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    Sécurité/Gardiennage
    Comment la vidéosurveillance révolutionne le marché

    Par L'Economiste | Edition N°:4484 Le 17/03/2015 | Partager
    En moyenne, les prix se stabilisent autour de 3.500 DH/l’unité
    Une solution qui attire professionnels et particuliers
    Argument de vente: La possibilité de visionner à distance

    Depuis quelques mois, les grandes villes sont équipées d’installations de vidéosurveillance dans les principaux carrefours et giratoires. Un système géré à distance par les bureaux de contrôle des préfectures de police 

    Les systèmes de vidéosurveillance battent les records de ventes aussi bien chez les particuliers que les entreprises. Pourtant, la technologie existe depuis plus de 25 ans. Entièrement analogique à ses débuts, cette solution a évolué progressivement vers le numérique. Les installations de dernière génération ne ressemblent en rien aux anciennes caméras analogiques branchées sur magnétoscope. «La vidéosurveillance d’intérieur est une solution de plus en plus utilisée au Maroc aussi bien par les professionnels que par les particuliers», confirme Younes Jaoudi, directeur d’Exploitation de S-Protec. Aujourd’hui, la vidéosurveillance utilise les caméras réseau et les serveurs informatiques pour l’enregistrement vidéo dans un système entièrement numérique. Il y a aussi toute une panoplie de solutions incluant une pléthore de composants numériques. A ce jour, le système de vidéosurveillance analogique reste le plus prisé. Il passe par un enregistreur numérique réseau (DVR). En partie numérique, ce dispositif comprend un enregistreur numérique réseau connecté via un port Ethernet.  La vidéo étant numérisée puis compressée sur l’enregistreur numérique, les images peuvent être transportées sur un réseau informatique à des fins de surveillance sur PC distant. Si certains systèmes permettent à la fois la visualisation des séquences en direct et enregistrées, d’autres se limitent aux images enregistrées.
    Pour certains dispositifs, la surveillance vidéo requiert un logiciel Windows spécifique, tandis que d’autres nécessitent seulement un simple navigateur web standard (Internet Explorer, Google Chrome, Firefox, Opéra…) qui sont plus flexibles pour une visualisation à distance. D’autres techniques, plus pointues se frayent un chemin dans cette activité devenue indispensable au fil des ans. En témoigne la percée de vidéosurveillance sur IP. «Le système de caméra avec IP séduit de plus en plus. Il est conçu pour un déploiement aussi bien résidentiel que tertiaire. Ce dispositif permet aux utilisateurs de consulter une vidéo à distance via un ordinateur ou smartphone», explique le directeur d’Exploitation de S-Protec.

    Les tarifs chutent de... 60%

    Concrètement, ce système est composé d’une caméra de surveillance qui recourt au protocole internet pour transmettre des images et des signaux de commande via une liaison Fast Ethernet. A partir de là, la vidéo numérique peut être transmise par le biais de n’importe quelle connexion réseau haut débit (câble, fibre optique, wifi et 3G). D’année en année, les prix des caméras de surveillance IP tendent à se démocratiser. Les tarifs du matériel ont chuté de 50 à 60% ces 5 dernières années, témoigne un distributeur.  Le made in Asie (a fortiori le made in China) en est pour beaucoup. «Le coût moyen de ce type de caméra varie entre 3.000 et 3.500 DH/l’unité», précise un professionnel. Parmi les marques prisées, figurent Pelco, Sony, Samsung, Sensormatic…Les acteurs de ce marché, dont le chiffre d’affaires oscille entre 3 et 4 milliards de DH, sont en général des PME.
    Combinée aux réseaux sans fil, la vidéosurveillance sur IP peut offrir à l’utilisateur un certain nombre d’avantages. Ce dispositif ne nécessite pas de câbles, ce qui exonère l’utilisateur de travaux d’installations onéreux. Une fois installé, le système connaît peu de perturbations, le câblage étant réduit au maximum, l’installation est nettement plus rapide et les perturbations minimes au sein de l’entreprise.
    La vidéosurveillance sur IP a aussi le mérite de réduire les coûts de transmission vu que les lignes fixes ne sont pas obligatoires. Ce procédé offre par ailleurs une facilité d’extension et de migration.
    Les systèmes de surveillance préinstallés peuvent être facilement étendus à l’aide de cette technologie, offrant ainsi une solution rentable pour la migration vers des systèmes entièrement numériques. Le déploiement de cette solution 2.0 permet d’assurer une surveillance instantanée de sites distants et sur de longues superficies (complexes industriels, carrières, plantations…).
    D’ailleurs, l’un des principaux  arguments de vente de la vidéosurveillance IP reste la possibilité de visionner, durant les déplacements des séquences vidéo en direct ou en relecture depuis des caméras distantes via 3G. Généralement, deux configuration sont utilisées par les systèmes vidéo sur IP: l’architecture centralisée et celle distribuée.
    Le premier schéma intègre une base de données généralement située dans une salle de contrôle ou au siège social. Une architecture distribuée répartit les données sur le système de gestion de la sécurité, les conservant souvent à proximité des endroits où elles ont été créées ou encore là où elles sont requises.  Les systèmes distribués limitent la nécessité de transmettre de vastes quantités de données sur de grandes distances (entre le réseau central et les composants périphériques).

    Big data

    A l’heure où les caméras sont à même de fournir des images de haute résolution,  le personnel chargé de la sécurité collecte un flux accru de données venant de sources de plus en plus nombreuses. Les entreprises ont un réel besoin d’un potentiel analytique renforcé pour pouvoir exploiter efficacement les flux de données. Les technologies d’analyses permettent d’extraire d’importants volumes de données structurées ou non structurées, des solutions plus connues sous la dénomination mégadonnées ou big data. C’est pour répondre à ce besoin précis que de nouvelles applications sont commercialisées. Elles sont développées afin d’identifier et interpréter ces informations de manière autonome. Ce type d’analyse permet aussi de fournir des informations cruciales en cas de crises. Ce qui permet de réaliser des économies en croisant ces données avec d’autres sources d’informations, telles que des données de surveillance, de contrôle d’accès physiques ou d’informations concernant les cyber-activités. Cette évolution permet de transformer la caméra de surveillance en instrument d’analyse scientifique efficace. Il devient donc possible de discerner des comportements ou des actions traditionnellement invisibles.

    Big Brother …

    La vidéosurveillance est de plus en plus utilisée par les services de Sûreté. Depuis peu, les grands boulevards de Casablanca par exemple sont quadrillés par pas moins de 60 caméras. Ce dispositif a vocation de relever les infractions de la circulation routière, enregistrer les accidents ou encore constater les bouchons. A la moindre infraction, les opérateurs alertent les équipes et motards sur place pour une intervention en temps réel. Autre exemple, la ville de Fès est aussi équipée de caméras IP. Sauf que pour la capitale spirituelle, l’objectif est de quadriller les points chauds de la ville où les taux de criminalité sont les plus élevés. A terme, les autorités comptent installer 288 caméras, réparties sur les 26 districts et arrondissements de police de la ville. Une fois opérationnel, ce dispositif devra aider les forces de l’ordre à réduire l’inquiétant  taux de criminalité enregistré par Fès.

    Caméras: Etes-vous en règle?

    Toutes les installations de caméras de surveillance sont-elles légales?
    Négatif si l’on applique à la lettre une décision d’extrême importance de la Commission nationale de protection de données à caractère personnel (CNDP). Rendue fin mai 2013 à Rabat, cette délibération porte sur «les conditions nécessaires à la mise en place d’un système de vidéosurveillance dans les lieux de travail et dans les lieux privés communs» (cf. L’Economiste du 15 novembre 2013). Entendez par «lieux privés communs, tout établissement privé (entreprise, restaurant, magasins…) qui regroupe en son sein des salariés», selon la définition du président de la CNDP, Saïd Ihrai. Et ouvert au public faudrait-il ajouter.
    La Commission s’appuie notamment sur la loi du 19 février 2009 relative à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel. Une législation dont beaucoup d’entreprises ignorent l’existence, y compris dans le secteur de la vidéosurveillance!

    A. At

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