×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Politique

Maroc-Iran
Premier pas vers un réchauffement des relations

Par L'Economiste | Edition N°:4428 Le 25/12/2014 | Partager
Téhéran nomme un nouvel ambassadeur à Rabat
Les problèmes qui avaient envenimé les relations entre les deux pays se sont estompés
Des signaux positifs du Maroc

La nomination par Téhéran d’un nouvel ambassadeur au Maroc constitue un premier signe du dégel des relations diplomatiques entre les deux pays. Néanmoins, il ne pourra présenter ses lettres de créance au Souverain qu’après avoir reçu le feu vert des autorités marocaines

Les relations maroco-iraniennes semblent se diriger vers un dégel, après une période de crispation qui a duré près de 5 ans. L’Iran vient de nommer un nouvel ambassadeur au Maroc, afin de renouer les relations diplomatiques entre les deux Etats, rompues par Rabat, suite au «rôle nocif de l’Etat perse dans la région du Golfe, notamment au Bahreïn, et son activisme, considéré comme visant à altérer les fondamentaux religieux du Royaume», a rappelé Mohamed Amrani Boukhobza, professeur des Relations internationales à l’Université Abdelmalek Sebti à Tétouan. Le Maroc avait pris une position ferme face à la menace d’endoctrinement chiite, encouragé par le régime de Téhéran. Aujourd’hui, les choses semblent évoluer dans le sens de l’apaisement, selon plusieurs observateurs. Des signes du réchauffement des relations entre les deux pays ont été repérés depuis le début de l’année, notamment suite à une conversation téléphonique entre les ministres des Affaires étrangères. Le ministre iranien avait même annoncé que «les ambassades des deux pays allaient bientôt rouvrir». Le changement du leadership iranien semble également avoir joué un rôle dans la reprise des liens diplomatiques. D’ailleurs, Hassan Rohani, qui a succédé à Mahmoud Ahmadinjad, a adressé un message de félicitations au Souverain à l’occasion de la fête du Trône, dans lequel il a dit «souhaiter qu’une nouvelle page s’ouvre dans l’histoire des deux pays». Aujourd’hui, Téhéran a opté pour Mohamed Taghi Moayed, qui connaît bien la région, puisqu’il était auparavant en poste en Tunisie. Pour l’instant, aucune date n’a été avancée concernant l’arrivée du nouvel ambassadeur à Rabat. Il faut dire que la remise des lettres de créance du nouveau diplomate ne peut se faire sans l’aval du Maroc. Néanmoins, «Rabat semble manifester une position positive concernant cette nomination», a estimé Amrani Boukhobza. Surtout que plusieurs indices, selon lui, montrent que les relations entre les deux pays se dirigent vers le réchauffement. Il s’agit notamment des changements au niveau de la configuration géopolitique dans la région du Golfe. Surtout que «les causes qui ont poussé le Maroc à rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran ne sont plus à l’ordre du jour», a noté le professeur des relations internationales. Il s’agit notamment de la menace d’ingérence du régime de Téhéran dans les affaires intérieures d’un pays comme le Bahreïn. D’autant plus que «Rabat, en dépit de son éloignement de la région du Golfe, reste un acteur de référence, considéré, avec la Jordanie, comme des alliés sûrs des pays du Conseil de coopération du Golfe», a-t-il ajouté. Il faut dire également que le Maroc a aussi pris l’habitude de jouer un rôle décisif en matière de médiation et de règlement des différends entre pays dans différentes régions, notamment en Afrique.
Globalement, les tensions qui avaient marqué les relations entre Rabat et Téhéran durant les 5 dernières années semblent s’être calmées. Et «plusieurs indicateurs montrent que le Maroc pourra nommer prochainement un nouvel ambassadeur en Iran», a estimé Boukhobza. Il a rappelé notamment «la visite royale dans la région qui, en dépit de son caractère privé, a été aussi marquée par des actions diplomatiques, qui ont compris également le dossier iranien», a-t-il indiqué. Le Souverain a effectué une visite privée aux Emirats arabes unis avant de s’envoler vers la Turquie. Pour l’instant, le ministère des Affaires étrangères n’a pas fait de commentaire sur ce début de réchauffement des relations diplomatiques avec l’Iran.

Quid de la menace chiite?

LA menace chiite qui plane sur plusieurs pays, dont le Maroc, est l’une des principales causes de la rupture des relations diplomatiques avec l’Iran en 2009. Rabat avait suspecté certains actes d’endoctrinement de jeunes dans certaines villes, notamment au nord du pays, avec un appui de Téhéran. Aujourd’hui, le Maroc va-t-il poser des conditions pour éviter toute forme d’ingérence dans ses affaires intérieures, notamment via les aspects religieux? Pour Mohamed Amrani Boukhobza, «si Rabat envoie des signaux positifs concernant la nomination du nouvel ambassadeur iranien, c’est que les problématiques qui avaient envenimé les relations entre les deux pays ont été réglées». Surtout que le Maroc a pris en charge le renforcement de sa sécurité religieuse, à travers des stratégies qui coupent la route à la percée de nouveaux courants, notamment chiite, a-t-il ajouté. Et la décision de Téhéran de rouvrir son ambassade à Rabat montre qu’il a «accepté les conditions du Maroc», a estimé ce professeur des relations internationales.

M. A. M.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc