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    Kaboul, seule face aux talibans

    Par L'Economiste | Edition N°:4431 Le 30/12/2014 | Partager
    L’Otan retire les troupes de combat de l’Afghanistan
    Les ingrédients d’une stabilisation du pays sont réunis

    Les Afghans sont désormais livrés à eux-mêmes. Après que la force de combat de l’Otan ait baissé son drapeau, les talibans n’auront en face que les 13.000 soldats que l’Alliance laisse derrière elle et l’armée afghane, forte d’environ 350.000 hommes, et qui a subi de lourdes pertes: 4.600 morts au cours des dix premiers mois de 2014, soit plus de pertes que l’ensemble des pays contributeurs de l’Otan depuis 2001 (3.500). Même si ces forces sont entraînées par les Américains, l’expérience a montré leur incapacité à faire face aux talibans.
    Les choses risquent d’empirer d’ici à fin 2015. Washington prévoit la réduction des troupes dans le pays de moitié. Fin 2016, il ne restera plus qu’une force résiduelle pour protéger l’ambassade à Kaboul. Les Etats-Unis promettent toutefois un soutien aérien aux Afghans, et pourraient intervenir directement en cas d’avance rapide des terroristes.
    Lancée après les attentats du 11 septembre 2001 par George Bush, la guerre avait pendant un moment réussi à faire reculer les talibans, mais ceux-ci ont repris du poil de la bête ces dernières années. Ils ont multiplié les attaques contre les forces afghanes et les  endroits fréquentés par les expatriés dans la capitale Kaboul. Bilan: 10.000 victimes civiles (blessées et tuées) en 2014, soit la pire année depuis 2009. 
    En fait, si le drapeau de l’Alliance a été retiré à Kaboul, les talibans, de leur côté, ne rendent pas les armes et en viennent même à considérer ce retrait comme une victoire. «Nous considérons cette étape comme une indication claire de leur défaite et de leur déception», ont-ils réagi. «Les Etats-Unis, leurs alliés envahisseurs aussi, de même que toutes les organisations internationales arrogantes ont subi une défaite évidente dans cette guerre asymétrique», assurent-ils.  En plus du retrait des forces de l’Otan, l’avancée des talibans est accentuée par l’incapacité des politiques afghans à former un gouvernement. En 2014, l’élection présidentielle, qui devait montrer l’exemple d’un pays réconcilié, a été marquée par des accusations de fraude et un dangereux face-à-face entre les deux candidats du deuxième tour et leurs partisans. Après qu’Ashraf Ghani l’ait emporté sur Abdullah Abdullah, les deux hommes, devant former un gouvernement «d’union nationale», ne se sont toujours pas mis d’accord pour nommer de nouveaux ministres trois mois après l’investiture du président.
    Du côté de la Maison Blanche, ce retrait est l’accomplissement d’une vieille promesse électorale. Mais avec un Afghanistan tout aussi affaibli qu’avant la guerre avec un bilan américain de plus de 2.000 morts et une facture de mille milliards de dollars, beaucoup d’analystes prédisent que l’Afghanistan de demain ressemblera à l’Irak d’aujourd’hui.
    M. L.

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