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Economie

Croissance: Les incohérences du modèle marocain

Par L'Economiste | Edition N°:4513 Le 27/04/2015 | Partager
Il ne répond pas à une stratégie réfléchie
Les politiques sectorielles, dangereuses en l’absence de cohérence
Le Maroc, un pays «mal développé», selon Moukharik

Mohamed Berrada et Miloudi Moukharik ont mis l’accent sur la nécessité de multiplier les débats pour éclairer les décideurs concernant l’évolution des problématiques économiques et leur impact sur le modèle de développement

Le modèle marocain de croissance tient-il compte de la dimension développement? Garantit-il «l’endogénéité de cette croissance»? C’est à ces questionnements qu’ont tenté de répondre les différents intervenants au colloque organisé par l’UMT en partenariat avec le Centre de recherche Aziz Belal (Cerab), samedi dernier à Rabat. Ceci est d’autant plus important que «nous avons besoin de débats. Car on a l’impression d’être face à une pensée unique, même au sein du Parlement», a noté Mohamed Berrada, président du Centre Links, ex-ministre des Finances et ancien PDG de la RAM. La centrale syndicale qui célèbre son 60e anniversaire s’est greffée à ce débat car «l’économique conditionne le social», comme l’a précisé le secrétaire général Miloudi Moukharik. Le patron de l’UMT a mis en avant le postulat adopté au sein de la centrale concernant la situation économique du Maroc. Pour lui, «nous ne sommes pas un pays sous-développé, mais plutôt mal développé». Résultat, selon Moukharik, d’«une mauvaise répartition des richesses créées, et la persistance d’une économie de rente qui profite à une poignée de nantis». Même constat chez Mohamed Chiguere, président du Cerab. Selon ce dernier, «le Maroc a évolué, mais n’a pas progressé». C’est pour cela qu’il qualifie la situation du pays de «sous-développement de 2e génération, lié à la société du savoir, par opposition au sous-développement primaire, qui marquait l’ère industrielle». Les intervenants ont mis à nu les différents maux du modèle économique en vigueur au Maroc. Mohamed Berrada, qui a passé en revue les différentes étapes de l’évolution de l’économie nationale, n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. Son constat est sans appel: «Je ne pense pas que nous disposons d’un modèle de développement qui répond à une stratégie réfléchie, mais plutôt des mesures influencées par des événements conjoncturels et des facteurs exogènes». Un avis partagé par d’autres intervenants, à l’image de Larbi Firdaoussi, membre de l’Association des économistes marocains. Il a déploré «la mise en place de différentes stratégies sectorielles, qui ne sont pas souvent cohérentes». Or, «un modèle économique doit être basé sur une vision globale qui donne des perspectives», insiste-t-il. Car «ces politiques sectorielles peuvent être dangereuses en l’absence de cette cohérence qui prend en considération les impacts mutuels», a expliqué Berrada, qui a rappelé l’importance du «patriotisme économique». Pour lui, «le gouvernement Benkirane a eu le courage de mener certaines réformes structurelles comme la décompensation des produits énergétiques, même s’il a été encouragé par la baisse des cours de pétrole». Il a appelé à la poursuite de ces réformes, et à s’attaquer à d’autres plus importantes, comme celle des retraites. «Ce genre de mesures peuvent faire mal au début, mais permettent de guérir».

Réindustrialisation

Le recadrage du modèle économique en vigueur au Maroc doit passer par l’activation de deux leviers. A commencer par «le développement du secteur industriel, créateur d’emplois et de richesses», a estimé Mohamed Berrada. Or, «nous constatons que le secteur tertiaire se développe plus que l’industrie», a-t-il rappelé. C’est pour cela qu’il est nécessaire de «mettre en place des politiques économiques et monétaires adéquates pour favoriser l’émergence d’une industrie forte». Le deuxième levier est la mise à niveau du système éducatif, «qui n’est pas adapté aux besoins d’une compétitivité industrielle». Parallèlement, d’autres intervenants, comme Ahmed Azirar, président de l’Association marocaine des économistes d’entreprise, ont appelé à un «retour à l’auto-entrepreneuriat, qui constitue une valeur traditionnelle au Maroc, face au salariat, qui constitue une forme de travail importée il y a quelques décennies».  D’où l’importance, selon Azirar, de «la transition actuelle à travers certaines mesures comme la mise en place du statut d’auto-entrepreneur». D’autant plus que «nous traversons une époque de transitions économique, démographique et sociale».

M.A.M.

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