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    Entreprises

    Royal Air Maroc peaufine son business plan
    De notre envoyé spécial à São Paulo, Hassan EL ARIF

    Par L'Economiste | Edition N°:4423 Le 18/12/2014 | Partager
    Elle vient de réceptionner quatre appareils Embraer E190
    La compagnie opte pour le leasing pour renforcer sa flotte
    Le contrat s’étale sur 8 ans sans option d’achat

    Les avions Embraer E190 ont une autonomie de cinq heures, soit un rayon de 5.000 km selon les conditions de vol

    Royal Air Maroc vient de réceptionner quatre avions brésiliens de type Embraer E190. Ce qui porte sa flotte à 52 appareils. Il ne s’agit pas de ventes fermes, mais plutôt de location. «Royal Air Maroc avait lancé un appel d’offres international pour la location d’avions de 100 sièges et nos analyses techniques ont montré qu’Embraer répondait le mieux à notre cahier des charges, d’autant plus que les appareils étaient disponibles», explique Yassine Berrada, directeur financier de Royal Air Maroc. Ainsi, la compagnie pourra exploiter les quatre avions Embraer pendant une durée maximale de huit ans avec une option de retrait au bout de six ans.
    Destinés à des vols court et moyen-courriers, les avions Embraer E190 ont une autonomie de cinq heures. Soit un rayon d’action qui permettra à Royal Air Maroc de couvrir la quasi-totalité du marché européen et l’Afrique de l’Ouest.
    Comment ces appareils ont-ils donc été livrés depuis l’usine de montage située à São José dos Campos (Etat de São Paulo), au Brésil, à Casablanca? La distance entre les deux pays étant d’environ 7.500 km. Les aéronefs ont été livrés à Royal Air Maroc sur le site même de leur fabrication, après une batterie de tests, réalisés par les équipes nationales. En raison de leur autonomie limitée, les appareils ont dû être acheminés vers le Maroc par les pilotes de RAM, en trois escales: São José jusqu’à Recife, dans l’Etat du Pernambouc au sud du Brésil, puis de là jusqu’au point le plus proche du Maroc, qui est Dakar. Les avions ont ensuite continué leur vol jusqu’à leur destination finale, qui est la métropole économique.
    Plusieurs formalités administratives, sont encore nécessaires avant l’obtention du certificat technique d’exploitation, l’équivalent de la carte grise pour l’automobile. La compagnie devra également produire les licences des pilotes qui sont appelés à opérer ces appareils car, contrairement à la conduite d’une voiture ou d’un poids lourd, il faut une nouvelle licence pour chaque type d’avion. Les nouveaux aéronefs seront ensuite destinés à augmenter les fréquences sur des lignes déjà existantes ou à des marchés offrant un grand potentiel.
    La location d’avions par les compagnies aériennes est une tendance qui s’est installée depuis une quinzaine d’années. C’est ce qui explique d’ailleurs que l’on entend parfois parler d’une commande de plusieurs dizaines, voire de centaines d’appareils auprès d’un avionneur. Les aéronefs ne font donc pas toujours l’objet d’une vente irréversible. La location est même devenue un métier.

    5.000 avions au compteur

    Le brésilien Embraer est le troisième constructeur aéronautique civil après Boeing et Airbus et devant Bombardier. Il est le leader mondial du segment d’appareils de 70 à 130 sièges. Le groupe a livré 5.000 avions de différentes catégories. Ces derniers sont présents dans les quatre coins du monde.
    La transaction commerciale avec RAM devrait lui permettre de se développer sur le marché africain où le trafic aérien progresserait de plus de 8% au cours des années à venir. Pour le moment, Embraer n’envisage pas d’emboîter le pas à Bombardier en ouvrant une unité d’assemblage au Maroc. En revanche, des contacts ont été noués avec 25 usines de montage pour des fournitures de composants d’avions. C’est déjà cela de gagné.

    Le loyer, une option gagnante?

    Au niveau international, les avions exploités en leasing peuvent représenter jusqu’à 40% de la flotte. Ainsi, sur 52 avions de la flotte de Royal Air Maroc, 14 sont dans ce cas. La «norme» internationale se situe autour de 30%. Le management est d’ailleurs en train de peaufiner son business plan, qui devra être soumis au conseil d’administration prévu en juin prochain.
    La location d’avions est une alternative à l’achat ferme et peut être une stratégie gagnante pour renforcer sa flotte dans des conditions financières intéressantes. N’ayant pas le même impact en termes de trésorerie, cette pratique permettrait au transporteur national d’augmenter sa compétitivité en portant sa voilure à 100 avions à l’horizon 2020. De plus, le transporteur a l’avantage de bénéficier des innovations technologiques, particulièrement en matière de consommation de carburant. Embraer annonce d’ailleurs pour 2018 un nouvel appareil qui permettra d’économiser 16% de kérosène. Ce qui lui permettra d’augmenter la durée de ses vols. Embraer a déjà reçu 590 commandes pour cet appareil avant même sa sortie d’usine. Au total, le management table sur la construction de 6.000 avions au cours des prochaines années, toutes catégories confondues.

     

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