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Analyse

Gestion des déchets
«La réglementation doit être plus réaliste»

Par L'Economiste | Edition N°:4518 Le 05/05/2015 | Partager
L’expert appelle à une refonte de la loi 28-00
Il pointe une situation préoccupante des décharges
L’implication du privé a souffert d’un manque de planification

Pour Mustapha Brakez, DG de la société d’environnement et de génie urbain Segu, expert dans la gestion des déchets, «Les décharges actuelles continuent de souffrir des mêmes problèmes de gestion, se traduisant par la présence de quantités inquiétantes de substances dangereuses, comme le lixiviats, impossibles à traiter par les techniques actuellement en usage dans ces structures»
 

- L’Economiste: Quel bilan faites-vous de la situation écologique résultant de la gestion actuelle des décharges?
- Mustapha Brakez:
La situation est aussi préoccupante qu’avant la mise en place des nouvelles installations dites contrôlées. Une décharge mal gérée, mal dimensionnée et mal située peut se révéler être une source de nuisances majeures. Elle est difficile à entretenir par la suite, alors qu’une décharge sauvage fermée peut se résorber dans le temps, sous l’effet des éléments naturels. Toutes les décharges actuelles ont les mêmes problèmes en termes de gestion, avec des quantités importantes de lixiviats impossibles à traiter totalement selon les techniques proposées et génératrices d’odeurs nauséabondes…
- C’est l’un des domaines les plus pollueurs. Quelles sont les actions à promouvoir pour assurer une gestion plus écologique des déchets?
- Devant le retard considérable pris dans la mise en place des dispositions de la loi 28-00 concernant l’application effective des différents plans territoriaux de gestion des déchets, il faudrait amender ce texte afin qu’il soit plus réaliste en termes de délais et plus cohérent avec les réalités du terrain. Parallèlement, un bilan doit être fait concernant la gestion déléguée des services de collecte en termes d’efficacité et d’efficience. Le dernier rapport de la Cour des Comptes est assez éloquent sur la gabegie qui règne dans les contrats en cours. Le renforcement des modalités de contrôle commence par la prise de commande des ponts bascules au niveau des décharges qui sont encore gérés par les délégataires. Il serait aussi utile de réfléchir sérieusement à baisser les fréquences de collecte des déchets ménagers et à  généraliser le système privé de ramassage des déchets de commerce qui sont de gros producteurs.
- Le ministère de l’environnement avait pour objectif d’aboutir à zéro décharge polluante en 2015. Selon vous, cet objectif est-il réalisable?
- C’est une blague ou un poisson d’avril! Les décharges existantes telles qu’elles sont gérées actuellement sont une concentration de pollution à ciel ouvert. Nous sommes toujours à la merci d’évènements pluvieux qui peuvent faire déborder les bassins ou faire céder les digues, comme cela a été le cas il y a quelques années.
- Quel rôle peut jouer le secteur privé dans ce processus?
- Depuis 1997 et les premières gestions déléguées, la participation du secteur privé a connu un formidable essor. Cela a été considéré comme un modèle par la Banque mondiale. Mais ce processus n’a pas été suffisamment encadré et a souffert d’un manque de planification concertée. C’est-à-dire que le système s’est construit tout seul et cela a donné lieu à des dépassements. Même les grands groupes se sont pliés aux contingences locales, devant des collectivités qui ne sont pas suffisamment dotées de profils qualifiés. Ceci est dû en grande partie, comme cela a été relevé par la Cour des Comptes, à l’inexistence  d’un organe indépendant, qui soit chargé des fonctions d’expertise, de coordination, de suivi et de veille.

Quel rôle pour les communes?

Si la loi 28-00 sur la gestion des déchets a ouvert de grandes possibilités devant les collectivités locales, notamment en termes de commercialisation de ces produits des décharges, celles-ci n’arrivent pas encore à se positionner en tant qu’acteur de référence sur ce marché. Cela, même si «les collectivités locales sont déjà impliquées dans ce domaine, puisqu’elles déterminent le niveau des dépenses publiques affectées à ces activités», comme l’a rappelé Mustapha Brakez. Celui-ci a mis l’accent sur les contraintes qui limitent la portée de l’action des communes, notamment «les différentes externalités, comme l’espace foncier, l’impact sur l’air et les nappes phréatiques…». Ces externalités «dépassent le domaine de compétence des collectivités locales, dans la mesure où c’est l’Etat qui réglemente les conditions de leur exercice», a-t-il ajouté. Aujourd’hui, il est important de renforcer les synergies entre les communes et les opérateurs privés. L’objectif est de s’orienter vers un modèle dans lequel ces collectivités jouent un rôle plus dynamique dans l’appui à la mise en place de filières de valorisation des déchets, qui peuvent générer une manne financière importante.

Propos recueillis par
Mohamed Chaoui
 

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