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International

Affaire «Sony Pictures»
La cyber-attaque qui inquiète le FBI

Par L'Economiste | Edition N°:4425 Le 22/12/2014 | Partager
Les risques pèsent sur les infrastructures sensibles
La Maison-Blanche prépare sa riposte, après enquête

Après le piratage d’un nombre incalculable de ses données confidentielles, Sony Pictures a été contraint de répondre aux demandes des ses agresseurs en annulant la projection du film «The Interview» qui lui a coûté 80 millions de dollars

C’est peut-être le plus grand hold-up cybernétique de l’année. L’affaire du vol des données de Sony par un mystérieux groupe de pirates informatiques appelé «Gardiens de la paix» constitue un virage dans l’histoire de la cybercriminalité. Il n’est pas facile de mettre à genou le poids lourd de Hollywood, Sony Pictures, et l’obliger à annuler la diffusion du film «The Interview», une comédie satirique sur un complot fictif de la CIA pour assassiner le leader nord-coréen Kim Jong-Un.
Sony ne perd pas seulement le budget du film en question, soit 80 millions de dollars, mais également une centaine de téraoctets d'informations, dont plusieurs films programmés pour l’année prochaine, le scénario du prochain James Bond, des mails internes, les mots de passe et dossiers médicaux des employés ou encore les salaires de ses responsables les mieux payés. Ces informations qui ont été publiées sur des sites comme The Pirate Bay, Github ou Pastebin, ne représente qu’une minuscule partie de ce qui a été hacké. Malgré les messages confiants du management du studio, il sera difficile de l’imaginer trouver une issue à cette impasse.
Washington particulièrement interpelée sur la sécurité informatique est en train d’«évaluer des options» pour répliquer à cette cyber-attaque. Cette déclaration prudente est justifiée par le fait qu’il est très difficile de déterminer le coupable de l’attaque. Mais tous les soupçons conduisent vers le régime nord-coréen. S’ils se confirment, cela voudrait dire que Pyongyang dispose d’une capacité de nuisance et d’attaque qui était insoupçonnable jusqu’à présent. Et c’est ce qui inquiète les services de sécurité américains car ils imaginent des scénarios les plus extrêmes comme la paralysie de l’alimentation électrique ou des aéroports par l’attaque de leurs systèmes d’information. La seule certitude  sur l’attaque sur Sony vient du mode opératoire des hackeurs, qui a pu être déterminé au fil de l'enquête menée par le FBI. Pour s'introduire dans le système du studio, les hackers ont utilisé un malware (logiciel qui s'installe dans un ordinateur à l'insu de ses utilisateurs) qui n'a pas été détecté par les équipes de sécurité de Sony Pictures. Le logiciel a rendu le système complètement inutilisable après le vol de données. Cela dit, plusieurs éléments préliminaires de l’enquête confirment l’implication du régime nord-noréen dans cette opération (il a renié l’attaque mais a défendu sa «légitimité»). On parle même de l’implication de Pékin, d’où certains des membres des «Gardiens de la paix» ont exécuté leur plan.
Vivant dans l'obsession d'une invasion orchestrée par la Corée du Sud et les Etats-Unis, le pouvoir communiste de Pyongyang a lourdement investi pour améliorer ses capacités d'intrusion informatique afin de paralyser ou détruire les systèmes et serveurs gérant des services publics essentiels. L'objectif ultime de la cyber-stratégie de la Corée du Nord est de pouvoir attaquer les infrastructures de la Corée du Sud et des Etats-Unis.
M. L.

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