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Evénement

Affaire du stade de Rabat: La correction royale

Par L'Economiste | Edition N°:4425 Le 22/12/2014 | Partager
Un désaveu pour la gouvernance au département d’Ouzzine
Fini l’improvisation politique?
Le chef du gouvernement sommé de s’impliquer dans la gestion de cette affaire

Dans le milieu politique, la suspension de Mohamed Ouzzine est interprétée comme «une invitation à la démission»

C’est un véritable réquisitoire contre Ouzzine et un désaveu pour la gouvernance au ministère en charge des Sports. L’annonce de la suspension du ministre de la Jeunesse et des Sports a été ressentie comme un tsunami qui a frappé la classe politique, confortablement installée dans une impunité sournoise. C’est la première fois qu’un ministre est sanctionné de cette manière, à l’exception  de Ahmed Lakhrif, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, limogé en 2008 par le Souverain, pour avoir obtenu la nationalité espagnole alors qu’il était membre du gouvernement El Fassi. Ce cas n’avait pas fait grand bruit. Mais l’affaire du complexe de Rabat suscite une vive polémique.
Les images insupportables d’un Maroc (avec des raclettes sur un terrain gazonné, des éponges et des seaux d’eau…) ont fait le tour du monde. Ce qui a suscité indignation et frustrations chez beaucoup de Marocains. Ce sentiment s’est amplifié lorsque l’opinion publique a pris conscience que la réaction du chef du gouvernement n’a pas été à la hauteur de la gravité du moment. Contacté par L’Economiste, un ancien ministre de la Jeunesse et Sports s’étonne que le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, «n’ait pris la décision de son propre chef de remercier Ouzzine au lendemain de la polémique du stade My Abdellah».  Et d’ajouter: «La politique consiste à avoir le courage de prendre des décisions qui font mal». D’ailleurs, l’article 47 de la Constitution donne ce droit à Benkirane : «Le chef du gouvernement peut demander au Roi de mettre fin aux fonctions d’un ou de plusieurs ministres du gouvernement». A priori, Abdelilah Benkirane ne semble pas bien mesurer l’ampleur du désastre provoqué par les images retransmises à travers les télévisions internationales, à l’occasion des quarts de finale du Mondial des clubs champions. En tout cas, la décision royale a désamorcé la crise et les tensions des citoyens. La finale du Mundialito, avec la présence du prince héritier, s’est déroulée dans une ambiance apaisée.  Ce feuilleton, qui a démarré vendredi dernier par une instruction royale donnée au chef du gouvernement, promet encore des rebondissements. L’état-major du Mouvement populaire est sonné. Il cherche à rebondir et trouver une ligne de conduite. Le SG du MP Mohand Laenser n’a pas été gâté. Après le scandale du chocolat, le voilà empêtré dans celui du stade Moulay Abdellah de Rabat, qui l’éclabousse directement. Comment va-t-il gérer ce problème ? Si dans le premier cas, il a esquivé pour laisser passer la vague, cette fois-ci, c’est le Souverain qui intervient. Va-t-il pousser le ministre à déposer sa démission au chef du gouvernement ou se contentera-t-il d’attendre, passif, la suite des évènements ? En tout cas, la suspension d’Ouzzine est interprétée, dans le milieu politique, comme «une invitation à la démission». Pour l’heure, même la gestion de cet épisode par le ministre lui-même n’a pas arrangé ses affaires. «Au lieu de faire profil bas et attendre une enquête sérieuse qui détermine les responsabilités, il a multiplié les maladresses en défiant les uns et chargeant les autres. Et ce, dans une précipitation sans commune mesure», confie un député du même parti. Le ministre Ouzzine n’en est pas à sa première controverse. Il y a eu l’improvisation de la cérémonie d’ouverture du Mondial des Clubs en 2013. Il a aussi très maladroitement géré la communication avec la CAF (Issa Hayatou) autour de la CAN (affaire Ebola). Ouzzine a également minimisé la polémique sur la pelouse du stade de Rabat. Plus encore, il aggrave son cas en refusant d’assister la semaine dernière à une séance de questions orales au Parlement.

Mouvement populaire: Guerre d’influences

DANS les milieux politiques, et même dans les rangs du Mouvement populaire (MP), beaucoup considèrent que l’ascension politique de Mohamed Ouzzine trouve son origine dans ses liens familiaux. Sa belle famille, particulièrement Halima Assali, a beaucoup d’influences au sein des instances dirigeantes du MP. Ouzzine était membre du cabinet de Laenser lorsque ce dernier était à la tête de l’Agriculture dans le gouvernement Jettou. D’ailleurs, l’ancienne députée du MP et belle-mère d’Ouzzine, est montée au créneau pour prendre la défense de son gendre dans les médias dès les premiers jours de la polémique sur le stade.

A. R.

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