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Culture

Festival du film de Marrakech
Dans la peau de Jeremy Irons

Par L'Economiste | Edition N°:4418 Le 11/12/2014 | Partager

Dans les jardins du Palace de La Mamounia, Jeremy Irons a répondu en toute simplicité aux questions des journalistes

L’acteur so british a reçu la presse pour une table ronde dans les jardins du Palace de La Mamounia. Comme à son image, Jeremy Irons a répondu aux questions en toute simplicité, avec humour et en français! Ses admirateurs sauront apprécier ce grand monsieur du cinéma, qui enchaîne les projets, entre High-Rise de Ben Wheatley, un petit film indépendant anglais, Night train to Lisbon du réalisateur danois Bille August, The man who knew infinity de Matthew Brown sur la vie de Srinivasa Ramanujan, un des plus grands mathématiciens de notre temps, et bien sûr Batman v Superman: Dawn of Justice, sur les écrans en 2016.

- L’Economiste: Les personnages que vous incarnez sont souvent intrigants. Comment préparez-vous vos rôles?
- Jeremy Irons: Chaque personnage est un voyage d’introspection personnelle. Ce que j’aime dans la vie en général est partir à la rencontre de ce qui se cache au fond de chacun de nous. J’aime creuser et découvrir la vraie personnalité, faite de qualités et de complexités, ce que nous avons naturellement tendance à enfouir et à garder privé. Lorsqu’un rôle s’offre à moi, je cherche immédiatement à définir ses profondeurs, ne pas le rendre trop lisse. Nous sommes comme un piano, fait de différentes touches. Dans la vie, nous jouons des partitions simples, de deux ou trois notes, pourtant la réalité est beaucoup plus complexe. Mettre en lumière la part inconnue d’un personnage est ma vraie motivation pour accepter ou non de l’incarner. La série télévisée Les Borgia est un bon exemple. J’y incarne Rodrigo Borgia, le pape Alexandre VI, dont la vie est synonyme d’ambition et d’absence de scrupules. Ce rôle m’a offert une palette étendue de la personnalité humaine, du noir à l’or. Pourtant, je ne sais toujours pas qui était vraiment cet homme, et c’est en cela que ce voyage a été extraordinaire pour moi.

- Vous qui connaissez bien le Festival du film de Marrakech, que pensez-vous de son évolution d’année en année?
- Lors de mes premières participations, le festival se déroulait en septembre. Je me souviens de ces films projetés le soir en plein air, par des températures très douces en cette saison. J’ai adoré. C’était si particulier. Cette période offrait un festival très oriental, propre au pays, et de fait ne ressemblait à aucun autre. Aujourd’hui, puisqu’il se déroule en décembre, et que les films sont projetés en salle, le festival ressemble plus à tous les autres festivals du monde. Je peux vous parler également des fêtes, qui étaient organisées ici et là, dans des endroits privés, alors que maintenant elles se passent dans les grands hôtels et sont devenues très publiques. Je regrette cette période. Mais le festival est avant tout, et en cela rien n’a changé, une formidable opportunité de voir de nombreux films étrangers. D’autant plus, quand ils ne sont pas diffusés en Angleterre et que je n’ai donc pas d’autre occasion pour les découvrir. Un vrai plaisir.

- Vous avouez ne pas être un féru d’éloges. Qu’avez-vous ressenti pour l’hommage que vous a rendu cette année le festival?
- Ce n’est pas, en effet, le côté de mon travail que je préfère. Mais cela fait partie du job et c’est nécessaire pour un festival du film d’avoir des figures à honorer, pour le public, pour les médias. Alors voilà, cette année, c’est à mon tour, comme au tour de Viggo Mortensen. Nous jouons un rôle inhérent à la notoriété. Un passage obligé dans tout festival du film. Malgré tout, cela reste positif, puisque c’est l’occasion de présenter au public marocain, dans le cadre de ce festival, une rétrospective sur sa carrière et parler de ses films. Nous sommes tous réunis pour parler cinéma, ce qui est le fondement de ce genre d’événement. Les hommages comme les récompenses participent à la réalisation et au financement de nouvelles productions.

- Que vous inspire le Maroc?
- J’adore votre pays. Le monde arabe traverse des moments difficiles actuellement, la stabilité du Maroc est un exemple. Il est nécessaire d’avoir une vision d’ouverture comme la vôtre, portée par votre monarque. Le changement est en marche mais doit se faire lentement, avec raison. Les crises traversées par des pays comme l’Egypte ou la Libye n’ont pas de réponses immédiates, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. L’opposition permettra d’arriver un jour à la paix, tout est une question de temps et d’évolution.
Quant à Marrakech, que je connais depuis longtemps, je profite en tant que visiteur de cette ville qui s’est beaucoup développée. J’ai tourné à Essaouira, voyagé dans le désert, j’adore Fès pour ses couleurs et son architecture, une ville toute particulière pour moi. Malheureusement, je ne connais le Maroc qu’à travers mes tournages et le festival, car je ne prends jamais de vacances. Enfin si, parfois, mais uniquement sur mon bateau. J’ai besoin de cette solitude sur l’océan pour être complètement détendu. Je pars de chez moi, dans le sud-ouest de l’Irlande pour naviguer vers les Caraïbes, la Turquie ou les îles grecques.
Propos recueillis par
Stéphanie JACOB

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