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Pétrole: La baisse des cours profite à la croissance mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:4429 Le 26/12/2014 | Partager
Les simulations des analystes du FMI
Des effets sur les importateurs et les exportateurs

Globalement, une baisse des cours du pétrole est une bonne chose pour l’économie mondiale, selon les experts du FMI. Avec à l’évidence, d’importants effets de distribution entre importateurs et exportateurs de pétrole

Producteurs, exportateurs, Etats et consommateurs… tous ont subi les effets de la chute des cours du pétrole. Au Maroc, c’est bel et bien un coup de pouce pour les finances publiques. Pour le budget 2015, l’hypothèse de base est de 103 dollars le baril. Ce qui laisse entrevoir d’importantes économies sur la facture énergétique et partant sur le poids de la compensation (23 milliards de DH budgétisés) si les prix se maintiennent à leur niveau actuel (cf. notre édition N° 4401 du 17/11/2014).
De manière générale, les économistes du FMI(1) précisent dans un blog que cette baisse (attribuable à l’évolution de l’offre) est un coup de fouet pour l’économie mondiale.  Vu les basculements de l’offre, les experts présentent deux simulations. La première suppose que le repli des cours s’explique à 60% par l’offre. La seconde donne le même pourcentage au départ mais prévoit aussi une «inversion partielle» de la tendance. La contribution du basculement de l’offre à la baisse des prix s’amenuisant progressivement pour descendre jusqu’à zéro en 2019.
Les résultats se font sentir sur le PIB mondial. La première hypothèse se traduit par une hausse de la production mondiale de 0,7% en 2015 et de 0,8% en 2016 par rapport au scénario de référence (situation avec la chute des cours). La seconde simulation aboutit, logiquement, à un effet plus modeste sur la production, de l’ordre de 0,3% en 2015 et de 0,4% en 2016.
En termes de bénéfices, la chute des cours du pétrole offre à de nombreux pays l’occasion de réduire les subventions énergétiques et d’utiliser les montants ainsi épargnés pour financer des transferts mieux ciblés. D’autres auront la possibilité de durcir la fiscalité énergétique en réduisant par ailleurs d’autres impôts, expliquent les analystes.
n Importateurs: L’analyse se penche aussi sur les effets probables sur les importateurs de pétrole. La baisse des cours agit de trois manières: «l’effet de l’augmentation du revenu réel sur la consommation, puis la réduction des coûts de production des produits finis et enfin sur le taux d’inflation». L’intensité de ces effets varie d’un pays à l’autre. Par exemple, l’effet lié au revenu réel est plus faible aux Etats-Unis (pays qui produit désormais plus de la moitié du pétrole qu’il consomme) que dans la zone euro ou au Japon. La situation dépend aussi de l’intensité énergétique du pays.
La Chine et l’Inde continuent de présenter à cet égard une plus grande intensité que les pays avancés, et de ce fait profitent davantage d’une baisse des cours. La part de la consommation de pétrole dans le PIB est en moyenne de 3,8% aux Etats-Unis contre 5,4% pour la Chine et 7,5% pour l’Inde et l’Indonésie.
n Exportateurs: L’effet n’est pas négatif pour tous les exportateurs de pétrole, ce qui n’a rien d’étonnant. Cependant, là aussi, il y a de grandes différences entre pays. Partout se produit une baisse du revenu réel et des bénéfices de la production pétrolière, ce sont là les effets symétriques de la situation dans les pays importateurs. Mais l’ampleur de ce recul et l’effet de la baisse des cours sur le PIB dépendent pour beaucoup du degré de dépendance à l’égard des exportations de brut et de la part des recettes qui revient à l’Etat. Pour le dire autrement, les exportateurs dépendent beaucoup plus du pétrole que les importateurs. Prenons quelques exemples.
L’énergie représente 25% du PIB de la Russie, 70% de ses exportations et 50% de ses recettes fédérales. Au Moyen-Orient, pour les pays du CCG, les recettes pétrolières fédérales représentent 22,5% du PIB et 63,6% des exportations. En Afrique, les exportations de pétrole représentent 40-50% du PIB au Gabon, en Angola et en République du Congo et 80% du PIB en Guinée équatoriale. Le pétrole rapporte 75% des recettes publiques en Angola, en République du Congo et en Guinée équatoriale. En Amérique latine, le pétrole correspond à environ 30% et 46,6% des recettes publiques de l’Équateur et du Venezuela, respectivement, et à environ 55% et 94% de leurs exportations. Cela situe l’ampleur des difficultés auxquelles devront faire face ces pays.

Cas de l’Arabie saoudite

L’Arabie saoudite prévoit un important déficit pour son budget 2015, tout en continuant à augmenter ses dépenses. Un déficit de 38,6 milliards de dollars est attendu pour l’an prochain. Le ministre saoudien du Pétrole Ali al-Nouaïmi a répété tout le long de la semaine que l’Opep n’allait pas réduire sa production même si les prix du brut tombent à 20 dollars le baril.
A noter qu’une chute des cours aussi spectaculaire s’était produite en 1986, lorsque l’Arabie saoudite avait décidé de ne plus jouer le rôle de producteur d’appoint: le prix du baril est alors descendu de 27 à 14 dollars, pour ne se redresser qu’une quinzaine d’années plus tard, en 2000. Côté rating, l’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé les perspectives de la note de l’Arabie saoudite de positive à stable après la baisse des prix du brut. Mais elle a également réaffirmé sa note élevée pour Riyad en raison de sa solide position financière.

Fatim-Zahra TOHRY

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