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    Analyse/Logement social
    Habiter en copropriété, tout un apprentissage

    Par L'Economiste | Edition N°:4469 Le 24/02/2015 | Partager
    La Fondation Alliances a monté un programme dédié
    Trois années d’accompagnement au quotidien
    Les cités, des lieux de mixité mais aussi de tensions

    Les habitants des logements sociaux n’ont généralement jamais expérimenté la vie en copropriété. Ils en ignorent les codes et éprouvent des difficultés à s’adapter les premières années. Certains choisissent même de louer leur appartement et partir revivre dans leur ancien logement

    Quitter son bidonville, son douar, sa médina ou sa région pour vivre en copropriété au sein d’un logement social n’est pas aussi simple que l’on pourrait l’imaginer. Les sociologues ne se sont peut être pas suffisamment penchés sur le sujet, mais nous sommes bien là devant une réelle mutation sociale, dont des dizaines de milliers de familles relogées ont fait l’expérience sur les dernières années. «C’est une vraie transformation urbaine qui s’est opérée avec ces ensembles de logements, souvent périphériques et peu dotés en infrastructures de base. Ils rassemblent des profils très divers, allant des chauffeurs de taxis, aux employés de banques, en passant par des chômeurs et mères au foyer», relève Alexandra Balafrej, directrice générale de la Fondation Alliances.
    La structure lancée par le groupe Alliances en 2010, a fait de l’accompagnement «post-habitation» des ménages sa mission. «Nous ne proposons pas de l’assistanat social. Notre objectif est d’aider les familles à maîtriser les codes de la copropriété et à s’approprier leur nouvel espace d’habitation», insiste Ismaïl Lahlou, superviseur accompagnement social de la Fondation. 
    Y vivre, c’est tout un apprentissage. Les habitants relogés ignorent souvent tout de la vie en copropriété, n’ont jamais été membre d’un syndic, jamais payé de facture d’eau et d’électricité, jamais assuré leur logement, jamais eu de ligne téléphonique fixe, … Les premières années peuvent être difficiles. Certains habitants tentent, par exemple, de s’approprier des espaces communs en construisant un mur dans un couloir ou en le transformant en dépotoir. Tandis que d’autres font de leur terrasse un poulailler ou se disputent des espaces pour le linge sur les toits.    
    Ils évoluent aussi dans un environnement nouveau où ils n’ont pas vraiment de repères. «Ils vivaient avant dans des endroits avec des liens sociaux forts et solidaires. Une fois dans un appartement, ils passent d’un modèle de famille élargie à celui d’une famille nucléaire et se sentent isolés. Ils ont donc besoin de recréer des liens avec leur entourage», rappelle Balafrej.
    Afin de faciliter l’insertion dans les logements sociaux, la Fondation Alliances a développé il y a de cela trois ans tout un programme d’accompagnement inédit au Maroc, porté par des «mourafiq». Il s’agit d’accompagnateurs qui ont pour mission de déployer le programme qui dure en principe trois ans.
    La première année est dédiée à «l’adaptation et à l’intégration». Avant même l’ouverture du site aux habitants, les mourafiq sont chargés de repérer les principaux acteurs (administrations, associations, autorités locales, banques…) et équipements du quartier (écoles, hôpitaux, infrastructures de loisirs,…), et de réaliser une cartographie avec des fiches techniques. Une fois le site ouvert, les mourafiq s’investissent dans la sensibilisation au bon voisinage et dans la médiation (dans des conflits ou auprès des banques, des écoles,…). «Au début nous avons par exemple dû intervenir auprès de la délégation de l’Education pour l’inscription des enfants dans les écoles qui étaient déjà en sureffectif, avec des classes allant jusqu’à 55 élèves», confie Mohamed Hammouch, Mourafiq à Riad Sidi Moumen, un ensemble de près de 2.200 appartements.  
    Durant la deuxième année, où les habitants sont censés reprendre la gestion du syndic, l’accent est plus mis sur des aspects pratiques. Avec des ateliers sur les principes de gestion, les questions juridiques, l’organisation des assemblées générales,… 
    La troisième année est réservée au lancement de projets de quartier, destinés à renforcer la cohésion sociale et à répondre aux besoins des habitants (aménagement d’un jardin, opération de tri de déchets, ateliers artistiques et culturels, cours de soutien aux enfants…).
    Au-delà de ce délai, ce sont les habitants et les associations de quartier qui prennent le relai. A Riad Sidi Moumen, les mourafiq sont en train de former de jeunes animateurs sociaux du quartier, en partenariat avec l’association «Les petits débrouillards», qui pourraient être mobilisés sur le site après leur départ.

    Les subsahariens, difficilement acceptés

    LES cités de logement social, qui comptent souvent des milliers de personnes issues d’horizons divers, sont d’abord des lieux de mixité sociale, où la cohabitation n’est pas toujours évidente.
    Les locataires subsahariens, par exemple, n’y sont pas toujours les bienvenus. Afin de dissiper les tensions et de créer des liens de cohésion et de sympathie, la Fondation Alliances essaie d’organiser des activités collectives, notamment impliquant les enfants.

    Ahlam NAZIH

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