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Justice

Affaire ONDA
Plaidoirie au nom «d’un Maroc nouveau»

Par L'Economiste | Edition N°:4418 Le 11/12/2014 | Partager
L’ex-directeur financier réclame l’acquittement
La défense mise sur le «Pouvoir judiciaire»
L’action civile réclamée par l’accusation est contestée

L’affaire ONDA tire vers sa fin! Me Rachid Diouri est l’avant-dernier avocat à plaider près la chambre des crimes financiers de la Cour d’appel de Casablanca. Son client, Ouadi Mouline, est l’ex-directeur financier de l’Office national des aéroports (ONDA). Il est au banc des accusés et se défend contre la complicité de dilapidation de deniers publics retenue contre lui en première instance (voir encadré). L’homme est présenté comme «un Marocain issu d’une famille respectable de Rabat connue depuis le 19e siècle pour son dévouement à l’intérêt public…».
Plongée historique chez ces Mouline qui «ont toujours servi l’Etat…». Quelques-uns des aïeuls de l’accusé sont symboliquement convoqués par le plaideur en guise de témoins à décharge: «Grands commis de l’Etat au 19e siècle,  magistrats éminents, hauts responsables au ministère de la Justice...». Leur descendant quitte le secteur pharmaceutique pour rejoindre en novembre 2001 l’Office. Ce clin d’œil de la défense au parcours professionnel de son client se veut la confirmation d’une longue tradition: «Serviteur dévoué de l’Etat». 
Dans ce procès pénal, même le procureur du Roi a fait appel et réclamera dans son réquisitoire «le remboursement des sommes dilapidées…». Me Diouri ne conçoit absolument pas que son contradicteur «intervienne dans l’action civile». Arguant qu’elle est du ressort de l’Office et qui ne s’est pas déclaré partie civile dans ce dossier «où l’on ignore le montant des sommes dilapidées…», est-il soutenu.

«Etat de droit et honneur»

La défense ancre le procès dans son contexte sociopolitique. La vie judiciaire est un bout d’Histoire, et pas n’importe lequel surtout pour des démocraties balbutiantes.  
«Si pour une raison ou une autre (…) on peut concevoir que la Cour des comptes, la police judiciaire et le juge d’instruction ont été dépassés par l’importance de l’affaire, c’est à vous messieurs les juges de ramener les choses à leur juste proportion», plaide Me Diouri. Il met en avant la réforme constitutionnelle de 2011 ayant solennellement consacré le «Pouvoir judiciaire». L’avocat s’adresse au respectable président de l’audience, Lahcen Tolfi, et à ses 4 assesseurs: «Vous êtes sur un pied d’égalité avec le chef du gouvernement. C’est à vous que revient finalement la lourde tâche de mettre en œuvre l’Etat de droit. C’est vous, et non les politiques, qui donnerez aux citoyens la preuve que le Maroc nouveau est en marche». 
Des déclarations lourdes de sens dans une salle (8) qui, comme d'habitude, est silencieuse, presque dépeuplée et froide. Une ambiance lugubre pour un grand procès. Quel paradoxe! Tout en s’excusant pour ce long préambule, la défense souligne «qu’il en va de l’honneur et de la liberté de M Mouline». Elle termine sa plaidoirie en réclamant l’acquittement et la levée de la saisie sur les biens et les comptes de l’accusé.
Me Abdelatif Guedira reprendra le relais le 24 décembre 2014. «Il va traiter avec plus de détails les faits reprochés à notre client», précise son confrère en s’adressant à la Cour. Me Diouri ne s’empêchera pas pour autant de revenir notamment sur la présidence de la commission des marchés publics. Elle a été assurée par Mouline sous le mandat de 3 directeurs généraux: Amal Guedira, Abdelhanin Benallou et Dalil Guendouz. La défense ne manquera pas de rappeler que le président de la commission d’ouverture des plis «n’a pas la qualité d’ordonnateur. Son rôle se limite à informer le directeur général des résultats de la séance… Pourquoi d’ailleurs les autres membres signataires n’ont pas été poursuivis?», s’interroge malicieusement Me Rachid Diouri, en ajoutant que «c’est un autre mystère de ce dossier».

Confidence & «ignorance»

L’accusé a déjà été condamné en 1re instance à 2 ans de prison ferme et 20.000 DH d’amende. Peine qu’il a totalement purgée au pénitencier d’Oukacha. «La prison, c’est dehors. Je suis endetté jusqu’au cou. Moi qui n’ai jamais souscrit à un crédit, je me retrouve en train de signer des reconnaissances de dettes», confie dignement l’ex-directeur financier. C’était un soir au parking de la Cour d’appel de Casablanca. Juste après la fin de la tardive audience du 5 novembre 2014. D’une durée d’1 heure et 10 minutes, la plaidoirie de son avocat n’ira pas de main morte pour dénoncer l’ignorance du monde judiciaire. «Comment peut-on juger quelqu’un ou le défendre si l’on ignore son travail?» La réponse est «tout simplement dans les statuts de l’Office national des aéroports et qui prévoit dans les détails les tâches du directeur financier…». Les lignes de démarcation entre ses compétences et celles du contrôleur financier de l’Etat entrent en jeu. Fonctionnaire du Ministère des Finances, ce dernier est «le seul habilité à effectuer des règlements». La défense enchaîne: «Je suis sûr que si le contrôleur financier (du nom de Fahouli) était entendu, mon client n’aurait jamais été condamné. Il n’a jamais autorisé le payement du moindre dirham. Car il n’en avait tout simplement pas le pouvoir».

Faiçal FAQUIHI

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