×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Prix de L’Economiste pour la recherche
    Investir dans le spatial! Pourquoi pas

    Par L'Economiste | Edition N°:4422 Le 17/12/2014 | Partager

    Kamal Oudrhiri démontre comment les technologies spatiales peuvent changer l’avenir des pays en développement

    «Marocains dans l’espace: du rêve à la réalité», c’est le thème de la conférence qui sera animée vendredi 19 décembre par Pr Kamal Oudrhiri, Planetary Radio Scientist à la Nasa, en marge de la 10e édition du «Prix de L’Economiste en économie et gestion». Ce scientifique de renom défend l’idée selon laquelle les technologies spatiales pourraient profondément changer un pays en développement. L’investissement dans un programme spatial est aujourd’hui accessible à tous. D’ailleurs, plus de 57 pays s’y sont déjà essayés. Les bénéfices peuvent être énormes : un enseignement de qualité et une nouvelle génération d’ingénieurs et de scientifiques.

    - L’Economiste : Comment, à votre avis, le Maroc peut développer une industrie spatiale?
    - Kamal Oudrhiri: Un programme spatial nécessite une main-d’œuvre technique qualifiée. Par conséquent, l’investissement dans l’enseignement scientifique, du primaire à l’université, est primordial. La deuxième étape consiste à adopter un plan stratégique qui permettra à un programme spatial d’aborder le développement social, économique et technologique du Maroc. Cette année, 57 pays ont lancé un ou plusieurs satellites dans l’espace. Et la liste de ces pays va s’allonger. Dans les années 70, le coût des missions spatiales était faramineux  et se comptait en milliards de dollars. Aujourd’hui, un pays comme l’Inde a réussi à placer une sonde en orbite autour de Mars avec un budget qui ne dépasse pas les 74 millions de dollars. Si le Maroc arrive à tirer profit des récentes avancées en matière de technologies spatiales (y compris les petits satellites), il pourra lancer un programme spatial rentable qui permettra le développement durable à long terme.

    - Où réside l’intérêt de développer une industrie spatiale?
    - Les applications spatiales commerciales sont celles qui enregistrent la plus forte croissance dans le monde, avec des taux de croissance annuels moyens de 8%.
    A elles seules, les communications par satellite génèrent plus de 100 milliards de dollars de recettes dans le monde. De plus, les projets spatiaux servent de levier économique pour de nombreux autres secteurs, dont  les transports, banques, télécoms et Internet, santé, agriculture, énergie… Les avantages de l’investissement dans l’espace pour un pays en développement sont donc multidimensionnels. L’exploration spatiale nécessite le développement d’une infrastructure de haute technologie pour soutenir les progrès nécessaires dans les matériaux, l’aéronautique, et les capacités de fabrication nécessaires pour survivre et opérer dans l’espace. Ce qui mène à améliorer le niveau de l’enseignement et stimuler une nouvelle génération d’ingénieurs, de scientifiques et d’experts en technologie pour soutenir et encourager cette nouvelle infrastructure.

    - Concrètement, qu’apporte la technologie spatiale dans la vie quotidienne?
    - De nombreuses innovations industrielles modernes, venues de la NASA, ont amélioré le quotidien de millions de personnes sur terre. Les investissements dans les programmes spatiaux ont conduit à la découverte de nouvelles technologies dans des domaines aussi variés que la communication, la médecine, l’énergie, l’agroalimentaire, le textile ou encore l’agriculture… La Nasa a construit et lancé le premier satellite jamais réalisé. Pouvons-nous imaginer aujourd’hui un monde sans satellite? Ordinateurs, système mondial de positionnement (GPS), téléphones mobiles, appareils photo numériques, panneaux solaires, détection précoce des cellules cancéreuses, systèmes d’eau douce, thermomètre auriculaire, pompe cardiaque, pneus spécialisés, imagerie par résonance magnétique (IRM), chaussures de course avec coussin d’air… sont autant d’innovations développées grâce aux technologies de la Nasa.
    - Quels sont les derniers développements de la mission du robot «Curiosity» sur Mars, puisque vous y participez?
    - Les derniers résultats scientifiques montrent que Mars avait un environnement propice à la vie dans un passé lointain. Les récentes analyses chimiques effectuées par les instruments du robot Curiosity ont trouvé des traces de carbone, d’azote, de soufre, d’hydrogène et de phosphore (blocs constitutifs de la vie comme nous la connaissons sur terre). Ces dépôts ont été trouvés dans un environnement qui était autrefois de nature aqueuse, probablement un ancien lit de rivière. La présence de l’eau qui coule et ces produits chimiques auraient pu fournir les conditions nécessaires à la vie microbienne sur cette planète.

    - Que vous inspirent les initiatives comme le «prix de L’Economiste pour la recherche en économie et gestion»?
    - Le Prix de L’Economiste pour la recherche est une excellente initiative parce qu’il récompense les chercheurs qui travaillent dur et leur donne l’occasion de poursuivre la recherche, précieuse dans le domaine de l’économie. Aucun pays ne peut parvenir à un développement économique durable sans prendre les bonnes décisions, fondées sur des données et des informations économiques appropriées et précises. A mon avis, des événements comme le  «Prix de L’Economiste pour la recherche» suscitent l’intérêt de nombreux jeunes afin de poursuivre une carrière plus poussée dans l’économie et la gestion.

    Un parcours exemplaire!

    Kamal Oudrhiri est un scientifique et membre du «Jet Propulsion Laboratory» au sein de la Nasa. Oudrhiri a mené, pendant près de deux décennies, plusieurs missions historiques et critiques de la Nasa: «Mars Exploration Rover», «Spirit» et «Opportunity», «Cassini Mission to Saturn», la mission vers la Lune «Gravity Recovery and Interior Laboratory» et récemment «Mars Science Laboratory: Curiosity».
    Le jeune scientifique a reçu de nombreux prix honorifiques par la Nasa. Il a également été décoré par le Souverain du Ouissam Al-Arch de l’ordre d’officier en 2012. Oudrhiri fonda Grove of Hope en 2003 et le Centre culturel maroco-américain  de l’Angeles (MACCLA) en 2004.  Chaque année, depuis 10 ans, il accompagne des scientifiques américains de la Nasa au Maroc pour conduire des formations en sciences et technologies au profit des jeunes sur l’ensemble du territoire.

    Des invités prestigieux

    De grands noms et des invités prestigieux ont ponctué les précédentes éditions du Prix de L’Economiste pour la recherche en économie et gestion. L’édition 2013 a été animée par le professeur Mohamed Najim, directeur du laboratoire Total-CNRS à l’université de Bordeaux. Alain Bentolila, linguiste français, Rachid Benmokhtar,  actuel ministre de l’Education, Yassir Znagui, ancien ministre du tourisme et actuellement conseiller du Souverain, Ahmed Akhchichen, à l’époque ministre de l’Education, deux ex-argentiers du Royaume: Fathallah Oulalou et Salaheddine Mezouar ont également figuré parmi les invités de marque. 

    Propos recueillis par
    Aziza EL AFFAS

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc