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Economie

Audiovisuel
Régulateurs et diffuseurs main dans la main

Par L'Economiste | Edition N°:4425 Le 22/12/2014 | Partager
Le pôle public appelle à une vraie réforme
Redéfinir les missions comme premier pas
L’espace européen laboratoire des réformes

A par veiller sur le respect des réglementations, un régulateur audiovisuel participe aussi à la stabilité économique du secteur

«On s’en fiche, c’est de l’argent public»! C’est avec cette réplique, tirée du long-métrage marocain «C’est eux les chiens», qu’un des représentants de l’Observatoire européen de l’audiovisuel ouvre sa communication le 18 décembre à Rabat (voir encadré). André Lange relève que le débat sur la gestion de la dépense publique dans le secteur audiovisuel «n’est pas spécifique au Maroc». Le chef du département informations sur les marchés et les financements se focalise sur le cas européen. Certes, la situation financière des radio-TV publiques «s’est nettement améliorée depuis 20 ans». Mais quelques mauvaises pratiques persistent: La ventilation des revenus «n’est pas toujours fournie avec précision» et «il est difficile d’obtenir les rapports de certaines entreprises».
L’essentiel est qu’il y a eu une refondation juridique marquant ainsi les territoires entre «secteur public» et «service public». L’un définit les opérateurs «sous contrôle capitalistique public», donc contrôlés par l’Etat. Le second concept  porte plutôt sur «le financement des activités…» -programmes d’intérêt général-  ayant une valeur ajoutée pour contribuable (téléspectateur et auditeur).
Notons que la réglementation européenne ne jure que par la libéralisation, la concurrence et la performance...
Faïçal Rachid Laraichi, président du pôle audiovisuel public, enchaîne. Une question lancinante revient au sein du conseil exécutif d’Eurovision dont il est membre: «Quelle indépendance éditoriale face aux modes de financements?». Chaque gouvernement a ses priorités… budgétaires. Les diffuseurs publics se trouvent ainsi tenaillés entre l’agenda politique, la crise économique, le changement des modes de consommation qui basculent vers le digital. Avec en toile de fond, des choix technologiques décisifs pour la survie des opérateurs audiovisuels, public et privé. Le patron de la SNRT s’interroge ainsi sur la pertinence de la TNT d’ici 10 ans: «N’y a-t-il pas risque qu’elle soit dépassée?». L’orateur relaie l’une des grandes équations de ce 21e siècle marqué par la Révolution technologique en prenant ses précautions. «C’est une proposition académique et non politique». Il va falloir faire le ménage «en distinguant entre chaînes commerciales (2M et Medi1 TV par exemple) et celle publique (SNRT). Le tout en étant à l’écoute du citoyen avec un modèle économiquement viable et cohérent». 
Toutes ces idées ont fécondé la très captivante réunion d’experts organisée jeudi dernier à Rabat par le régulateur audiovisuel (Haca) et l’Observatoire européen de l’audiovisuel. «Le financement de la télévision publique: scénario économique et modèles de régulation» était à l’honneur. Avec un accent particulier sur le modèle marocain et tunisien. La présidente de l’Observatoire, -créé en 1992 et disposant d’une base de données portant sur plus de 40 marchés européens-, promet «de revenir au Maroc». Pays-membre où «nous sommes venus apprendre sur le fonctionnement de son modèle audiovisuel, son background culturel…». Le 17 décembre, les experts européens ont fait un tour chez la Haca et le Centre cinématographique marocain. Le but de leur observatoire est «de connecter les professionnels: sources d’informations, évolution de l’industrie, régulation du marché…».

Adhésion & vision

L’événement marque le 1er anniversaire d’adhésion du Maroc à l’Observatoire européen de l’audiovisuel. «Nous en sommes le 41e membre, le premier non européen et le seul à ce jour», tient à préciser Amina Lemrini Elouahabi, présidente du régulateur audiovisuel (Haca). Adhésion qui a été actée le 16 décembre 2013 par le comité des ministres du Conseil de l’Europe. Le Maroc est de facto arrimé au marché européen… pour le meilleur et pour le pire. Jamal Eddine Naji, DG de la Haca et son représentant au conseil exécutif de l’Observatoire européen de l’audiovisuel, «veut écouter» en gardant à l’esprit la liquidation de la Radio-Télévision publique grecque en 2013 (ERT). Le référentiel onusien n’est pas en reste. La Déclaration de Rabat de mai 2000 rappelle que «les médias publics ne sont pas au service de l’Etat mais du citoyen. Avec comme objectif la liberté, la démocratie et le développement».
Tout un programme! La direction générale saisit l’occasion pour lancer un message particulièrement aux équipes du régulateur sur «les chantiers à ouvrir» et «les notions à préciser que sont: service public, régulation, financement (crédit ou investissement du citoyen?), décentralisation, concurrence des médias alternatifs du Net… Tout en prônant une vision aux tendances régalienne: «le commercial (opérateur privé) est un locataire. Le service public est le propriétaire» des ondes.

Faiçal FAQUIHI

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