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    Fès: Les Musiques sacrées perturbées par les pluies

    Par L'Economiste | Edition N°:4533 Le 26/05/2015 | Partager
    Petit répit la journée du dimanche, en revanche le concert du soir annulé
    L’esprit de Fès poursuit ses travaux philosophiques
    Une pléiade d’intellectuels pour redécouvrir nos racines africaines

    L’air du festival de Gnaoua d’Essaouira a soufflé, hier, sur le musée Batha.

    Catastrophe évitée de peu, dimanche dernier, au quartier Atlas, mais aussi à l’ancienne médina et plusieurs quartiers de la ville de Fès. En effet, les canalisations d’évacuation des eaux pluviales n’ont pas supporté les fortes pluies qui se sont abattues sur la ville entre 15 et 17 heures. Moins de deux heures, de fortes pluies ont mis à nu l’infrastructure et les réseaux d’assainissement

    Accueillant la 3e matinée du «Forum de Fès: une âme pour la mondialisation», sous l’intitulé «Pluralisme linguistique en Afrique», l’édifice recevait un panel cosmopolite, assisté par une forte présence de festivaliers intellectuels. Impressionnant pour un premier jour de la semaine. Parmi les intervenants à l’affiche de ce 25 mai, figurait l’écrivain marocain Mustapha Kébir Ammi, l’anthropologue Jean-Loup Amselle, l’écrivain et diplomate congolais Henri Lopes, le journaliste Driss Ksikes, ou encore le chercheur et traducteur Omar Berrada. Et c’est ce dernier qui a mis du son «gnaoui» dans les oreilles des participants pour vanter brièvement un projet de recherche qu’il mène sur cette musique. Mais ce n’était qu’un préambule de son intervention sur la société pluri-linguiste. Berrada dira au passage qu’il y a des langues silencieuses qui ne s’expriment pas. Surtout en Afrique. A la mode, le continent se retrouve dans toutes les manifestations mais ce sentiment ne se traduit pas par du concret», déplore-t-il. Assez virulent dans ses propos concernant les comportements racistes dans notre société, il s’est cependant vite repris pour continuer sur sa lancée africaine. Il a ainsi rappelé l’évolution de la musique gnaouie, originaire du Ghana et aujourd’hui célébrée comme un patrimoine entier à Essaouira. Le flambeau a été transmis à un autre intervenant, Mustapha Kébir Ammi. Lorsqu’il avance que «celui qui dit ou veut écrire dans la langue de l’autre se trompe», cet écrivain sait bien de quoi il parle. Expérimenté, il est l’auteur de nombreux romans dont «Madochée» (éd. Gallimard, 2011), et «Un génial imposteur» (éd. Mercure de France).
    La pléiade d’intellectuels a mis l’accent, ce dimanche 24 mai, sur les diverses formes de traditions religieuses et spirituelles en Afrique, soulignant que de telles traditions séculaires constituaient le socle des communautés. En ce sens, le directeur de l’Institut œcuménique de théologie Al Mowafaqa, Bernard Coyault, a évoqué les habitudes sociales, les rituels, la multiplicité religieuse et l’économie informelle qui caractérisent certains villages dans des pays d’Afrique subsaharienne. La veille, le débat a été focalisé sur les multiples relations historiques qui liaient la capitale spirituelle du Royaume et les pays d’Afrique subsaharienne. Lors de cette conférence, le philosophe Bachir Souleymane Diagne, de l’université de Columbia aux Etats-Unis, et l’anthropologue français Romain Simenel ont mis l’accent sur l’impact du mouvement du transport des marchandises et la circulation des idées et des personnes entre la ville de Fès et l’Afrique subsaharienne.

     

    Parole de Bariza

    Lors de ses interventions à Fès, Bariza Khiari a toujours marqué les présents. Samedi dernier, la sénatrice française a noté que «Le Maroc actuel a fait le choix d’une coopération Sud/Sud et redécouvre ses racines africaines par des échanges économiques plus soutenus et par l’accueil et la régularisation des migrants africains. Le hub Maroc, tant au niveau économique, social, relationnel que religieux est une pierre angulaire de l’échange avec l’Afrique. Pour contrer l’islam radical, le Souverain, en sa qualité de Commandeur des croyants, a bien compris l’enjeu en proposant la formation de 500 imams autour d’un islam maghrébin, sunnite malékite afin de réinjecter du juste milieu dans la sphère religieuse africaine. «Nous voyons bien qu’à côté de ces échanges économiques, le religieux n’est jamais loin. La compréhension de ce double phénomène éclaire les enjeux politiques», conclut-elle.

    Des spectacles annulés pour cause de pluies

     

     

    Le spectacle «Africa Spirit» prévu dimanche 24 mai à Bab Makina a été annulé. Pour cause, les fortes pluies qui se sont abattues sur la capitale spirituelle. A noter que la scène de la place mythique devait recevoir ce dimanche, en première partie, un grand chantre du reggae africain, Tiken Jah Fakoly. La deuxième partie du spectacle était réservée à Oumou Sangare. La grande diva du Mali, véritable symbole de la femme africaine, reconnue par l’Unesco ou la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) pour son sens de l’entreprise, est avant tout l’une des chanteuses les plus rayonnantes du Mali et de la tradition du wassoullou, au sud du fleuve Niger. Mais finalement, le spectacle n’a pas eu lieu. Les organisateurs ont reporté cette fresque à mardi ou mercredi. Tout dépendra des conditions météorologiques.

     

    Youness SAAD ALAMI

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