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    Analyse

    Télécoms: Pourquoi le business ne va pas plus vite

    Par L'Economiste | Edition N°:4426 Le 23/12/2014 | Partager
    La fracture sociale persiste dans l’arrière-pays
    Démographie, géographie, régulation… les freins de la croissance

    Le trend baissier des prix mesurés par le revenu moyen/minute (ARPM) se poursuit sur le mobile. En un an, il a marqué un recul de 23%

    Malgré les avancées majeures réalisées dans les télécoms, «la réglementation du secteur freine sa croissance, son élan, et piège sa compétitivité». Ce sont là les conclusions assez critiques d’un récent rapport d’experts de l’Institut des hautes études internationales (IHEI). Une étude qui vient décrypter les spécificités du marché marocain et les défis auxquels sont confrontés régulateur et opérateurs. Certes, l’analyse revient sur cette révolution réglementaire. Une expérience réussie très saluée à l’international et érigée en modèle régional en termes de démantèlement du monopole avec ce que cela implique sur la concurrence, la compétitivité, le déploiement d’infrastructures, le contrôle/régulation, l’évolution des offres au profit du consommateur ou encore le développement socioéconomique… En revanche, «ces évolutions n’ont pas toujours profité à l’ensemble des parties concernées», précise le rapport. Parmi les principaux freins avancés, le facteur démographique. De l’avis de l’expert international Vladimir Hlasny, professeur d’économie à Séoul qui s’intéresse au marché marocain, la faiblesse des revenus, la forte proportion des ruraux, le faible niveau d’alphabétisation, le déficit de connaissances techniques… ont brimé la croissance du secteur et limité la demande des ménages et des entreprises ainsi que l’offre en services et contenus. S’y ajoutent les faibles niveaux de connaissances en informatique et en anglais, des préalables au développement du contenu et du niveau d’exigence de produits et services. L’évolution des télécoms est, rappelons-le, profondément liée au degré de leur intégration aux domaines de l’informatique et de l’audiovisuel.
    Résultat: ces facteurs démographiques ont impacté négativement les avancées économiques que devraient apporter les télécoms, le rythme de déploiement des infrastructures et les investissements potentiels. Ce qui explique les niveaux actuels d’utilisation et le faible taux de croissance du marché des données. En plus du facteur démographique, la géographie n’arrange pas la situation non plus. La répartition de la population, les zones montagneuses enclavées et l’étendue du territoire compliquent la généralisation des infrastructures et de la qualité de service à l’ensemble du pays. Malgré les efforts déployés les 10-15 dernières années à travers le système universel, l’on relève encore le déficit d’infrastructures et de qualité de service dans les régions éloignées, celles à faibles revenus et dont le potentiel commercial n’est pas jugé porteur. «La qualité de service et la couverture du réseau restent un problème posé dans les zones rurales. Le téléphone fixe est encore limité aux régions urbaines», relève l’étude. Une situation qui se traduit par «une fracture numérique» d’une région à l’autre, entre groupes, milieux rural/urbain, tranches d’âge, catégories socioprofessionnelles… Ce qui suppose encore plus d’efforts pour la démocratisation des usages. Là encore, la marge de manœuvre du régulateur reste limitée!
    En attendant, et faute de moyens de s’offrir des services plus sophistiqués et à forte valeur ajoutée, certains segments du marché restent hors circuit, mal desservis, sans service ou désavantagés par l’interconnexion coûteuse entre opérateurs. Ce qui nourrit encore plus la fracture sociale et complique davantage l’accessibilité, les investissements et le développement de nouveaux prestataires.
    Autres limites et non des moindres, le manque d’une vision «long-termiste» générant plus de visibilité aux opérateurs et la régulation qui ne favorise pas la concurrence. «Le régulateur a défendu une vision étroite et à très courte portée sur la libéralisation et la concurrence», signale l’Institut international. Ce choix a mis l’accent sur le prix des services à court terme plutôt qu’une combinaison plus globale des fonctions de service proposées par les fournisseurs. D’ailleurs, selon le rapport, les règles qui régissent le volet concurrentiel sont conçues de manière statique et ne se prêtent pas à une logique de dynamique, cohérente avec l’évolution du marché. Cette situation entraîne parfois des restrictions par rapport aux stratégies des entreprises, leurs plans de développement et les interactions entre opérateurs. C’est d’ailleurs le cas pour l’Internet haut débit chez les segments des jeunes.
    Dans ce contexte qui n’offre pas suffisamment de visibilité, «Le régulateur doit lutter pour obtenir davantage d’autonomie structurelle et financière par rapport au gouvernement, pour davantage de transparence et de responsabilité dans ses prises de décision».

    Appel d’offres 4G: Fortes inquiétudes chez les opérateurs

    A la veille du déploiement de la 4G et de la promulgation de la loi sur les télécoms, des opérateurs risquent de pas soumissionner à l’appel d’offres sur la technologie de 4e génération. L’on se pose «très sérieusement la question» avant de débloquer les milliards de dirhams que le déploiement implique. «Il est difficile de trancher dans des conditions où les règles du jeu ne sont pas claires», confie un opérateur. Par ailleurs, le projet de loi sur les télécoms, qui doit fixer les futures règles du marché, n'est toujours pas passé au Parlement malgré les enjeux qu'il implique. Pour rappel, le gouvernement l'a déposé mi-septembre dernier.

    Amin RBOUB

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