Régions

Casablanca
Le découpage électoral qui fâche

Par L'Economiste | Edition N°:4453 Le 02/02/2015 | Partager
L’Intérieur veut diviser par deux les arrondissements de la métropole
Les élus s’y opposent farouchement
Moins de candidats pour les partis politiques

Le ministère de l’Intérieur prévoit de ramener le nombre d’arrondissements de la métropole à 8 au lieu de 16. Avec cette réduction des circonscriptions, les prérogatives des élus seront aussi revues à la baisse

Les élus de Casablanca sont sur le qui-vive. Le nouveau projet de découpage  électoral de la métropole, qui n’est pas encore effectif, suscite déjà des remous (Voir aussi page 2).
L’Intérieur prévoit en effet de ramener le nombre d’arrondissements casablancais de 16 à 8. Cette décision prend de court les partis politiques en plein préparatifs des communales, prévues en juin prochain. Pour l’heure, rien n’est encore définitif.
Le dernier Conseil des ministres, qui s’est tenu jeudi 29 janvier, n’a pas entériné le projet de décret relatif au découpage des régions.
Ce chamboulement des circonscriptions électorales, qui intervient à quelques mois de l’échéance des communales, n’est a priori pas du goût des partis politiques. Le nouveau découpage tant décrié par les élus, notamment de l’opposition (USFP, Istiqlal, PAM et UC), prévoit de fusionner les arrondissements de Casablanca, avec ce qui s’en suit en termes de réduction du nombre d’élus.
«Au lieu d’augmenter le nombre d’arrondissements à 18 pour une meilleure application de la politique de proximité, on nous annonce aujourd’hui la réduction des arrondissements et donc du nombre des élus», s’indigne Abdelhak Al Mabchour, élu USFP au Conseil de la ville. Ce dernier préconise que pour une gestion optimale d’une métropole comme Casablanca, il faudra au contraire ajouter deux autres arrondissements aux 16 déjà existants: Sidi Maârouf et Lisassfa.
«L’idée de réduire le nombre d’élus n’est pas une mauvaise chose en soi. Cela permettra d’augmenter l’efficacité et la performance», commente pour sa part  un autre élu PAM.
Les partis politiques redoutent néanmoins que ce nouveau découpage ne vienne affaiblir davantage le rôle des arrondissements et renforcer celui du Conseil de la ville, dont les membres vont probablement être ramenés à 60 ou 70. «Aujourd’hui, nous sommes à la merci de l’Intérieur. Nous lui avons soumis un ensemble de propositions via notre bureau politique afin de revoir cette décision qui nous porte préjudice», poursuit l’élu USFP. En effet, en cas d’adoption du nouveau découpage, le nombre global des élus à Casablanca sera divisé par deux. Ce qui se traduirait par une plus grande «charge de travail et moins de proximité avec les citoyens». «Au lieu d’une dizaine d’élus comme avant, chaque parti ne pourra présenter que 2 à 3 candidats sur chaque liste», poursuit la même source. Les prérogatives des arrondissements risquent aussi d’être davantage réduites. «La réduction du nombre des arrondissements ne fera que marginaliser encore plus les élus, qui le sont déjà depuis le démarrage du régime de l’unité de la ville en 2003», ajoute Mabchour.
A noter que le nouveau découpage prévoit de fusionner les 16 arrondissements existants comme suit : Anfa-Sidi Belyout-Maârif, Ben M’Sik-Sbata, Mly Rachid-Sidi Othmane, El Fida-Mers Sultan, Roches Noires-Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi, Sidi Bernoussi-Sidi Moumen, Aïn  Chock et Hay Hassani.
Aziza EL AFFAS

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc