques et comportementales en mesure d’aider à cerner les relations et les comportements des candidats potentiels pour l’entrepreneuriat. L’économie comportementale pourrait aussi contribuer à déterminer les facteurs liés à différentes attitudes et leurs variations dans le temps et l’espace. D’ailleurs beaucoup d’entreprises privées et publiques centrées sur le coaching et sur le renforcement des aptitudes entrepreneuriales se sont développées. Mais la poursuite de leurs activités exige davantage de recherches car l’acte d’entreprendre entretient  des relations fonctionnelles avec l’innovation, la recherche et  l’enseignement. Il est aussi admis que même les capacités innées des personnes peuvent être enrichies par les formations générales et ciblées, assurées par le secteur public, par le privé et par les associations. Les apports des recherches sont de nature à contribuer davantage à l’enrichissement de ces tendances.

    Les contraintes persistent

    Malgré toutes les évolutions et les efforts déployés, beaucoup de pays en développement apparaissent encore comme étant  limités avec une lenteur dans le développement du secteur privé et de marchés parfaitement concurrentiels. Des contraintes à l’accès à la création de l’entreprise semblent persister, malgré les politiques économiques encourageant l’ouverture et l’accès à l’entreprise. Le nombre d’entreprises créées demeure en deçà des besoins exigés par la compétitivité des économies, avec une couverture réduite de nouveaux secteurs, à cause, entre autres, de la limitation des activités de recherche et d’innovation. Ceci affecte davantage les performances globales de l’économie car une création limitée d’entreprises réduit aussi la demande en innovations et recherches. Comme la recherche, l’innovation et l’entrepreneuriat ont des outputs de moyen et long termes, les engagements des agents économiques dans des processus incluant les risques et le temps pourraient être aisément implicitement biaisés contre la recherche, l’innovation et la création d’entreprises. Le renforcement de la chaîne: enseignement, recherche et innovation s’impose ainsi pour toutes ces économies.

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    (1) Des exemples de ces recherches peuvent être consultés aux adresses: https://mpra.ub.uni-muenchen.de/62271/ et https://mpra.ub.uni-muenchen.de/58731/

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