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Lectures

Chroniques d’un neurochirurgien schizophrène

Par L'Economiste | Edition N°:4552 Le 22/06/2015 | Partager
L’auteur du livre, jeune médecin dénonce la corruption au quotidien dans les hôpitaux
Les patients qui n’achètent pas leur matériel n’ont pas accès aux soins

Du plus petit au plus grand élément d’une chaîne, chacun a sa part de responsabilité.

Mohammed Zaari Jabiri, médecin dans «le CHU de la capitale du plus beau pays du monde», a été contraint d’opérer un patient du cerveau entouré de mouches et autres insectes, avec l’aide d’un seul collègue (Ph. Mofik)

Mohammed Zaari Jabiri dépeint sans ambages le système du CHU de la capitale «du plus beau pays du monde», sans préciser lequel. Lui, qui tentait de faire son travail de médecin honnêtement, n’a pas trouvé sa place au milieu de la corruption. «J’ai eu envie d’écrire un livre le jour où j’ai dû faire un choix entre deux patients», explique l’auteur. En effet, par manque de place et de moyens, Zaari a été contraint de sélectionner certains patients qui «méritaient» davantage ses soins. Un hôpital, en dehors de sa vocation de santé, fonctionne comme  une entreprise bancale. Tous les niveaux hiérarchiques profitent d’un système en manque de contrôle: le concierge qui vend des tickets d’entrée, les infirmières qui monnayent des pansements et des patients qui n’y trouvent pas leur compte. L’auteur décrit quatre types de patients: le pistonné, souvent accompagné, n’attend jamais son tour, a droit au sourire de toute l’équipe et même aux grimaces de souffrance et de compassion. Le lambda qui doit corrompre gardien, infirmières, médecins… pour espérer un service auquel il a pourtant droit. Le blond, à traduire par le touriste, autour duquel on se presse pour ne pas le laisser attendre et à qui on proposerait même des soins gratuits en clinique privée.
Enfin, il y a l’immigré, celui qui revient chaque été dans son pays natal et qui, selon l’auteur, a la même tête que ses confrères marocains. Passant inaperçu aux yeux du personnel médical, il se sent obligé de revendiquer

Dans son livre, l’auteur décrit quatre types de patients: Le pistonné, le lambda, le blond et l’immigré

une nationalité étrangère afin de se faire soigner. Il s’agit donc réellement d’un service d’urgence, mais celle-ci n’est pas que dans l’appellation, mais dans l’organisation. Mohammed Zaari Jabiri, le médecin que l’on  nommait le bourgeois, n’a pu rester silencieux face à cette situation ingérable. «Je devais renvoyer les gens en leur demandant d’acheter le matériel pour soigner le patient», se désole le praticien. Car oui, encore au XXIe siècle, dans l’un des meilleurs hôpitaux du pays, la famille doit se débrouiller des sommes astronomiques pour avoir droit aux soins. L’auteur revient sur l’histoire d’un jeune homme qui prenait en charge toute sa famille. Suite à un accident, il devait être opéré dans les 6 heures. N’ayant pas le matériel, il n’avait pas le droit de toucher au corps. Le médecin savait que le jeune homme ne remarcherait plus si la famille ne trouvait pas les 8.000 DH pour l’opération et le matériel. Il leur a fallu quatre jours pour les ramasser. Du coup, seuls les gens qui ont les moyens ont accès aux soins. «C’est pour cela que tu es devenu médecin », lui crie une jeune femme en pleurs, alors qu’elle porte le cadavre de sa mère. «NON», crie le médecin et l’humaniste en lui.
Sabrina EL-FAÏZ
 

 

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