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Régions

Cinéma Théâtre Palace Marrakech
Le mur de la discorde

Par L'Economiste | Edition N°:4428 Le 25/12/2014 | Partager
Les splendeurs de ce cinéma des années 30 emmurées
Les bénévoles au service du lieu, chassés

Les trésors du patrimoine marocain viennent d’être murés. Poussez-vous, il n’y a plus rien à voir!

Fermeture subite du Théâtre Palace où les bénévoles des associations Save Cinéma in Morocco et Les amis du Cinéma Théâtre Palace menaient leurs actions culturelles destinées à réhabiliter ce patrimoine en sommeil

Ce lieu chargé d’histoire, qui abrite le cinéma Théâtre Palace et le cinéma Lux est en vente. Deux problèmes se posent alors: être sûr que la loi qui protège les cinémas au Maroc est respectée et que l’acquéreur n’ira pas tout détruire pour y ériger un immeuble dans un centre-ville si convoité, et quel avenir maintenant pour les associations Save Cinema in Morocco et Les amis du Cinéma Théâtre Palace, qui y avaient élu leurs quartiers.
D’un commun accord oral, les bénévoles à la sauvegarde du 7ème art organisaient depuis plusieurs mois des événements pour faire découvrir et redécouvrir tout un quartier et ses salles de cinéma oubliées. Derrière ces murs, attendent de fabuleux symboles du passé, chargés de souvenirs et d’histoires (voir édition n°4338 du 2014/08/13 de L’Economiste). A l’instar du cinéma Eden dans la médina de Marrakech, ce qui devrait être protégé est détruit de manière non conforme. Impossible alors de revenir en arrière. Il ne reste plus que des photos et témoignages de la belle époque, des murs écroulés et un patrimoine englouti par le profit. Mis à la porte après tant d’efforts, le président de l’association de soutien au cinéma marocain, Tarik Mounim, en appelle aux hautes autorités comme gage de préservation du Théâtre Palace.

Derrière les murs du cinéma Théâtre Palace, attendent de fabuleux symboles du passé, chargés de souvenirs et d’histoires

“Nous sommes convaincus que cette adresse doit revivre pour les habitants du quartier. C’est un lieu populaire, qui doit le rester et ne doit pas être détourné pour d’autres projets. Les bénévoles ont mené un travail acharné pour ouvrir au public les portes de ce cinéma trop longtemps fermé. Déblayage, communication, et l’événement “Guéliz en fête” qui a permis de sortir des cartons les archives de la naissance et du développement de ce quartier”. L’engouement autour de ces projets démontre le fort intérêt des habitants, qui de plus, offrait aux visiteurs de passage à Marrakech une nouvelle offre culturelle. Mais au lieu d’encouragements, c’est un sentiment de punition que les bénévoles ressentent depuis cette annonce subite de vente et leur obligation de quitter les lieux sur-le- champ. Il est vrai que l’accueil du public, pour des raisons de sécurité, peut être remis en question. “Nous voulons depuis le début travailler dans un cadre légal, qui n’est jamais venu, rajoute Mounim. Par amour pour la ville, nous avons agi et trouvé les contacts pour assurer la préservation de ces deux cinémas. L’architecte André Stern est venu à ses propres frais et la ville de Marseille, jumelée avec Marrakech, est toute prête à nous suivre”. Reste l’engagement du Maroc pour assurer la protection de son patrimoine.

Retour sur les actions

Depuis plus de 6 mois, les associations Save Cinéma in Morocco et Les amis du Cinéma Théâtre Palace enchaînent les rendez-vous culturels. C’est ainsi que les grands classiques du 7ème art marocain y ont été projetés et des pièces de théâtre et des concerts organisés. En avril dernier, l’événement “Guéliz en fête” a été l’occasion de revisiter les lieux qui ont fait l’histoire. Datant des années 20, 30 et 40, le cinéma Théâtre Palace, le cinéma Lux, la villa Bel Air, la chapelle de 1919, les bâtiments de l’ONCF, l’hôtel de la Koutoubia ou encore les cafés historiques, comme le Bagatelle, la Rôtisserie de la Paix, la Trattoria, les Négociants, le Grand Atlas et le Café de la Renaissance ont été les établissements participant à ces journées du patrimoine.

De notre correspondante,
Stéphanie JACOB

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