Economie Internationale

Les transferts des migrants ne sont pas bien utilisés

Par L'Economiste | Edition N°:4550 Le 18/06/2015 | Partager
Les commissions trop élevées, critique le Fida
20% des fonds envoyés peuvent être épargnés et investis
Peu de conseil et d’éducation financière

Source: Fida
Dans les trois pays à forte diaspora marocaine, les fonds envoyés par les MRE sont les plus importants sauf en Italie. Contrairement à ce qu’on peut penser, les Marocains ne sont «que» quatrième avec 959 millions de dollars envoyés. Les coûts des transferts restent majoritairement  au-delà de la moyenne mondiale située à 6,9% du montant

DES marchés de transfert d’argent plus compétitifs aideront à une meilleure utilisation de l’argent qu’envoient les travailleurs migrants dans leur pays d’origine. C’est l’une des principales conclusions du Fonds international pour le développement agricole (Fida). Dans un rapport qu’il vient de publier, «Travail des migrants et envoi de fonds: flux et marchés européens», le Fida relève que les travailleurs migrants en Europe ont transféré 109,4 milliards de dollars en 2014 dans leurs pays d’origine. Prés de 150 millions de personnes bénéficient de ces aides mais selon les experts de l’organisation onusienne, elles pourraient tirer plus d’avantages de ces ressources si les marchés de transfert étaient plus compétitifs et si elles pouvaient accéder à des services financiers ciblés pour les aider à économiser ou investir.
Aujourd’hui,  la majorité des fonds reçus est utilisée pour des besoins de première nécessité tels que nourriture, vêtements, logement, santé et éducation. Mais, il serait possible de consacrer jusqu’à 20% des fonds à l’épargne, aux investissements ou au remboursement des prêts consentis pour monter de petites activités.
Environ 40% des fonds envoyés sont destinés aux zones rurales. Si les populations bénéficiaires avaient accès aux conseils financiers, ces fonds joueraient un rôle important dans la transformation des communautés vulnérables. D’ailleurs, le Fida estime que les envois de fonds équivalent à au moins trois fois l’aide publique au développement en faveur des pays en développement.
Ainsi, cet immense potentiel de développement que présentent les fonds des migrants reste largement sous-utilisé. Seule l’amélioration de l’accès aux services financiers de base tels que l’épargne et le crédit et des services non financiers adaptés aux besoins des familles, comme l’assistance technique pour le développement d’entreprises ou des programmes d’éducation financière participera à optimiser l’usage de ces ressources. Cela contribuera à orienter 80 milliards de dollars à l’investissement. Sur ce montant, 34 milliards de dollars environ pourraient être mis à la disposition des zones rurales.
Sur le podium des pays émetteurs de transferts de migrants: la Fédération de Russie arrive en première place (20,6 milliards de dollars). Elle est suivie par le Royaume-Uni (17,1 milliards), l’Allemagne (14 milliards), la France (10,5 milliards), l’Italie (10,4 milliards) et l’Espagne (9,6 milliards). Ces six pays représentent environ 75% de tous les envois en provenance d’Europe.
Côté pays destinataires, en 2014, environ un tiers des envois de fonds en provenance d’Europe, soit 36,5 milliards de dollars, étaient destinés à 19 pays des Balkans, de la Baltique et d’Europe orientale, y compris 10 Etats membres de l’Union européenne. Les deux tiers restants, soit 72,9 milliards de dollars, ont été envoyés à plus de 50 pays en développement. Le Maroc  est d’ailleurs le troisième pays qui reçoit le plus d’argent avec 6,16 milliards de dollars de l’Europe après le Nigeria (7,41 milliards de dollars) et la Chine (6,297 milliards).

M. L.

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