Analyse

Pavillon de complaisance
Les conditions du succès

Par L'Economiste | Edition N°:4477 Le 06/03/2015 | Partager

Le pavillon de complaisance est associé, à tort, à une connotation négative. Et bien des politiques l’associent aux pays les moins avancés comme le Libéria, le Panama ou les Philippines. La réalité est bien loin de tous ces clichés. La Norvège, un des pays les plus riches du monde, entretient un important et prospère pavillon de complaisance depuis 1987 ! Les principaux objectifs de la création de ce registre étaient, entre autres de:
- maintenir le secteur du transport maritime sous pavillon norvégien, améliorer les conditions de concurrence pour la marine marchande norvégienne sur le marché mondial,
- initier des conditions d’enregistrement en accord avec les obligations de la Norvège dans les accords internationaux et maintenir une flotte nationale qui puisse offrir davantage d’opportunités d’emploi aux marins norvégiens qu’une flotte sous pavillon étranger.
Ce succès attire bien évidemment des envies et la tentation de dupliquer ce schéma. Mais le copier-coller ne peut marcher qu’à certaines conditions car il va falloir surtout attirer les investisseurs. Un des facteurs déterminants pour un navire à l’heure de choisir un pavillon étranger est de savoir si ce dernier peut favoriser les échanges commerciaux à l’étranger. Si le navire est construit dans le pays de l’opérateur, cela augmente la probabilité de rester sous le registre du pavillon national. Les opérateurs des pays développés sont plus enclins à choisir un pavillon étranger que ceux de pays ayant un PIB par habitant inférieur, ou avec de faibles indicateurs du développement humain: des salaires et des conditions de travail plus avantageux peuvent effrayer les opérateurs et les amener à déserter les registres nationaux. Si le pays de domicile de l’opérateur a ratifié un grand nombre de conventions OMI (Organisation maritime internationale), et si son registre national a un historique de sécurité positif, c’est-à-dire un faible taux d’incidents, la probabilité que ses navires soient immatriculés sous pavillon étranger s’en trouve augmentée.Beaucoup de registres sont spécialisés dans certains tonnages: différents registres d’Amérique latine et des Caraïbes se sont ainsi spécialisés dans certains pays opérateurs, ainsi que dans des types et tailles de navires.
H.E.

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