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    Economie

    Du rififi à la Fédération de chasse

    Par L'Economiste | Edition N°:4424 Le 19/12/2014 | Partager
    Deux présidents se disputent la légitimité
    Les conseillers mettent en place une Commission d’enquête parlementaire
    De fortes chances que cette initiative tombe à l’eau

    La Fédération royale marocaine de chasse, qui compte 71.400 chasseurs et 1.385 associations,  est empêtrée dans une affaire judiciaire, avec deux présidents qui se disputent la légitimité. Le tribunal les a éconduit tous les deux

    La Chambre des conseillers a rassemblé les signatures nécessaires pour constituer une Commission d’enquête parlementaire sur la Fédération royale marocaine de chasse. Cette Commission doit se réunir dans les prochains jours pour élire son président, son rapporteur et les membres de son bureau. C’est la première depuis l’adoption de la Constitution de 2011. De prime à bord, l’initiative des parlementaires peut paraître louable. Mais, dans la réalité, elle ne respecte pas les dispositions constitutionnelles. En effet, l’article 67 de la Constitution est on ne peut plus clair: «Il ne peut être créé de commission d’enquête lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours. Si une commission a déjà été créée, sa mission prend fin dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits qui ont motivé sa création ». Et rien que pour cela, les initiateurs de la Commission doivent se reprendre. Car cette affaire qui oppose deux présidents de la Fédération de chasse, qui se disputent la légitimité, est déjà devant la justice. Le tribunal a même renvoyé dos à dos les deux protagonistes. En effet, un jugement a annulé les assemblées générales des deux. Celle de juin qui a porté Chafik Jilali, à la tête de la Fédération. Il était président délégué du temps de feu Abdelaziz Meziane Belfkih. Celle de juillet, organisée par ses adversaires, a choisi Omar Dekhil comme nouveau président. Donc, les chasseurs se sont retrouvés avec deux bureaux fédéraux et deux présidents. Cela s’est enchaîné par des plaintes et l’échange d’accusations. D’ailleurs, les reproches de détournement des deniers publics ne tiennent pas puisque le quitus était donné au bureau à chaque fois qu’il présentait son rapport moral et financier lors des assemblées générales passées. En fait, à l’origine du litige, l’exclusion du bureau fédéral de responsables d’associations de chasse de la région de Béni Mellal. Le motif affiché par Chafik Jilali est une «condamnation de manière définitive, avec interdiction de se présenter aux élections». Se sentant exclus, ils ont donc réagi en organisant une AG en juillet dernier avec l’élection d’un autre président (Omar Dekhil).
    En tout cas, la crédibilité de la Commission d’enquête parlementaire est compromise. Comment le Parlement peut-il se mobiliser sur un litige entre deux personnes autour de la présidence d’une association, s’interrogent des députés. «D’ailleurs, cette institution n’a pas le droit de contrôler la société civile, même s’il s’agit de subventions publiques. C’est à la Cour des comptes ou à l’Inspection générale des Finances d’assumer cette mission», renchérit un autre. De toute manière, rien n’est joué. Certains parlementaires signataires pourraient faire marche arrière. «Ils n’étaient pas au courant de la tournure judiciaire de l’affaire et de l’identité de l’un des deux protagonistes du dossier. Il s’agit de Omar Dekhil, président de la Commission de la justice, la législation et les droits de la Chambre des conseillers. On ne peut pas créer une Commission d’enquête pour des règlements de comptes et abus de pouvoir», affirme Mohamed Daidaa, chef du groupe parlementaire de la FDT dont l’un des camarades est membre de cette commission. «Si c’est le cas, nous retirerons nos signatures», prévient-il.
    Qu’importe, on le saura dans les prochains jours. Pour l’heure, le Haut-commissariat aux eaux et forêts considère que la Fédération n’a pas d’existence. La tentative de médiation menée par Abdeladim Lhafi, à la demande des deux protagonistes, avec une feuille de route et une méthodologie pour redresser la situation, n’a pas donné ses fruits. Il a donc pris une décision catégorique, adressée à Chafik Jilali et Omar Dekhil: «Tant que la Fédération est dans une situation de litige et l’affaire devant le tribunal, le Haut commissariat ne travaillera qu’avec le bureau  qui sera consacré par une décision judiciaire». Pour lui, «il s’agit d’un problème de gestion des ressources humaines avec constitution de clans. La Fédération a besoin de tout le monde. Aujourd’hui, il faudra organiser de nouvelles élections pour donner la légitimité à celui qui l’emportera».


    Mohamed CHAOUI

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