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Culture

Mawazine: Placebo crée la polémique à son tour…

Par L'Economiste | Edition N°:4540 Le 04/06/2015 | Partager
Un «489» barré qui heurte à nouveau les sensibilités
Record d’affluence au Bouregreg pour le concert de Black M
Maria Berasarte, Barbara Hendricks, Elissa… étaient également au programme

Mardi, 5e journée du festival Mawazine, une programmation qui, a priori, ne prédit rien d’inquiétant.

Le groupe britannique Placebo saluant le public à la fin de son concert, grand moment de musique rock à l’OLM Souissi. A l’extrême droite de la photo, Stefan Olsdal qui a créé la polémique

En effet, l’on s’attendait peut-être à ce que Brian Molko, leader du groupe Placebo, programmé ce soir sur la scène de l’OLM Souissi, fasse sourciller quelques-uns à cause de son look androgyne. L’artiste vient parfois maquillé ou carrément habillé en robe ou en jupe. Mais ce n’était pas de ce côté-là qu’il fallait se pencher. Le groupe anglais est arrivé tout de noir vêtu et en toute sobriété. Cela dit lorsque l’on se met à scruter la scène, l’on constate déjà que l’instrument du bassiste Stefan Olsdal (qui a fait son coming out il y a quelques années) porte les couleurs du drapeau arc-en-ciel, drapeau de la communauté LGBT (Lesbienne, Gay, Bisexuel et Transsexuel). Autre petit détail, deux silhouettes masculines à l’avant de la batterie.

La cantatrice Barbara Hendricks a donné un concert de blues au théâtre Mohammed V accompagnée d’un quartet suédois
 

Mais tout se déroule sans peines devant un public de connaisseurs et fans du groupe, d’ailleurs le concert n’a pas connu l’affluence des jours précédents s’agissant d’une programmation plus pointue et rock.
Vers le milieu du concert Olsdal fait son show normalement, et c’est là qu’il retourne sa basse qu’il brandit tout haut avec un «489» barré. Le public en délire réagit au concert et non au militantisme du musicien, la plupart ne sachant pas de quoi il s’agit. La loi 489 du code pénal au Maroc criminalise «les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe». Le concert se poursuit devant un parterre de fans entonnant les chansons cultes du groupe comme «Every you, every me», «A million little pieces», «Gravity» ou encore «Too many friends», certaines fans étaient même en mode groupies. Brian Molko a beaucoup remercié et en langue française le public marocain pour sa chaleur et sa générosité et même avec un «choukrane», face à un public qui le lui rend bien.

Certes, cette édition de Mawazine suscite de vives polémiques, mais elle a le mérite de participer à une mutation culturelle: appropriation de l’espace public, le vivre ensemble, l’ouverture d’esprit... C’est tout l’intérêt de voir des festivaliers de 7 à 77 ans se côtoyer sans heurt. Et c’est une vraie performance citoyenne et sécuritaire aussi

Après le rappel, le groupe britannique revient avec sa célèbre reprise de «Running up that hill» de Kate Bush, pour le plus grand plaisir de leurs fans, seulement, Olsdal est torse nu avec à nouveau le «489» barré sur son corps marquant ainsi le dernier épisode des polémiques de la 14e édition du festival Mawazine, qui reste à suivre…
Le Portugal était à l’honneur du côté du Chellah avec Maria Berasarte qui a embarqué son audience dans une saudade intemporelle, où le fado se mêle à la guitare du flamenco. Le théâtre national a accueilli le concert de la cantatrice soprano Barbara Hendricks, avec son spectacle inédit, «Blues everywhere i go». L’artiste suédoise était accompagnée de 4 musiciens suédois, également, en présence de l’ambassadeur de Suède dans la salle.
Juste après avoir chanté le premier titre, l’habituée du festival a rappelé les origines de la création du blues avant de poursuivre son concert. Un concert très attendu a eu lieu à la scène Nahda devant un public diversifié mais à forte majorité féminine.

L’étoile de la musique arabe Elissa à fait déplacer des milliers de fans pour son concert en restant fidèle à son style romantique

Elissa a comme à son habitude ravi son public, et ce, malgré quelques soucis de voix. La Libanaise considérée comme l’une des plus grandes chanteuses du monde arabe a partagé ses plus belles chansons de son ancien répertoire à son dernier album. L’originalité était au rendez-vous à la Renaissance avec les Frères Akkaf dans un concert jazzy intégrant des instruments typiques marocains. Le gnaoua n’est pas en reste au festival des musiques du monde, la scène de Salé a reçu Mâalem Mahmoud Guinéa et des formations comme le groupe Gnawa Stone ou encore Gnawa Click. Un autre record a été enregistré à la scène Bouregreg, avec plus de 50.000 festivaliers venus applaudir Black M, ancien membre du groupe Sexion d’assaut.
Le Guinéen a fait danser et chanter la foule sur ses tubes grand public comme  «Sur ma route» et «On s’fait du mal», il a également jonglé avec des titres plus pointus pour les amateurs de vrai rap.
Aïda BOUAZZA
        
        
        
 

 

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