Justice

Ramid se défend d’utiliser la justice pour la politique

Par | Edition N°:4463 Le 16/02/2015 | Partager
L’opposition l’accuse d’être sélectif dans le transfert des dossiers au parquet
«Je ne connais pas l’appartenance politique des présidents de communes»
La Commission nationale des élections n’a pas d’attributions décisionnelles

Mustapha Ramid a été formel: «Je suis prêt à transférer au parquet même les dossiers qui concernent des présidents de communes appartenant au PJD, ou à nos alliés le RNI, le MP ou le PPS». La déclaration faite par le ministre de la Justice et des Libertés, lors du Club d’Assabah du mercredi dernier, vise à rejeter en bloc les accusations portées contre lui par les partis d’opposition. Ceux-ci lui reprochent d’être sélectif dans le choix des dossiers de la Cour des comptes que le ministre a transférés à la justice. Autrement, Mustapha Ramid instrumentalise à leurs yeux son département pour régler des comptes politiques. L’accusation est grave et il s’en défend avec vigueur au point d’affirmer que «si un jour, on trouve un dossier sélectif, je mériterais la malédiction des Marocains». Il a promis de présenter sa démission dès l’apparition d’un dossier qui prouvera cette accusation. D’ailleurs, il rappelle que son bureau est nickel: «Je ne conserve aucun dossier». Toutes les plaintes reçues sont transmises au parquet pour ouverture d’enquêtes. Il précise qu’il n’intervient pas dans le travail de la Commission, qui traite ces dossiers. «Je ne connais pas l’appartenance politique des responsables qui gèrent les communes concernées par les rapports de la Cour des comptes», souligne le ministre de la Justice. Il a également abordé la politique pénale suivie par son ministère. Pour Mustapha Ramid, «la vie politique doit être dynamique, avec des acteurs utilisant un langage élégant. Et lorsqu’un écart se produit, comme dans les débats parlementaires, il ne faudra pas introduire la justice qui peut tuer la politique. La polémique est vitale dans ce domaine».
Il a également abordé la Commission nationale des élections, composée des ministres de l’Intérieur et de la Justice et supervisée par Abdelilah Benkirane, et dont la formule fait l’objet de contestations de l’opposition (voir aussi pages 32 et 34). Celle mise en place dernièrement est officiellement chargée du suivi de la préparation des élections. Pour le ministre de la Justice et des Libertés, «cette structure n’a pas de prérogatives de prendre des décisions qui influencent les élections. Il s’agit d’un cadre de consultation et de coordination du gouvernement avec les partis politiques». Et quid de l’ancienne Commission nationale, créée en 1997 pour superviser les élections? Pour Mustapha Ramid, cette entité «est morte». Elle a été instaurée pour les élections de l’époque. En effet, cette Commission n’a pas fonctionné lors des échéances suivantes comme en 2002 ni en 2007. Elle n’a pas été activée non plus lors des élections législatives de 2011 qui ont porté le secrétaire général du PJD Abdelilah Benkirane à la tête du gouvernement.

Le challenge de la transparence

«La transparence des élections ne peut être garantie par une seule partie même s’il s’agit du gouvernement», note le ministre de la Justice et des Libertés. Pour lui, elle ne peut être que le produit d’efforts conjugués de l’Administration, des partis politiques, des associations de la société civile et des citoyens. Même si le gouvernement fera recours aux services de sécurité pour lutter contre l’usage de l’argent dans l’achat des voix, Ramid reste prudent. «Je suis sûr que plus le gouvernement développe les moyens de contrôle, plus les autres usent de dispositifs modernes pour échapper aux poursuites judiciaires», dit-il.

M. C.

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