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Enquête

Dans le Souss, un nouveau «business plan» pour les ruchers

Par L'Economiste | Edition N°:4570 Le 16/07/2015 | Partager
Unités d’extraction, accompagnement technique, modification génétique des abeilles...
La filière reprend du souffle avec les programmes lancés par le Plan Maroc Vert
Le défi est de lancer les apiculteurs du Souss sur la voie de l’agrégation

Le miel est un produit de terroir par excellence de la région Souss Massa Drâa.

La région d’Agadir SMD est une zone de transhumance par excellence du fait de sa diversité géographique et florale. Trois miellées principales se succèdent durant l’année. La miellée des agrumes en mars, la miellée du thym entre juin et juillet et la miellée de l’euphorbe de juillet jusqu’à novembre

La région qui peut se targuer du plus grand et plus vieux rucher du monde, emploie actuellement entre 2.000 et 2.500 apiculteurs. La production totale du miel a atteint 800.000 kilos en 2014, ce qui représente 23% de la production nationale. L’apiculture, dont le savoir- faire est ancestral dans la région, reste toutefois une activité fragile qui a énormément pâti des conditions climatiques désastreuses ces trois dernières décennies. La faiblesse des revenus et l’expertise insuffisante dans l’élevage des abeilles et la commercialisation handicapent la filière. La pérennité de ce métier dépend désormais de l’instauration d’une nouvelle culture qui tend vers l’agrégation.
Le plan Maroc vert a consacré un ensemble d’actions pour la mise en valeur de la filière d’apiculture. Il intervient au niveau du financement, de l’accompagnement et du conseil et formation. Pour la partie financement, le Crédit Agricole accorde plusieurs types de subventions aux apiculteurs.

Une cinquantaine de types de miel est produite dans la région Agadir SMD dont les variétés de thym et de l’euphorbe sont les plus célèbres et sont actuellement en cours de labellisation

Celles-ci concernent l’amélioration génétique des abeilles et l’acquisition du matériel. Ainsi la production des «reines» d’abeilles sélectionnées bénéficie des subventions allant de 250 à 300 DH par ruche. L’acquisition de matériel d’élevage (ruche et accessoires) est couverte à hauteur de 20% pour les individus et 25% pour les groupements, avec une prime de 120 DH par ruche. Le plafond de subvention est de 10.000 DH par exploitation pour les ruches et 50.000 DH pour le matériel accessoire. L’Office régional de mise en valeur agricole (ORMVA) s’attelle pour sa part à lancer et superviser des programmes qui rentrent dans le cadre de l’intensification et la valorisation du miel. «Le retour d’expérience nous a montré que l’exercice de l’apiculture dans le cadre d’un groupe est plus efficace et pérenne.
Avec nos programmes, nous voulons fédérer les bénéficiaires autour d’un projet», note Samir Bari, ingénieur de production animale à l’Ormva SM Agadir. En effet, l’ensemble des actions lancées dans le domaine incite désormais au travail dans le cadre de groupement, association ou coopérative. Ce qui rentre dans le cadre de la politique d’agrégation prônée par le PMV. Trois programmes ont été lancés dans ce sens. Dans la commune d’Aourir, ce sont 3.000 ruches dont 1.500 dotées d’abeilles qui ont été distribuées en 2012.

La région d’Agadir Souss Massa Drâa est le berceau de l’abeille dite « saharienne »ou Apis mellifica sahariensis, connue pour sa résistance aux conditions climatiques difficiles, sa douceur et la facilité de sa domestication. En 2008, l’ORMVA a mis en place un ensemble de programmes pour reconstituer le patrimoine des abeilles et préserver le cheptel

L’opération a coûté 3,5 millions de DH. La commune de Imouzzar a bénéficié de 7.000 ruches dont 4.500 dotées d’abeilles. Le projet a démarré en 2013 et a coûté 11,13 millions de DH. Et enfin, la commune d’Argana dans la province de Taroudant a bénéficié de 1.000 ruches dont 500 dotées d’abeilles. Le coût de l’opération qui a démarré en 2013 est de 2,2 millions de DH. Les trois communes ont bénéficié de l’équipement d’une unité d’extraction de miel et d’accompagnement pour l’encadrement technique. La commercialisation, qui rentre dans le cadre du pilier III du PMV, est également un chantier important pour la filière. L’ORMVA travaille dans ce sens pour que les coopératives bénéficiaires obtiennent les agréments qui répondent aux exigences de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et participent aux foires et salons internationaux. Tout ceci afin de valoriser le produit final et instaurer une culture de «la qualité produit» chez les apiculteurs.

 

                                                         

Le rucher d’Inzerki, un avenir encore incertain

 

«Taddart Ouguerram» ou le rucher d’Inzerki, est le plus vieux et plus grand rucher collectif au monde et dont l’âge est estimé à 2 siècles. Les habitants vont plus loin et estiment la construction du rucher aux environs de 1520. Les programmes actuels de valorisation de l’apiculture font aujourd’hui l’éloge de ce modèle de travail collectif à travers des aides financières et des actions de soutien.
Restauré en 1980, puis en 1990, le rucher reste toutefois déserté depuis les années 80. Aujourd’hui seul Brahim Chaoui, président de l’Association du rucher d’Inzerki, occupe une partie du rucher avec 130 ruches traditionnelles. «Depuis 2014 je suis le seul apiculteur ici. Les apiculteurs qui étaient là en 2013 ne sont plus revenus» affirme Brahim. Le regain d’intérêt et le retour de l’activité dans ce lieu restent encore très difficiles.

 

L’encadrement, le cheval de bataille

L’un des problèmes majeurs que rencontre la filière dans la région est la méconnaissance des bonnes pratiques. L’apiculture moderne nécessite la maîtrise du traitement des maladies des abeilles, l’utilisation de matériel et de produits homologués ainsi que les normes de qualité. La formation et l’encadrement représentent dans ce sens un volet très important pour la mise à niveau des connaissances des apiculteurs. Ce volet se décline en 3 actions: sessions de formations, journées de formations et visites d’accompagnement sur le terrain pour acquérir les bonnes pratiques et les techniques modernes. Pour chaque projet, il est attribué un lot de matériel d’extraction, de conditionnement et même les pots et leurs étiquettes répondant aux normes. D’un autre côté, les apiculteurs ne savent pas encore travailler en groupe et gérer un bureau. «Notre coopérative réunit 173 apiculteurs depuis 2011. Même avec l’appui reçu, nous avons encore besoin d’encadrement dans l’exercice de gestion d’une coopérative», estime un membre de la Coopérative de miel Tiqi à Ida Outanane. Afin de remédier à ce problème, toutes les actions d’appui et de conseil sont désormais pilotées par l’Office national du comité agricole (ONCA).

Sabrina BELHOUARI

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