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    Analyse

    Télécoms
    Les revenus encore sous pression

    Par L'Economiste | Edition N°:4426 Le 23/12/2014 | Partager
    Les fortes baisses des prix banalisent la prestation
    Le test de la 4G, déterminant pour l’avenir du secteur

    Le cercle vertueux du business des télécoms implique plus de revenus pour encore plus d’investissements. Or, le contexte économique actuel et les niveaux de revenus suite à la baisse des prix… non seulement ne favorisent pas cette logique, mais réduisent la marge de manœuvre des opérateurs. C’est dire que les revenus subissent de fortes pressions. En effet, le secteur s’est installé dans une spirale contre-productive de nivellement des prix par le bas. Le revenu moyen par minute a enregistré une baisse annuelle de 23%, passant à 0,33 DH/HT à fin septembre 2014 contre 0,43 DH/HT en 2013. En plus des prix qui s’effritent, la croissance nette du parc est en baisse significative de 59% par rapport à l’an dernier. Les derniers chiffres de l’ANRT parlent d’un parc de 44 millions de clients GSM. Mais l’abonnement postpayé représente à peine 5%. Le prépayé s’offre la part du lion (94,8%). Ce qui n’arrange pas le business et l’évolution des usages. Chez certains opérateurs, «l’augmentation du parc est tirée en partie par la distribution gratuite de puces loin de toute logique de rentabilité pure», analyse un expert. Le recul des revenus touche également Internet. La facture moyenne mensuelle par client (Internet) est passée à 25 DH HT contre 34 DH il y a un an. La concurrence acharnée a accentué «la tendance baissière des prix et a amené chaque opérateur à tenter de se différencier ou à chercher de nouveaux marchés afin de détourner la pression concurrentielle et retrouver une position de rentabilité», précise l’étude. Sauf que la bataille sur les prix s’est faite au détriment de l’amélioration de la qualité de service et de la valeur ajoutée. D’ailleurs, l’été dernier, le régulateur a tiré la sonnette d’alarme sur la qualité du réseau. Une enquête de l’ANRT a permis de confirmer le ressenti de détérioration du service. Une 2e campagne de mesure est en cours pour permettre au régulateur de prendre les dispositions réglementaires qui s’imposent à la veille de la loi sur les télécoms et du déploiement de la 4G. En attendant, il va falloir optimiser vaille que vaille le business. Il en va de la survie des opérateurs et de leur écosystème dans un contexte où le marché de la voix est saturé. Il est même complètement banalisé. Fini les taux de croissance euphoriques d’il y a quelques années sur la voix prépayée. Le business model est relativement tendu entre opérateurs. Face à la mutation des besoins, les relais de croissance seront désormais dans la data, s’accorde à dire la corporation. Sur ce registre, le déploiement de la 4G promet de multiples enjeux. Mais là encore, la prochaine étape requiert une forte régulation. Car, en l’absence de nouveaux textes de loi, «l’ANRT ne dispose pas d’outils juridiques qui lui permettent la mise en place de bonnes pratiques et de solutions pour l’ensemble du secteur», a confié un opérateur à L’Economiste. En 2015, le déploiement de la 4G permettra de jauger la qualité des arbitrages et du contrôle. Principal baromètre d’évaluation: le partage d’infrastructures. Cette fois-ci, les investissements seront lourds. Reproduire encore une fois le schéma de la redondance, en multipliant par 3 les mêmes infrastructures, fera rater au Maroc un grand rendez-vous avec l’histoire et l’avenir des télécoms.

    Réformes de nouvelle génération

    l’avenir est dans la data. Or, les prestations actuelles des données ne représentent qu’une infime partie du business et du chiffre d’affaires. La réglementation ne favorise pas la possibilité de rentabiliser l’investissement en infrastructures et dans les terminaux. S’y ajoute le peu de visibilité qui limite le développement d’un tissu industriel local. Du coup, «les opérateurs se retrouvent limités essentiellement à la concurrence sur une variable destructrice de valeur», analyse l’étude. Face à ce constat, le marché devra passer à une nouvelle génération de réformes pour se développer organiquement. Dans le même sillage, le marché marocain est invité à mettre en place des règles de concurrence qui favorisent l’arrivée de nouveaux entrants, des IDE et réduisent les craintes de pertes dans l’investissement. Pour y arriver, une grande autonomie structurelle et financière de l’ANRT est préconisée. C’est impératif…

    A. R.

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