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    Economie

    Pourquoi mesurer le capital immatériel

    Par L'Economiste | Edition N°:4424 Le 19/12/2014 | Partager
    Un instrument fiable pour les politiques publiques
    Gros gain pour la compétitivité de l’entreprise

    La richesse d’un pays ne tient pas seulement à sa valeur physique ou comptable. Ceci, n’est que la partie visible de l’iceberg que mesure le PIB ou encore le disponible en matières premières. Or, «le capital immatériel s’érige comme facteur clé de succès d’une entreprise, d’une économie, ou plus largement, d’une nation».
    C’est entre autres le constat dressé par les 3es Assises de la comptabilité au Maroc et dont L’Economiste est partenaire.
    Le thème : Actifs immatériels, levier de la compétitivité des entreprises et des nations a réuni  une pléiade d’experts. Et l’enjeu est de taille. Pour Nizar Baraka, président du Conseil économique, social et environnemental, le poids du capital intangible se situe entre 70 et 75% de la richesse nationale. Un poids qu’il faut prendre en considération pour l’élaboration des politiques publiques. C’est d’ailleurs l’objectif recherché à travers l’étude lancée conjointement par la Banque centrale et le Conseil, suite au discours royal du 30 juillet dernier. «Surtout, dans le contexte actuel marqué l’ampleur des investissements immatériels et la course à l’appropriation de la rente résultant des brevets et la R&D de manière générale», note de son côté Ahmed Bounfour, professeur titulaire de la Chaire européenne de management de l'immatériel à l'Université de Paris Sud. Car, la richesse nationale correspond à un ensemble d’actifs comme le capital humain, social, l’attractivité, la compétitivité, la stabilité, la qualité des institutions, l’innovation et la recherche scientifique, la qualité de la vie et de l’environnement, et bien d’autres. C’est qui est retenu par la plupart des définitions dédiées. L’observatoire français de l’immatériel retient 10 actifs principaux. (Voir infographie ci-dessus). Mais les contours de la notion même du capital immatériel restent encore flous et extensibles. Pour la Banque mondiale le capital immatériel se compose du «capital social, humain et institutionnel». L'OCDE donne une définition plus large à ce qu’elle appelle «actifs intangibles», notion qui englobe tous les actifs qui n'ont pas une «un caractère physique ou financier».
    Pour Mostapha Fraiha, expert comptable, sur les 10 actifs incorporels recensés par l’Observatoire français, à peine trois sont actuellement mesurables. C’est dire le défi posé à la profession. 
    «Les actifs immatériels sont difficiles à mesurer car ils ne sont pas toujours dissociables, mais ont tendance à être complémentaires et peuvent être très imbriqués», relève Alain Fustec, directeur scientifique de l’Observatoire de l’Immatériel-France. A titre d’exemple, la majeure partie des dépenses de R&D se traduit en fait par la rémunération d’une main d’œuvre hautement qualifiée alors que ce savoir faire est le résultat d’une formation. De même, un brevet qui est le fruit d’activités scientifiques constitue aussi le moyen légal de «sécuriser» les idées du personnel de l’entreprise (capital humain. Ces interactions ne doivent pas être négligées. A défaut,  le tableau risque d’être incomplet et on n’aura pas une image exacte de la contribution totale des actifs immatériels à la performance économique.
    Pour remédier à la complexité, certains pays comme l’Allemagne et le Japon adoptent la communication.
    Au niveau de l’entreprise, le même schéma peut être relevé, avec cette nuance qu’il plus simplifié pour les banques. Selon Ahmed Rahhou, PDG du Crédit immobilier et hôtelier, «les actifs incorporels d’un établissement bancaire résident dans le capital humain et le système d’information». Et ce sont les leviers qui ont été déployés pour mener la restructuration de la banque. Le slogan «le bon sens a de l’avenir» y trouve d’ailleurs toute l’explication. A charge donc pour les entreprises des autres secteurs de répertorier les gisements dont elles disposent en termes de capital humain, de savoir faire, de  confiance auprès de la clientèle et surtout de gouvernance et de transparence. Ce sont là quelques-unes des conditions pour transformer les actifs intangibles en leviers de compétitivité. Surtout que tout évolue dans une économie mondialisée.

    Un observatoire au Maroc

    L’idée de créer au Maroc un observatoire dédié au capital immatériel a été lancée mardi dernier lors des 3es Assises de la comptabilité. Proposée par la délégation française, l’idée a reçu bon écho parmi les membres de l’Ordre des experts-comptables. Surtout, qu’elle a été formulée par le directeur scientifique de l’Observatoire de l’Immatériel-France. Il faut donc attendre les résultats de l’étude lancée par le CESE et Bank Al-Maghrib pour voir si l’idée ferait l’objet d’une recommandation.

    A. G.

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