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Analyse/Enseignement supérieur
Les premiers pas du 2.0

Par L'Economiste | Edition N°:4548 Le 16/06/2015 | Partager
Bientôt la généralisation du e-learning dans les universités publiques
Les fournisseurs de tablettes low cost aux étudiants révélés le 23 juin
Dans le privé, tous les établissements n’ont pas encore relevé le défi

Pour généraliser l’enseignement à distance dans les universités, le ministère de l’Enseignement supérieur a mobilisé un budget de 128 millions de DH. Mais son véritable défi sera de changer les mentalités et de gagner l’adhésion des enseignants

Il est vrai qu’il reste encore beaucoup à faire pour la conduite du changement dans l’enseignement supérieur. Les leaders académiques manquent à l’appel et les enseignants résistent toujours aux transformations qui touchent leur activité. Mais les choses commencent à bouger en matière de e-learning. Le 2.0 s’installe doucement, mais sûrement. La thématique a fait l’objet d’une rencontre débat organisée par le cabinet Rekrute.com vendredi dernier, dans laquelle le modèle de Toulouse Business School (TBS) a été présenté. L’école a introduit une plateforme [email protected] du fournisseur de contenus pédagogiques à distance Crossknowledge depuis plus de cinq ans. «Pour nous, le e-learning sert d’abord à la préparation des cours. Le plus important, c’est que les étudiants aient le même niveau, qu’ils puissent rapidement acquérir des compétences et aptitudes», relève Stéphane Rochard, directeur de TBS Casablanca. Il n’est donc pas question que le on-line remplace l’enseignement présentiel, mais qu’il le complète en tant que support de cours, et qu’il permette un suivi individualisé. Cela coûte à TBS près de 450.000 euros par an, soit près de 70 euros par étudiant. Le coût est conséquent, mais il n’est pas très éloigné de celui de l’enseignement classique. L’école a choisi de cantonner le e-learning (obligatoire pour la 3e année, le master et le MBA) à 20% des apprentissages.
La question du «dosage» turlupine d’ailleurs les établissements, y compris dans le privé. Si la nécessité de passer au 2.0 fait l’unanimité, écoles et universités s’interrogent sur les modalités et détails pratiques: les disciplines qui se prêtent à l’enseignement à distance ou pas, la nécessité de développer des contenus en propre ou d’en acheter, les bénéfices à en tirer,… A l’université Internationale de Rabat (UIR), par exemple, la réflexion est lancée. HEM, pour sa part, saute le pas dès la prochaine rentrée, avec une plateforme d’apprentissage de langues en ligne.
Certaines écoles ont déjà pris de l’avance, à l’instar de l’ESCA, qui a monté il y a près de deux ans une e-learning Academy, en partenariat avec l’éditeur de contenus et de solutions à distance Proactech. Des modules en langues, communication, informatique, développement personnel et management y sont disponibles.
Quelques universités publiques sont également déjà branchées sur le numérique, dans le cadre du programme Campus Virtuel Marocain (CVM), initié dès 2005. Des universités comme celle d’Agadir, de Rabat et de Casablanca disposent d’interfaces pédagogiques en ligne. «Les initiatives restent cela dit timides. Aujourd’hui, nous mettons à contribution les moyens du ministère pour aller plus loin. Nous avons déjà démarré à Marrakech où nous avons été pionniers en Afrique en matière de e-learning», souligne le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi. En effet, l’université Cadi Ayyad de Marrakech a été la première à diffuser en 2013 ses propres MOOC (Massive Open Online Courses). «Nous allons lancer un appel à manifestation d’intérêt pour sélectionner un bureau d’étude qui nous accompagnera dans la généralisation du online à toutes les universités. C’est possible d’y arriver dans les six prochains mois», annonce Daoudi. Le ministère a mobilisé un budget de 128 millions de DH pour y arriver. «Nous miserons ce qu’il faut! Nous finançons déjà le wifi. Ce qui importe, c’est que tout le monde adhère au projet», insiste le ministre.
Le département de l’Enseignement supérieur prévoit, en outre, de mettre à disposition des étudiants des tablettes à prix réduits (à près de 100 euros). Un appel à manifestation d’intérêt pour des fournisseurs de tablettes a déjà été émis. Les résultats seront connus le 23 juin prochain.  
Si la génération des «digital natives» n’aura pas de mal à s’adapter à l’apprentissage à distance, il n’en est pas de même pour les professeurs qui devront se mettre à jour. Dès la prochaine rentrée, les nouveaux enseignants recrutés dans les universités recevront des formations sur l’enseignement numérique.

Les filières online, accréditées?

 Les spécialités dispensées en mode e-learning peuvent-elles être reconnues et accréditées par le ministère de l’Enseignement supérieur? se demandent certains établissements. Eh bien, pour l’heure, la question ne semble pas d’actualité. «Nous n’en sommes pas encore là. Nous nous orientons d’abord vers un mix entre le online et le présentiel. Il faut d’abord que les enseignants s’adaptent. Sans compter que c’est coûteux. Il faudrait, par exemple, un enseignant tuteur pour dix étudiants», explique le ministre de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi. Les diplômes à distance ne semblent pas non plus les bienvenus. «Le risque c’est d’être inondé par des diplômes étrangers. Cela pourrait menacer la souveraineté nationale sur les diplômes. Le sujet fait débat à l’international», précise le ministre. 

Ahlam NAZIH

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