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Attentat de Charlie

«Ce qui nous somme»
Les sept portes de ma diversité

Par L'Economiste | Edition N°:4588 Le 13/08/2015 | Partager

1. La mère
La matrice. Elle s’appelle Aïcha (…) Elle est là depuis longtemps,

 Enseignant à l’Université de Rabat, chroniqueur littéraire («Au fil des livres» chez  La Croisée des chemins), Abdellah Baïda est un auteur qui monte, avec son roman «Le dernier Salto» (Marsham) de 2014 déjà introuvable. NB: l’extrait ici publié représente moins du quart du texte originel, que l’on trouvera donc in extenso dans «Ce qui nous somme»

elle n’a pas d’âge (…) Sa religion qu’elle m’a inculquée, avec la première goutte de lait, est celle de l’amour. Une petite dose pour l’amour de soi et une vague d’affection pour l’autre. Il faut savoir rester modeste et vigilant, me recommande-t-elle incessamment.
Dans le silence, imposé à toute une génération, elle transgresse l’interdit d’un regard ou d’un geste doux. Ses rares paroles véhiculent et transmettent la sagesse des siècles; un cumul, un trésor qui voyage librement de bouche à oreille.
2. L’autre
L’Autre, c’est la rencontre. De celle-ci naissent les particules élémentaires constitutives du moi, surgissent les passions et l’entendement (…) «Si je diffère de toi, loin de te léser, je t’augmente» (Saint Ex.). Facile à dire, difficile à appliquer au jour le jour. Car c’est de ça qu’il s’agit: un travail quotidien sur soi. Le poète disait: «Homme libre, toujours tu chériras la mer!». J’ajouterai: «Homme libre, toujours tu chériras l’Autre!» Qui est aussi ton miroir!
3. Les langues
Toutes les langues sont à prendre et à étreindre. Leur charme est dans leur invisibilité. Les langues sont incontrôlables. Elles voyagent clandestinement ou ouvertement sur les bouts des langues et cachées au fond de nos oreilles. Mes oreilles grouillaient depuis l’enfance de divers accents (…) Babel a longtemps été emblème d’un châtiment infligé à l’orgueil de l’homme en multipliant ses langues. Elle peut  être vue autrement: (en haut y) flotte l’étendard de la diversité (…) Un mot  vous attrape et ne vous lâche jamais. Il faut faire avec. «Faire avec», quelle belle construction, à la fois contraignante et libératrice, assez énigmatique (…)
4. Les livres
Tous des portes. (…) qui nous ouvrent d’insoupçonnables horizons. Ce sont les compagnons d’une vie. Le travail se fait souvent inconsciemment. L’odeur des livres est enivrante et elle transporte vers des mondes variés et vastes. Quoi de plus facile que de trouver une petite place pour s’asseoir, mettre entre ses mains cet objet magique (…) Les petits objets magiques m’invitent toujours ailleurs, même quand l’ailleurs est ici. Une infinité de personnages à caractères variables et variés, une galerie de portraits sans limites. Je dialogue souvent avec ces créatures livresques dans une incommunicable ivresse. (…) Un livre est une arme d’instruction massive. Je refuse d’être l’homme du livre, j’aspire à être l’homme des livres.
5. Les voyages
(…) L’issue d’un voyage est toujours imprévisible, c’est ce qui fait son charme. Entre l’aller et le retour, tout un monde, voire des mondes. (…) raconter l’histoire du monde. Celle-ci est un ensemble de leçons de vie.

La plus complexe des tours de Babel, sous le pinceau de Bruegel l’ancien. Et si ce mythe devenait la vraie référence de la diversité…?

Certes, les frontières et les visas empoisonnent l’existence (…)  Soit dit en passant, les pires des frontières sont celles de l’esprit.
6. L’espace public
Voir est une voie salutaire (…Des passants) cognent de leurs épaules sans demander pardon tous ceux qu’ils croisent… Eux, ils ne voient pas, et c’est dangereux, car il faut voir. Une djellaba rugueuse frôle une minijupe soyeuse (…) L’espace public est une expérience à renouveler chaque jour.
C’est le lieu de la liberté d’expression qui doit être inséparable de la liberté de penser. "… quelles seraient l’ampleur et la justesse de notre pensée, si nous ne pensions pas en quelque sorte en communauté avec d’autres à qui nous communiquerions nos pensées et qui nous communiqueraient les leurs. On peut donc dire que ce pouvoir extérieur qui dérobe aux hommes la liberté de communiquer en public leurs pensées, leur retire aussi la liberté de penser..» (Kant).
7. L’histoire
L’Histoire me fait et je la fabrique (…)  Elle est l’antre de la contradiction, à la base de toute dynamique; notre Histoire est dynamique ou doit l’être. D’où mon refus des assignations. Je m’inscris dans l’histoire de l’humain dans son sens le plus large. J’opte pour l’histoire en mouvement, non figée. Celle qui stagne est vite dépassée. Je sais que l’Histoire officielle est tronquée (…) Mais c’est aussi mon histoire! (…) Je reprends, encore une fois, les sages propos d’Antoine de Saint-Exupéry: «Ça, c’est impressionnant, l’âge d’un homme! Ça résume toute sa vie. Elle s’est faite lentement (…) Et maintenant, grâce à une convergence obstinée de chances heureuses, on est là».

 

Pourquoi sept?

Quand la violence frappe (attentats de Charlie en janvier 2015), l’esprit est secoué et les certitudes sont ébranlées, les frontières bougent. On cherche un coupable, rapidement, il faut laver l’honneur de la tribu, venger les victimes, rendre leur dignité aux malmenés… Tout ça dans la précipitation (…) il faut réaliser un record: tout doit rentrer dans l’ordre avant le coucher de soleil. Il faut réfléchir. (Ma culture) est bigarrée, chatoyante, kaléidoscopique, mille pétales multicolores y fleurissent. Je tente d’y mettre de l’ordre, je range, j’organise, je catégorise, je priorise, je hiérarchise (…) Sept est un chiffre que j’aime bien. Les composantes que j’extirpe du chaos sont donc sept.
Tout (y) est dit! Ma nomenclature n’est qu’un aperçu, des coups de brosse qui ne font pas tout le tableau; une esquisse qui ne fait pas la fresque. Telle serait une identité en perpétuelle construction.

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