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    Analyse/«Mieux communiquer avec la direction générale»

    Par L'Economiste | Edition N°:4426 Le 23/12/2014 | Partager
    Le top management ne connaît pas suffisamment l’activité achat
    La formation des acheteurs, l’autre défi à relever

    Fabrice Ménelot, président de Crop & Co: «Les directeurs généraux qui ont compris l’importance des achats n’ont pas eu besoin de la crise pour mieux valoriser la fonction»

    Les acheteurs sont aujourd’hui confrontés à un marché qui évolue à la vitesse grand V. Ils sont sans cesse tenus de revoir leur organisation pour répondre plus rapidement aux besoins de l’entreprise. Mais ce n’est pas leur unique challenge. Ils doivent aussi consolider leurs liens avec la direction générale qui souvent ne maîtrise que partiellement leur activité, et ne l’apprécie pas à sa juste valeur.

    - L’Economiste: Quelles sont pour vous les principales particularités de la fonction achat au Maroc?
    - Fabrice Ménelot: Le Maroc ressemble aujourd’hui à ce que nous avons vécu en France il y a 15 ou 20 ans. C’est-à-dire, des organisations peu matures, avec des profils qui exercent le métier sans avoir été nécessairement formés, des directions qui n’ont pas encore compris toute l’importance des achats et un code des marchés similaire à celui d’il y a 3 ou 4 ans. Il existe cependant des entreprises qui commencent à s’approprier le sujet. Auparavant la question n’était pas problématique, car la croissance était là. Maintenant les choses sont plus compliquées, surtout avec une concurrence exacerbée et des clients beaucoup plus exigeants. Les entreprises ont besoin d’acheter les meilleurs produits, le moins cher et le plus vite possible.

    - Justement, de nouvelles contraintes ont-elles émergé ces dernières années pour le métier?
    - Ce qui a changé, c’est que tout va beaucoup plus vite. Les fournisseurs évoluent plus rapidement, de même que nos besoins. Les entreprises ont beaucoup de mal à faires des prévisions sur le long terme. Le maximum c’est 6 mois à un an, alors qu’il y a 15 ans, nous fixions des plans sur 3 à 5 ans. Les consommateurs aussi sont devenus moins prévisibles. Cela veut dire que les acheteurs doivent être mieux organisés afin de gérer plus vite les changements.
    - Comment faire évoluer la fonction à votre avis?
    - Deux dimensions me paraissent importantes. La première concerne la relation avec la direction générale qui a souvent une vision un peu restreinte des activités de l’équipe des achats, parce qu’elle n’a pas reçu de formation dans le domaine. Il y a un vrai travail à réaliser à ce niveau. Il est nécessaire d’insister sur le reporting, de mieux communiquer, de faire participer les directeurs généraux aux réunions avec les fournisseurs stratégiques, les inviter à des séminaires... Le deuxième volet a trait aux compétences des acheteurs. La plupart du temps, il s’agit de profils qui ont été promus en interne, mais pas nécessairement formés. Il faut qu’ils soient mieux préparés. 

    - Généralement, les acheteurs sont-ils au fait de leur chaîne de fournisseurs?
    - Souvent, ils en ont une idée un peu raccourcie, ils en connaissent quelques-uns, mais pas toute la chaîne. Ils ont de la visibilité sur les quelques fournisseurs avec lesquels ils travaillent uniquement. C’est justement cette maîtrise du marché fournisseurs qui fait la maturité des organisations. En Europe, nous avons quand même beaucoup d’entreprises qui connaissent bien ce marché et qui sont capables d’opérer sur le plan mondial. A mon avis, c’est l’un des points majeurs de l’évolution du métier de l’acheteur.

    - La crise a-t-elle tiré les salaires des équipes des achats vers le haut?
    - Les directeurs généraux qui ont compris l’importance des achats n’ont pas eu besoin de la crise pour mieux valoriser la fonction. La conjoncture actuelle devrait normalement être plus favorable aux acheteurs, mais malheureusement ça n’a pas été le cas. Les managers ne s’intéressent pas encore aux achats comme ils le devraient. 

    Des salaires peu attractifs

    «Au Marc, les salaires ne sont pas encore au bon niveau», estime Fabrice Ménelot. Cela joue sur l’attractivité de la spécialité achats auprès des étudiants qui préfèrent s’orienter vers d’autres domaines comme le marketing ou encore la finance. Alors que la moyenne des salaires des acheteurs au Maroc reste plutôt modeste, en France, elle est pratiquement au même niveau que celle des commerciaux. Un directeur des achats dans une grande entreprise française, par exemple, peut toucher entre 150.000 et 300.000 euros par an. Dans une entreprise moyenne, un directeur peut percevoir entre 80.000 et 100.000 euros.

    Propos recueillis par
    Ahlam NAZIH

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