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Economie Internationale

L’inéluctable Grexit?

Par L'Economiste | Edition N°:4551 Le 19/06/2015 | Partager
Tsipras dénonce «la responsabilité criminelle» du FMI
La prolongation du plan d’aide à la Grèce s’achève fin juin
Plus de 3% du PIB grec dépendant de la charité…

Jean-Pierre Petit est le président des Cahiers Verts de l’économie, organisme indépendant de conseil en stratégie d’investissement. Diplômé de Sciences Po Paris, titulaire d’un DEA d’économie internationale et d’une maîtrise en droit. Il a été élu 6 fois consécutives Meilleur économiste de marché (Extel-Agefi). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages primés, dont notamment «La finance, autrement» (Dalloz, 2005), Prix Spécial Turgot, et «La Bourse, rupture et renouveau» (Odile Jacob, 2003), Grand Prix Turgot du meilleur livre d’économie financière. Jean Pierre Petit est ou a été chroniqueur au Monde, l’Expansion, l’Agefi, Le Figaro, Banque magazine… Il intervient régulièrement à BFM Business, Radio Classique…

Il semblerait que la Grèce et l’Europe ne parviennent pas à s’entendre. Lors du discours prononcé mardi 16 juin devant les élus parlementaires de Syriza, le Premier ministre grec a dénoncé la politique asphyxiante du FMI et de l’Union Européenne. Tsipras a affirmé être prêt tout de même à fournir davantage d’efforts afin d’arriver à des résolutions concluantes. Jean-Pierre Petit, président des Cahiers Verts de l’économie, nous éclaire sur la situation actuelle de la Grèce.   

- L’Economiste: Pourquoi les négociations entre la Grèce et ses créanciers bloquent-elles?
- Jean-Pierre Petit: Le gouvernement grec est à court de liquidités en raison de recettes fiscales en dessous des attentes et de l’absence de décaissement des tranches d’aide depuis mi-2014. Il a épuisé toutes ses possibilités pour tenir jusqu’en juin, notamment par son compte courant à la banque centrale, ou encore les liquidités des autres organismes publics... Les négociations bloquent car les différentes parties ne sont pas d’accord sur le contenu et la séquence des mesures d’ajustement que doit prendre le gouvernement grec comme contrepartie des mesures d’aide du FMI et des Européens. Courant juin, le gouvernement grec doit rembourser 3 tranches de prêt du FMI, soit 1,5 milliard d’euros en tout. Or, la prolongation du plan d’aide se termine fin juin. Un accord est nécessaire pour y verser les 7,2 milliards  d’euros restants de l’ancien plan d’aide. Dès juillet, un nouveau plan sera nécessaire pour continuer d’assurer le financement de l’Etat grec au deuxième semestre et en 2016. Au-delà de la fin juin, arrivent à maturité le 20 juillet deux obligations détenues par la BCE (3,5 milliards d’euros). Un défaut auprès de la BCE signifierait la fin de toute possibilité des banques grecques de se refinancer auprès de celle-ci. Donc le gouvernement devra se refinancer lui-même ; en effet les banques grecques ne participent aux adjudications de bons du Trésor que parce qu’elles peuvent ensuite les refinancer à la Banque Centrale grecque via l’ELA (Emergency Liquidity Assistance). Autant dire une sortie quasi immédiate de la zone euro.
- Quelles seraient les conséquences d’un éventuel Grexit sur la monnaie européenne?
- Pour la zone euro, un Grexit représenterait un coût financier de l’ordre de 0,25% de son PIB. Le coût principal serait probablement d’ordre politique ; cela créerait un précédent, de nature à démentir l’irréversibilité de l’Union monétaire et cela ferait perdre à l’Europe un pays géographiquement stratégique. Un Grexit serait dès lors un évènement qui dans le court terme ne pourrait que constituer une pression fortement baissière sur la monnaie unique.

Ce que risque la Grèce

Une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro prendrait rapidement les apparences d’une solution aventuriste et improvisée qui comporterait de nombreux coûts pour l’économie grecque. Outre le coût politique interne (opposition de l’opinion publique, engagement d’Alexis Tsipras durant la campagne, probable fragilisation de Syriza…), Il est à craindre à court terme un choc de confiance des entreprises dans le pays, des incertitudes juridiques vis-à-vis des pays européens durant de nombreuses années. «Un Grexit causera la perte probable des transferts budgétaires européens, qui représentent 3,5% du PIB grec», explique Jean-Pierre Petit. Autres effets dévastateurs, le coût lié à la réintroduction de la monnaie nationale (le retour au drachme), qui verra son cours chuter assez rapidement après introduction. Cette dévaluation de la monnaie grecque causera ultérieurement une hyper-inflation. La conjonction de ces facteurs ferait très vraisemblablement replonger l’économie en dépression.

Propos recueillis par  Ayoub IBNOULFASSIH

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