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Chronique

Et si le Brexit devenait réalité

Par L'Economiste | Edition N°:4533 Le 26/05/2015 | Partager

La victoire de David Cameron, leader des conservateurs,

Omar Fassal est financier, expert en finance internationale. Il est également auteur du livre «Tout savoir sur la finance», et chroniqueur pour L’Economiste et Atlantic Radio. Retrouvez-le sur www.fassal.net

a ranimé l’interrogation sur l’avenir du Royaume-Uni au sein de l’Union européenne. Encore une fois, les sondages se sont trompés. On annonçait une victoire serrée, elle fut nette. L’écart a atteint 2 millions d’électeurs. Les conservateurs ont remporté une majorité absolue avec 331 sièges sur 650.
L’interrogation sur l’avenir de la relation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne n’est pas nouvelle. En janvier 2013 déjà, le Premier ministre britannique avait annoncé la tenue d’un referendum d’ici à 2017. Cet engagement s’est transformé en promesse de campagne, ligne rouge de démarcation entre les conservateurs et le parti UKIP qui sont eurosceptiques, et les travailleurs qui sont europhiles. David Cameron n’annonce pas être favorable à une sortie de l’Union, il préfère attendre le résultat des futures négociations pour se décider.
Car, en effet, une bataille diplomatique intense démarre, pour renégocier l’engagement du Royaume-Uni avec l’Union européenne, avant de poser aux électeurs la question fatidique.  Le Royaume-Uni souhaite renégocier plusieurs pouvoirs déjà transférés à Bruxelles. Il s’agit par exemple de la gestion de la politique d’immigration.
L’indépendance de la Banque d’Angleterre lui a permis de prendre rapidement des mesures pour relancer l’économie britannique, alors que la Banque centrale européenne traînait encore le pas. Comme elle n’appartient pas à la zone euro, l’économie britannique fut moins impactée par la crise de la dette grecque. In fine, la croissance britannique est ressortie à un niveau bien plus solide: +2,6% en 2014, contre seulement +0,9% pour l’eurozone. Le taux de chômage a beaucoup baissé, plus que 5,5% au Royaume-Uni contre 11,3% au sein de la zone euro.
Cette dynamique de l’économie britannique a naturellement attiré de nombreux travailleurs immigrés. Les immigrés provenant de l’Union européenne ont atteint le chiffre de 228.000 en 2014. Les Britanniques se disent submergés par les immigrés. Le parti UKIP, xénophobe par essence, s’en délecte et en fait son axe stratégique. Le Royaume-Uni souhaite baisser cette immigration légale, et cela passe par une renégociation du traité signé avec l’Union. David Cameron propose que les immigrés ne profitent pas du système de sécurité sociale, lors de leurs quatre premières années de résidence sur le territoire.
C’est évidemment oublier les chiffres d’une étude de l’University College de Londres, présentée par Le Monde, qui prouvent que les immigrés sont plus diplômés que les résidents, qu’ils souffrent moins du chômage, et qu’ils paient en impôts plus que ce qu’ils ne récoltent en prestations sociales.
Autre exemple, le Royaume-Uni investit 13,8 milliards d’euros dans le budget européen, soit 11,5% de son PIB. Le pays souhaite revoir cette enveloppe à la baisse, et récolter plus de retour sur investissement.
Ce referendum rappelle étroitement celui de l’appartenance de l’Ecosse au Royaume-Uni, en septembre 2014. Les Ecossais ont décidé à hauteur de 55,3% de ne pas casser leur appartenance de trois siècles au Royaume-Uni. Ce qui avait fait pencher la balance dans ce scrutin, et qui pourrait le faire de nouveau dans celui-ci, ce sont les déclarations du monde des affaires.

 

En effet, un des derniers sondages en date réalisé sur 2.000 personnes par City UK affirme que 39% des sondés souhaitent sortir de l’Union, et que 33% souhaitent y rester. Il ne faut pas s’arrêter sur ces chiffres-là, vu le succès des sondages sur l’élection générale évoquée au début... Ce qui est intéressant de noter, c’est que les personnes indécises affirment être plus sensibles aux propos des dirigeants d’entreprises, plus réalistes et plus pragmatiques, qu’aux propos des hommes politiques et de leur entourage. Le positionnement du monde des affaires, et ses campagnes de lobbying et de communication, seront cruciaux dans le résultat à venir.
Le monde des affaires n’aime pas l’instabilité. Les entreprises préfèrent un environnement prévisible pour pouvoir se projeter. Elles oublient souvent que derrière le changement et la rupture se trouve l’opportunité, saisie par les acteurs les plus agiles. Une sortie de l’Union aurait des implications majeures. La sortie du marché unique impliquerait des taxes douanières sur les exportations britanniques en direction de l’Union. Cela serait pénalisant pour l’économie britannique, étant donné que le continent est devenu son principal client, avec une part de 50,7%.
L’industrie financière, fier étendard du modèle britannique, serait également en difficulté. Un exemple, celui de l’industrie de la gestion d’actifs qui n’aurait plus accès au passeport européen. Ce passeport permet à un fonds d’investissements agréé dans un pays membre de l’Union d’être commercialisé directement dans les autres pays sans démarches supplémentaires. Les fonds devraient alors être relogés sur le continent, ou pourquoi pas à Hong Kong, tant qu’à y faire. L’environnement fiscal est là-bas, bien plus attrayant que sur le vieux continent.

 

Le monde des affaires a choisi son camp

Bien que cette chronique laisse transparaître un sentiment partagé face aux sondages, je suis dans l’obligation d’en citer un autre, puisqu’ils restent l’outil statistique dont nous disposons pour appréhender l’inconnu. Un sondage réalisé par EEF, l’association des entreprises manufacturières britanniques, laisse à penser que 75% des industriels concernés sont pour le maintien dans l’Union. L’industrie financière, quant à elle, fut tout aussi claire. HSBC étudie la possibilité de délocaliser son siège social pour des raisons fiscales, et Deutsche Bank envisage déjà un départ éventuel de Londres pour plusieurs de ses opérations, si le referendum se terminait par un «je t’aime, mais je te quitte».

 

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