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Analyse

Face au pétrole, le gaz naturel réduit l’écart de compétitivité

Par L'Economiste | Edition N°:4551 Le 19/06/2015 | Partager
La demande va croître de 2% par an d’ici 2020
Elle sera portée par la Chine qui intensifie les politiques environnementales
L’Europe peut-elle se passer du gaz russe?

IL n’y a pas de transition énergétique mondiale sans gaz naturel. C’est le message que les majors du secteur ont véhiculé

Les majors font le pari du gaz comme une énergie d’avenir.  Shell, Chevron, BP, Total et Exxon Mobil…, investissent gros dans ce domaine

au Congrès mondial du gaz qui s’est tenu du 1er au 5 juin à Paris. Ils le rediront à nouveau lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21), qui se tiendra également à Paris, en décembre prochain.
Plusieurs zones expriment des besoins en gaz naturel comme la Chine, l’Inde, le Moyen-Orient et l’Afrique. Grâce à un accès ouvert et à des conditions de location intéressantes, les ressources en pétrole et en gaz naturel sur le continent africain attirent de plus en plus les investisseurs, avait indiqué le cabinet EY dans son étude «Gaz naturel en Afrique-Les frontières de l’âge d’or». Ses experts prédisaient que l’Afrique va contribuer à l’âge d’or du gaz. L’Algérie, le Nigeria, l’Egypte et la Libye ont été identifiés comme détenant des gisements importants.
Un plan de 4,6 milliards de dollars
Au Maroc, Abdelkader Amara, ministre de l’Energie et des Mines, a exprimé la volonté du pays «d’augmenter la part du gaz naturel dans le bouquet énergétique national» (cf. L’Economiste N°4524 du 13/05/2015).
L’idée est de faire face aux besoins estimés à 5 milliards de m³ à l’horizon 2025. La réalisation de cet objectif nécessitera la mobilisation de 4,6 milliards de dollars. Le financement de ce plan gazier sera puisé auprès d’investisseurs privés, mais aussi des institutionnels locaux et étrangers.  
Pour les populations pauvres, le gaz naturel est une énergie à prix accessible. Les ménages vivant avec moins de 2,50 dollars US par jour dépensent collectivement 10 milliards de dollars chaque année en produits énergétiques, tels que le charbon, le kérosène, les bougies et les torches, révèle l’étude «Energie, Population, Planète: Saisir les opportunités énergétiques et climatiques de l’Afrique»,  publiée par l’Africa Progress Panel de Kofi Annan, l’ex secrétaire général de l’ONU (http://www.africaprogresspanel.org).
Sur une base unitaire, les ménages les plus pauvres d’Afrique dépensent environ 10 dollars/kWh pour l’éclairage, soit 20 fois plus que les ménages les plus riches. En comparaison, le coût national moyen de l’électricité est de 0,12 dollars/kWh aux États-Unis et de 0,15 dollars/kWh au Royaume-Uni. Les technologies renouvelables à bas coût permettraient de réduire le prix de l’énergie, ce qui bénéficierait à des millions de foyers pauvres, créerait des opportunités d’investissement et réduirait les émissions de carbone. Les études sont unanimes quant à l’importance du gaz naturel. Sa demande mondiale devrait croître de 2% par an en moyenne d’ici à 2020, soit un peu moins vite qu’au cours des années précédentes, estime l’Agence internationale de l’énergie (AIE). La demande est portée par une croissance économique plus soutenue et la baisse des prix du gaz et du pétrole. C’est la Chine qui tire les ficelles. La croissance annuelle moyenne (10%) devrait porter la demande du pays de 178 milliards de mètres cube en 2014 à 314 milliards en 2020.
Le pays intensifie les politiques environnementales, ce qui facilite l’utilisation du gaz dans les secteurs du logement et des transports. La Chine s’est lancée dans le démantèlement des centrales électriques au charbon et en fermera la dernière en activité à Pékin l’an prochain. Elle sera remplacée par une nouvelle centrale au gaz.
Pour les experts, le gaz naturel reste une solution aux défis climatiques. La consommation devra s’améliorer en 2015 en Europe, pour connaître une reprise au cours des 5 prochaines années. Il faut s’attendre à une croissance annuelle moyenne de 1,5%, selon l’AIE, agence basée à Paris. C’est dans le secteur du transport que le gaz devrait croître plus vite (5,7% par an).
A contrario, les économistes prédisent un ralentissement dans la production du gaz. Et pour cause, la baisse des prix du pétrole a conduit les groupes du secteur à réduire leurs budgets d’investissement.
Il ne faut pas oublier que les marchés du gaz européens sont confrontés à une crise géopolitique. 2014 a été marquée

L’AIE prévoit que la production de gaz en Afrique devrait presque doubler d’ici 2035, augmentant à un taux moyen d’environ 2,7% par an. Quant à la consommation de gaz, elle devrait croître d’environ 2% par an. Les exportations nettes de gaz naturel en provenance du continent vont plus que doubler, atteignant plus de 230 milliards de mètres cubes en 2035

par une escalade du conflit entre la Russie (le plus grand exportateur de gaz de l’Europe) et l’Ukraine (un pays de transit le plus important de l’Europe). Cette confrontation a eu des répercussions sur le commerce, le secteur financier et celui de l’énergie. D’où l’appel des dirigeants européens à une véritable stratégie.  
L’accès à une infrastructure d’approvisionnement en gaz naturel et suffisamment diversifiée reste les deux principaux piliers de la future stratégie de l’Europe en gaz.

 

24% du mix énergétique mondial en 2040

LA part du gaz naturel dans le mix énergétique mondial devrait progresser d’ici à 2040, selon les projections de l’Agence internationale de l’énergie. Elle représenterait 24% de la demande mondiale d’énergie primaire en 2040, contre 21% en 2012. Elle égalerait ainsi le charbon, qui reculerait à 24% contre 29% et talonnerait le pétrole, qui devrait passer de 31% à 26%. Nucléaire et renouvelables devraient aussi progresser, à 7% et 19% respectivement, mais rester minoritaires face aux énergies fossiles. L’autre atout du gaz, c’est qu’il est stockable, contrairement à l’électricité. Il bénéficie d’un approvisionnement géographique plus diversifié que le pétrole. Le gaz devra faire face à la rude concurrence du charbon dans la production d’électricité, aussi celle des énergies renouvelables. Aux Etats-Unis, la part du charbon dans la production d’électricité est passée de 50% en 2004 à 39% en 2013 grâce à un plus grand recours au gaz naturel.

Il est question d’élaborer un nouvel accord gazier entre la Russie, l’UE et l’Ukraine lors de la rencontre annoncée pour la fin du mois de juin. La Russie est ouverte au dialogue et entend convaincre ses partenaires européens des engagements de l’Ukraine: «le dépôt de gaz dans les réservoirs souterrains ainsi que la responsabilité financière de l’UE vis-à-vis de Kiev quant aux achats du gaz»
Six grandes compagnies pétrolières et gazières européennes (Total, BG Group, BP, Eni, Royal Dutch Shell et Statoil) ont lancé un appel pour la mise en place d’un prix du carbone, mettant en avant la réduction des émissions de CO2. L’enjeu est surtout de pénaliser le charbon, concurrent direct du gaz.
Les dispositifs de tarification du carbone représentent près de 50 milliards de dollars, selon la dernière édition de Carbon Pricing Watch, réalisée par la Banque mondiale.
Comment fixer un prix pour le carbone? D’après ses experts, les pouvoirs publics peuvent fixer de différentes manières un prix pour le carbone, mais toutes ces approches visent à réduire les émissions de GES (gaz à effet de serre).
Les systèmes d’échange de quotas d’émission consistent à définir un plafond d’émissions de plus en plus bas et à mettre en place un marché pour l’achat ou la vente de permis d’émission sans que le plafond fixé ne soit dépassé. Ces échanges

sont passés, à l’échelle mondiale, de 32 milliards de dollars il y a un an à 35 milliards aujourd’hui, selon l’étude. Le taux des taxes sur le carbone, qui représentent au total 14 milliards de dollars, est calculé sur la base des émissions de GES ou de la teneur des combustibles en carbone. Ensemble, les instruments de tarification du carbone concernent quelque 7 gigatonnes d’équivalent CO2, soit environ 12% des émissions annuelles de GES. Les pays et les collectivités locales (villes, Etats fédérés, provinces...) qui s’en sont dotés sont responsables de près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre…

 

Les marchés du GNL

DU fret au transport routier, le gaz naturel liquéfié (GNL), pourrait remettre en question la domination du pétrole d’ici à 2030. Le GNL qui représente une part croissante du secteur gazier devra connaître un afflux d’offre sur le marché au cours des deux prochaines années. Mais, si le faible niveau actuel des prix persiste, les marchés du GNL (du méthane porté à très basse température pour le faire passer à l’état liquide et en réduire le volume, et ainsi pouvoir le transporter par méthaniers) pourraient se tendre sensiblement d’ici 2020, estime l’AIE. Ces 15 dernières années, les volumes échangés ont plus que doublé. Ils sont passés de 100 millions de tonnes en 2000 à 244 millions en 2014, tirés notamment par la demande asiatique, qui représente aujourd’hui près de 60% du marché. Et ils devraient atteindre 370 millions de tonnes en 2020, selon le cabinet IHS. Le GNL devrait ainsi croître en moyenne de 4% par an, deux fois plus vite que la consommation mondiale de gaz.

Fatim-Zahra TOHRY

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